Introduction
Marie Curie est une figure emblématique de la science moderne, symbole de persévérance et de génie scientifique. Son travail révolutionnaire sur la radioactivité (terme qu'elle a elle-même introduit) a ouvert un nouveau champ de recherche en physique et en chimie, posant les bases de la physique nucléaire et de la radiothérapie. Son parcours, marqué par des obstacles liés à son genre et à son origine, et son dévouement absolu à la science en font une icône universelle.
Jeunesse
Née Maria Skłodowska dans une famille d'enseignants polonais cultivés mais appauvris, elle manifeste très tôt des capacités intellectuelles exceptionnelles. Face à l'impossibilité pour les femmes de faire des études supérieures en Pologne russe, elle travaille comme gouvernante pour financer les études de sa sœur aînée à Paris, avant de la rejoindre elle-même en 1891. Elle s'inscrit à la Faculté des sciences de Paris (Sorbonne), où elle obtient une licence en physique (première de sa promotion) en 1893 et une licence en mathématiques (deuxième) en 1894. En 1895, elle épouse le physicien Pierre Curie.
Decouvertes
Inspirée par les travaux d'Henri Becquerel sur les rayons uraniques, Marie Curie entreprend d'étudier systématiquement les minéraux contenant de l'uranium. Elle démontre rapidement que l'émission de rayons (qu'elle nomme 'radioactivité') est une propriété atomique intrinsèque, indépendante de l'état chimique ou physique. En juillet 1898, avec Pierre Curie, elle annonce la découverte d'un nouvel élément, qu'elle nomme 'polonium' en hommage à sa Pologne natale. En décembre de la même année, le couple annonce la découverte d'un second élément, beaucoup plus radioactif : le 'radium'. Pour prouver l'existence de ces éléments, ils entreprennent un travail titanesque de purification, traitant plusieurs tonnes de pechblende dans un hangar rudimentaire. En 1902, Marie Curie isole enfin un décigramme de chlorure de radium pur, déterminant son poids atomique.
Methode
L'approche de Marie Curie était caractérisée par une rigueur et une ténacité exceptionnelles. Son intuition scientifique lui a permis de postuler l'existence de nouveaux éléments à partir de mesures quantitatives précises de la radioactivité, utilisant l'électromètre à quartz piézoélectrique perfectionné par Pierre. Sa méthode fut un modèle de recherche expérimentale systématique, alliant une hypothèse audacieuse à un travail de laboratoire acharné, long et physiquement éprouvant, mené dans des conditions matérielles difficiles.
Reconnaissance
En 1903, Marie Curie devient la première femme à recevoir un prix Nobel, partagé avec Pierre Curie et Henri Becquerel pour leurs recherches sur les phénomènes radioactifs. En 1911, elle reçoit un second prix Nobel, cette fois en Chimie, 'en reconnaissance des services pour l'avancement de la chimie par la découverte des éléments radium et polonium'. Elle est la première personne à obtenir deux prix Nobel. Elle devient également la première femme professeur à la Sorbonne en 1906, succédant à la chaire de physique laissée vacante par la mort de Pierre. En 1995, ses cendres et celles de Pierre sont transférées au Panthéon, faisant d'elle la première femme honorée pour ses propres mérites.
Heritage
L'héritage de Marie Curie est immense. Scientifiquement, elle a fondé une nouvelle discipline et initié des recherches qui conduiront à la découverte de la structure de l'atome et de la physique nucléaire. Médicalement, les propriétés du radium ont ouvert la voie à la radiothérapie contre le cancer. Institutionnellement, elle fonde l'Institut du Radium à Paris (aujourd'hui Institut Curie), un centre de recherche et de traitement de renommée mondiale. Symboliquement, elle reste une inspiration majeure pour les femmes en science, brisant les plafonds de verre de son époque. Sa vie fut aussi un sacrifice à la science : elle mourut en 1934 d'une anémie aplasique, presque certainement causée par une exposition prolongée aux rayonnements, dont les dangers n'étaient pas encore connus.
