Introduction
Le système de parti unique est une forme de gouvernement où une seule formation politique a le droit de gouverner, soit de jure (inscrit dans la constitution ou la loi), soit de facto (par la répression et l'élimination de toute opposition). Contrairement aux démocraties pluralistes, il nie le principe de la compétition électorale libre et équitable. Ce modèle est un pilier des régimes totalitaires du XXe siècle et persiste dans plusieurs États autoritaires contemporains, servant d'instrument pour la concentration du pouvoir et le contrôle idéologique de la population.
Description
Dans un système de parti unique, le parti n'est pas simplement une organisation politique parmi d'autres ; il est l'incarnation de l'État et de la nation. Il contrôle typiquement les trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire), l'armée, la police, les médias, le système éducatif et souvent l'économie. Les élections, lorsqu'elles existent, sont des plébiscites ou des scrutins à liste unique visant à légitimer le régime plutôt qu'à choisir des gouvernants. L'idéologie du parti (communisme, fascisme, nationalisme, etc.) devient une doctrine d'État obligatoire, diffusée par un intense appareil de propagande. La vie sociale et associative est également encadrée par des organisations de masse affiliées au parti (jeunesses, syndicats, associations culturelles).
Histoire
Le phénomène émerge clairement au XXe siècle avec l'avènement des régimes totalitaires. L'Union soviétique, sous Lénine puis Staline, établit le premier grand système de parti unique communiste avec le Parti bolchevique (futur PCUS), modèle exporté après 1945 en Europe de l'Est, en Chine, à Cuba ou au Viêt Nam. Dans l'entre-deux-guerres, les régimes fascistes de l'Italie (Parti national fasciste) et de l'Allemagne nazie (NSDAP) en sont d'autres incarnations, bien que ces derniers aient parfois toléré une façade de pluralisme avant de l'éradiquer. Après les décolonisations, de nombreux États africains (comme le Tanganyika African National Union en Tanzanie ou le PDG en Guinée) et asiatiques ont adopté le parti unique, souvent au nom de l'unité nationale et du développement. Aujourd'hui, des pays comme la Chine, le Vietnam, la Corée du Nord, Cuba ou l'Érythrée maintiennent ce système.
Caracteristiques
1. Monopole politique : Interdiction légale ou répression effective de tout autre parti ou groupe d'opposition. 2. Fusion État-Parti : Les hauts dirigeants de l'État sont les dirigeants du parti, et les structures du parti doublent ou contrôlent celles de l'administration. 3. Idéologie d'État : Une doctrine officielle unique, imposée comme vérité absolue et diffusée par tous les canaux d'information et d'éducation. 4. Contrôle totalitaire ou autoritaire : Emprise sur la société civile, les médias, l'économie et la vie privée des citoyens. 5. Appareil répressif : Existence d'une police politique (NKVD, Gestapo, Stasi, etc.) pour surveiller, intimider et éliminer les dissidents. 6. Plébiscites électoraux : Des élections sans choix réel, servant à montrer l'adhésion populaire au régime. 7. Culte de la personnalité : Concentration du pouvoir et de la glorification autour d'un chef unique ou d'un petit groupe dirigeant.
Importance
Le système de parti unique a profondément marqué l'histoire contemporaine, étant au cœur des grands traumatismes du XXe siècle (stalinisme, nazisme). Il pose des questions fondamentales sur la nature du pouvoir, la liberté et les limites de l'État. Son étude est cruciale pour comprendre la dynamique des régimes autoritaires, les mécanismes de la répression et du consentement, ainsi que les défis de la transition démocratique. Bien que souvent associé à des régimes effondrés, il demeure une réalité politique pour des milliards d'habitants de la planète, influençant les relations internationales et les équilibres géopolitiques. Son analyse permet aussi de discerner les formes modernes d'érosion démocratique, où le pluralisme peut être affaibli sans être officiellement aboli.
