Bahaïsme (Foi bahá’íe)

Religion monothéiste moderne née en Perse au XIXe siècle, enseignant l'unité de Dieu, l'unité des religions et l'unité de l'humanité. Elle promeut la paix mondiale, l'harmonie entre science et religion, et l'égalité des sexes.

Introduction

La Foi bahá’íe est une religion mondiale indépendante fondée par Bahá’u’lláh en Perse au milieu du XIXe siècle. Elle se présente comme la plus récente des religions révélées, dans la lignée des grandes traditions monothéistes (abrahamiques) et d'autres comme le bouddhisme ou l'hindouisme. Son message central est l'unité organique et spirituelle de l'humanité toute entière. Elle rejette tout fanatisme, racisme et préjugé, considérant la diversité comme une source de richesse. La communauté bahá’íe est organisée de manière démocratique mais sans clergé, avec des institutions élues à tous les niveaux.

Histoire

La Foi bahá’íe émerge du contexte chiite persan. Elle trouve son origine dans le mouvement bábí, fondé en 1844 par le Báb (Siyyid ‘Alí-Muhammad), qui se déclara être le Promis de l'islam et un précurseur d'une manifestation de Dieu plus grande. Le Báb fut exécuté en 1850 et ses disciples persécutés. En 1863, l'un de ses principaux disciples, Mirza Husayn-Ali Nuri, annonça être la figure promise par le Báb et prit le nom de Bahá’u’lláh (« Gloire de Dieu »). Exilé de Perse vers l'Empire ottoman, il fut emprisonné à Saint-Jean-d'Acre (actuel Israël), où il rédigea l'essentiel de ses écrits. À sa mort, son fils ‘Abdu’l-Bahá devint le chef autorisé et l'interprète de la foi. Son petit-fils, Shoghi Effendi, fut nommé Gardien et développa l'administration mondiale. Aujourd'hui, la communauté est guidée par la Maison Universelle de Justice, élue tous les cinq ans à Haïfa, en Israël, lieu des principaux sanctuaires et centres administratifs mondiaux.

Croyances

Les croyances fondamentales reposent sur trois principes d'unité : l'unité de Dieu (un seul Dieu créateur, inconnaissable dans son essence), l'unité des religions (toutes les grandes religions sont des chapitres successifs d'une même « religion de Dieu », révélées par des Manifestations de Dieu adaptées à leur époque, comme Abraham, Moïse, Bouddha, Jésus, Mahomet, le Báb et Bahá’u’lláh), et l'unité de l'humanité (tous les peuples forment une seule race, nécessitant l'établissement d'une civilisation mondiale juste). Autres principes clés : l'harmonie fondamentale entre la science et la religion, l'égalité complète entre hommes et femmes, l'élimination des extrêmes de richesse et de pauvreté, l'éducation obligatoire universelle, une langue auxiliaire mondiale, et la recherche indépendante de la vérité. L'âme est immortelle et progresse spirituellement après la mort.

Pratiques

Les pratiques sont peu ritualisées. Les bahá’ís âgés de 15 à 70 ans observent un jeûne de 19 jours (du 2 au 20 mars), s'abstenant de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil. La prière quotidienne obligatoire est choisie parmi trois formes prescrites. Le travail accompli dans un esprit de service est considéré comme une forme d'adoration. Les fêtes principales sont les anniversaires du Báb et de Bahá’u’lláh, et la fête de Ridván (commémorant la proclamation de Bahá’u’lláh). La Fête de 19 jours, au début de chaque mois du calendaire bahá’í (19 mois de 19 jours), combine dévotion, consultation communautaire et socialisation. L'alcool et les drogues récréatives sont interdits. Le mariage nécessite le consentement des deux partenaires et de leurs parents vivants. Il n'y a pas de sacrements ni de rites de passage complexes. La consultation, processus de discussion collective visant à trouver la vérité dans un esprit d'unité, est une pratique centrale.

Branches

La grande majorité des bahá’ís suit l'autorité de la Maison Universelle de Justice et est considérée comme la branche « orthodoxe » ou majoritaire. Des groupes dissidents, très minoritaires, ont émergé, contestant généralement la succession de l'autorité après Shoghi Effendi. Les plus connus sont les bahá’ís « unitaires » (partisans de Charles Mason Remey) et les « bahá’ís orthodoxes » (partisans de la lignée de Muhammad ‘Alí, frère d’‘Abdu’l-Bahá). Ces groupes n'ont qu'une influence numérique infime et ne sont pas reconnus par la communauté mondiale organisée.

Influence

Avec des communautés établies dans pratiquement tous les pays, la Foi bahá’íe est la deuxième religion la plus géographiquement répandue après le christianisme. Elle est reconnue comme religion indépendante par l'ONU, où sa communauté internationale joue un rôle actif dans les forums sur les droits de l'homme, l'égalité des sexes et le développement. Son modèle administratif sans clergé et son accent sur l'éducation et le développement communautaire (à travers des instituts de formation) sont des caractéristiques marquantes. En Iran, son pays d'origine, elle reste la plus grande minorité religieuse non musulmane et fait l'objet de persécutions systématiques depuis la révolution de 1979. Son architecture, notamment les temples (Maisons d'Adoration) ouverts à tous, comme le Lotus de New Delhi, est mondialement reconnue.

Sources

  • ‘Abdu’l-Bahá, ‘Les Leçons de Saint-Jean-d’Acre’
  • Shoghi Effendi, ‘L’Ordre mondial de Bahá’u’lláh’
  • Maison Universelle de Justice, ‘Messages’
  • Peter Smith, ‘An Introduction to the Baha'i Faith’ (Cambridge University Press)
  • Moojan Momen, ‘The Baha'i Faith: A Beginner's Guide’ (Oneworld Publications)
  • Site officiel de la Communauté internationale bahá’íe (www.bahai.org)
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