Introduction
Galilée est une figure charnière dans l'histoire des sciences, marquant la transition entre la philosophie naturelle aristotélicienne et la science moderne fondée sur l'expérience et les mathématiques. Son œuvre a profondément bouleversé la conception du monde, en démontrant que la nature obéit à des lois mathématiques et en fournissant des preuves observationnelles en faveur du système héliocentrique. Son conflit avec l'Église catholique est devenu un symbole du combat entre la liberté de la recherche scientifique et l'autorité dogmatique.
Jeunesse
Né à Pise, Galilée commence des études de médecine à l'université de Pise en 1581, mais se passionne rapidement pour les mathématiques et la physique. Il quitte l'université sans diplôme en 1585 et poursuit des études indépendantes. En 1589, il obtient la chaire de mathématiques à Pise, où il mène ses célèbres expériences sur la chute des corps, contredisant les théories d'Aristote. En 1592, il est nommé à la prestigieuse université de Padoue, où il enseigne pendant 18 ans, développant ses idées en mécanique et en astronomie.
Decouvertes
Ses découvertes majeures sont multiples. En physique, il énonce le principe d'inertie (précurseur de la première loi de Newton), établit les lois du mouvement uniformément accéléré pour la chute des corps et étudie la trajectoire parabolique des projectiles. En astronomie, après avoir perfectionné la lunette astronomique en 1609 (portant son grossissement à 30x), il fait des observations révolutionnaires : il découvre les montagnes de la Lune (1610), prouvant qu'elle n'est pas une sphère parfaite ; il observe les phases de Vénus (1610), qui ne s'expliquent que dans un modèle héliocentrique ; il découvre quatre satellites de Jupiter (1610), démontrant que tous les corps ne tournent pas autour de la Terre ; et il observe les taches solaires (1612), montrant l'imperfection et la rotation du Soleil. Ces observations contredisaient directement le géocentrisme aristotélico-ptolémaïque.
Methode
Galilée est considéré comme le fondateur de la méthode scientifique moderne. Il combine systématiquement l'observation expérimentale, la mesure quantitative et l'analyse mathématique. Il insiste sur la nécessité de tester les hypothèses par l'expérience et de décrire la nature avec le langage des mathématiques, qu'il considère comme la clé pour déchiffrer le « livre de la nature ». Son approche rompt avec la méthode scolastique, qui se fondait sur l'autorité des textes anciens et le raisonnement purement déductif.
Reconnaissance
De son vivant, Galilée connaît à la fois la gloire et l'opprobre. Ses découvertes astronomiques le rendent célèbre dans toute l'Europe. En 1610, il est nommé « Premier Mathématicien » de l'Université de Pise et « Philosophe et Mathématicien » du Grand-duc de Toscane, Cosme II de Médicis, sans obligation d'enseignement. Cependant, ses idées héliocentriques le mettent en conflit avec l'Église. En 1616, la théorie copernicienne est déclarée « fausse et contraire à l'Écriture Sainte ». Malgré un avertissement, Galilée publie en 1632 son « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde », qui défend implicitement l'héliocentrisme. Cela conduit à son procès par l'Inquisition en 1633, à son abjuration forcée et à sa condamnation à l'assignation à résidence jusqu'à sa mort.
Heritage
L'héritage de Galilée est immense. Il a posé les bases de la mécanique classique, que Newton achèvera. Son plaidoyer pour l'héliocentrisme a ouvert la voie à la cosmologie moderne. Surtout, sa méthode scientifique est devenue le paradigme de la recherche. Son procès a eu un impact profond sur les relations entre science et religion. Réhabilité progressivement par l'Église (la condamnation de l'héliocentrisme est levée en 1822, et Galilée est officiellement réhabilité par Jean-Paul II en 1992), il reste un symbole universel de la raison et du courage intellectuel face au dogmatisme.
