Introduction
Le klingon est la langue parlée par les Klingons, une espèce guerrière et fière de l'univers de science-fiction Star Trek. Conçue pour paraître extraterrestre et agressive à l'oreille des anglophones, elle est devenue un phénomène culturel unique, transcendant son origine télévisuelle pour devenir une langue vivante, étudiée et pratiquée par une communauté dédiée de passionnés à travers le monde.
Description
Le klingon est une langue agglutinante et hautement synthétique, connue pour ses sonorités gutturales et son vocabulaire riche en termes liés au combat, à l'honneur et à la guerre. Son alphabet, le pIqaD, est rarement utilisé ; la transcription latine standardisée (appelée « Klingon writing system ») est préférée. La langue possède un dictionnaire officiel (The Klingon Dictionary), des traductions d'œuvres littéraires (comme Hamlet et le Gilgamesh), et même un institut de normalisation, le Klingon Language Institute (KLI), fondé en 1992. Sa grammaire est délibérément non intuitive, avec un ordre des mots de type Objet-Verbe-Sujet (O-V-S), une classification nominale complexe et des préfixes verbaux indiquant le sujet et l'objet.
Histoire
Les premiers sons klingons furent entendus dans Star Trek: The Motion Picture (1979), créés par l'acteur James Doohan (Scotty). Pour Star Trek III: The Search for Spock (1984), le linguiste Marc Okrand fut engagé pour développer systématiquement la langue à partir de ces fragments. Il élabora une phonologie, une grammaire et un vocabulaire cohérents, publiés dans The Klingon Dictionary en 1985. Okrand continua à enrichir la langue pour les films et séries suivants. Depuis, la langue a évolué organiquement grâce à sa communauté d'utilisateurs, avec des néologismes validés par Okrand lui-même pour des concepts modernes (comme « ordinateur » : De'wI').
Caracteristiques
Phonologie : Le klingon utilise des consonnes rares comme l'occlusive glottale (écrite '), la consonne affriquée rétroflexe (écrite D) et la fricative uvulaire (écrite H). Il n'y a pas de distinction de genre. Grammaire : L'ordre des mots est rigide (O-V-S). Exemple : « cha' tlhIngan puq Daghaj » (Deux enfants klingons, je les ai). Les verbes sont complexes avec des préfixes indiquant la personne et le nombre du sujet et de l'objet. Les noms sont classés en catégories (êtres capables de langage, parties du corps, outils, etc.) qui influencent l'utilisation des verbes et des pluriels. Vocabulaire : Il reflète la culture klingon, riche en termes comme « bat'leth » (épée traditionnelle), « Qapla' » (Succès !), « petaQ » (insulte grave). Il manque initialement de mots pour des concepts pacifiques comme « bonjour » (on dit « nuqneH », litt. « Que veux-tu ? »).
Importance
Le klingon est un cas d'étude majeur en linguistique des langues construites (conlangs). Il démontre comment une langue artificielle peut acquérir une vie propre, avec des locuteurs actifs (estimés à quelques dizaines de locuteurs fluides), une production culturelle (chansons, poésie, pièces de théâtre) et même des enfants l'ayant appris comme langue maternelle. Son impact culturel est immense : il est présent dans des logiciels de traduction (comme Bing Translator), des opéras (u, l'opéra klingon), et sert de référence pour toute création de langue alien crédible. Il symbolise l'engagement des fans et la profondeur de l'univers Star Trek.
