Shintoïsme

Religion ethnique et animiste du Japon, centrée sur le culte des kami (esprits ou divinités) présents dans la nature, les ancêtres et les forces cosmiques. Elle insiste sur la pureté, l'harmonie avec la nature et le lien profond avec la nation japonaise.

Introduction

Le Shinto, ou 'Voie des Dieux' (kami-no-michi), est la religion indigène du Japon. Plus qu'un système de croyances dogmatique, il s'agit d'un ensemble de pratiques, d'attitudes et d'institutions visant à établir une connexion entre le Japon actuel, ses ancêtres et les forces spirituelles innombrables (kami) qui peuplent le monde. Il est profondément lié à l'identité, à la culture et à l'histoire japonaises, coexistant souvent avec le bouddhisme dans une symbiose connue sous le nom de shinbutsu-shūgō.

Histoire

Le Shinto plonge ses racines dans les cultes animistes et chamaniques des populations préhistoriques du Japon. Il s'est structuré sous l'influence du bouddhisme, du confucianisme et du taoïsme arrivés de Chine à partir du VIe siècle. Pour distinguer la religion native des importations étrangères, le terme 'Shinto' fut créé. Il devint religion d'État en 1868 avec la restauration de Meiji, dans un mouvement de glorification de l'empereur (considéré comme descendant de la déesse du soleil Amaterasu) et de nationalisme. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut séparé de l'État par la constitution de 1947. Aujourd'hui, il reste une force culturelle et spirituelle omniprésente, des grands sanctuaires nationaux aux petits autels domestiques.

Croyances

Le cœur du Shinto réside dans la vénération des kami. Ceux-ci ne sont pas des dieux tout-puissants au sens occidental, mais des essences spirituelles résidant dans des phénomènes naturels (montagnes, rivières, arbres, rochers), des forces (vent, tonnerre), des ancêtres claniques, des esprits animaux, ou même des concepts comme la fertilité. Les kami les plus importants sont ceux du panthéon mythologique, comme Amaterasu-Ōmikami (déesse du soleil). Les concepts clés sont la pureté (kiyome) et la souillure (kegare). La vie implique une accumulation de kegare, que les rites de purification (harae, misogi) permettent de laver pour restaurer l'équilibre et la chance. Il n'y a pas de doctrine du salut, de paradis ou d'enfer absolus, mais une recherche de l'harmonie (wa) et de la gratitude envers les kami.

Pratiques

Les pratiques shinto sont centrées sur les sanctuaires (jinja), reconnaissables à leur portique sacré, le torii. Les fidèles viennent pour prier, demander une faveur, ou remercier. Le rituel typique comprend la purification (se laver les mains et la bouche), une offrande (généralement une pièce de monnaie), deux profondes révérences, deux battements de mains pour attirer l'attention du kami, une prière silencieuse, et une dernière révérence. Les festivals (matsuri) sont des événements communautaires majeurs, souvent joyeux et colorés, avec processions de mikoshi (palanquins portatifs). Les prêtres shinto (kannushi) et les miko (assistantes vestales) assurent les cérémonies. Les pratiques domestiques incluent la présence d'un kamidana (autel des kami) où l'on fait des offrandes quotidiennes de nourriture et d'eau.

Branches

On distingue traditionnellement plusieurs formes : le Sanctuaire Shinto (Jinja Shinto), la forme institutionnelle majoritaire regroupant plus de 80 000 sanctuaires ; le Shinto Sectaire (Kyōha Shinto), constitué de treize écoles organisées fondées à l'époque de Meiji (comme Tenrikyo ou Konkokyo, parfois considérées comme de nouvelles religions) ; le Shinto Impérial (Kōshitsu Shinto), rites privés de la famille impériale ; le Shinto Populaire ou Folklorique (Minzoku Shinto), pratiques et croyances non institutionnelles mêlées à la vie quotidienne ; et le Shinto des Nouvelles Religions (Shinkō Shukyo), où les éléments shinto sont mélangés à d'autres influences.

Influence

L'influence du Shinto est mondiale principalement à travers la culture populaire japonaise. Les concepts de kami, de pureté, et l'esthétique des sanctuaires inspirent des œuvres artistiques, des films (comme ceux de Miyazaki) et des mangas. Les pratiques comme le matsuri sont reproduites dans les communautés japonaises de la diaspora. Sur le plan spirituel, son animisme et son respect profond pour la nature résonnent avec les mouvements écologistes et néo-païens modernes. Il reste cependant une religion profondément ancrée dans l'identité japonaise, et sa pratique en dehors de ce contexte culturel est rare, bien que des sanctuaires aient été construits à l'étranger (Hawaï, Brésil).

Sources

  • Encyclopedia Britannica - Shintō
  • Kokugakuin University Encyclopedia of Shinto
  • BBC Religions: Shinto
  • Cambridge History of Japan, Vol. 1
  • Matsumae, Takeshi. 'Early Kami Worship' in The Cambridge History of Japan
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