Vaccin

1796

Une préparation biologique administrée pour stimuler le système immunitaire et conférer une protection spécifique contre une maladie infectieuse, sans en causer les symptômes graves. C'est l'une des interventions médicales les plus efficaces pour prévenir les maladies et sauver des vies.

Introduction

Le vaccin est une prouesse scientifique majeure qui a révolutionné la santé publique en permettant de prévenir des maladies infectieuses dévastatrices plutôt que de simplement les traiter. Son principe repose sur l'exploitation de la mémoire immunitaire : exposer délibérément l'organisme à un agent pathogène atténué ou inactivé, ou à des fragments de celui-ci, pour qu'il développe une défense durable. Cette invention a conduit à l'éradication de la variole, à la quasi-disparition de la poliomyélite dans de nombreuses régions du monde, et à la réduction drastique de la mortalité infantile.

Contexte

Avant la vaccination, les épidémies de variole, de rage, de diphtérie ou de peste décimaient régulièrement les populations. La seule forme de protection connue était la variolisation, une pratique ancienne et risquée venue d'Asie et du Moyen-Orient, qui consistait à inoculer à une personne saine du pus prélevé sur une lésion d'un malade atteint d'une forme bénigne de variole. Cette méthode, bien que parfois efficace, entraînait une mortalité non négligeable et pouvait déclencher de véritables épidémies. Le besoin d'une alternative sûre était criant.

Inventeur

Edward Jenner (1749-1823), un médecin de campagne anglais, est considéré comme le père de la vaccination. Observant que les trayeuses infectées par la vaccine (une maladie bénigne des vaches, aussi appelée cowpox) devenaient immunisées contre la variole humaine, il formula une hypothèse révolutionnaire. Le 14 mai 1796, il inocula à James Phipps, un jeune garçon de 8 ans, du pus prélevé sur une pustule de vaccine d'une trayeuse, Sarah Nelmes. Quelques semaines plus tard, il tenta d'infecter l'enfant avec la variole, sans succès. Jenner nomma cette procédure « vaccination », du latin *vacca* (vache). Sa découverte, publiée en 1798, fut d'abord accueillie avec scepticisme avant de se répandre dans le monde entier.

Fonctionnement

Un vaccin fonctionne en mimant une infection naturelle sans provoquer la maladie. Il présente au système immunitaire un « antigène » (la partie du microbe qui déclenche la réponse immunitaire) sous une forme sûre. Il existe plusieurs types de vaccins : les vaccins vivants atténués (rougeole, oreillons, rubéole), les vaccins inactivés (polio injectable, coqueluche), les vaccins sous-unitaires (utilisant des protéines ou des polysaccharides, comme l'hépatite B), les vaccins à ARN messager (COVID-19) et les vaccins à vecteur viral (Ebola). Tous ont pour but de stimuler la production d'anticorps spécifiques et de lymphocytes mémoire. Si l'organisme rencontre ensuite le vrai pathogène, ces cellules mémoire le reconnaissent rapidement et montent une réponse immunitaire puissante et rapide pour neutraliser l'infection avant qu'elle ne se développe.

Evolution

Après le travail pionnier de Jenner, Louis Pasteur a donné ses lettres de noblesse scientifiques à la vaccination au XIXe siècle. En 1885, il mit au point le premier vaccin contre la rage, créé en laboratoire à partir d'un virus atténué, établissant le principe de l'atténuation artificielle des germes. Le XXe siècle a vu une explosion du nombre de vaccins : diphtérie, tétanos, coqueluche (DTP), tuberculose (BCG), poliomyélite (Sabin et Salk), rougeole, hépatite B. Les techniques ont évolué des cultures sur œufs embryonnés à la génie génétique. Le XXIe siècle a été marqué par l'avènement des vaccins à ARN messager, une technologie révolutionnaire qui a permis un développement record des vaccins contre la COVID-19. La recherche se poursuit sur des vaccins contre le VIH, la malaria et de nombreux cancers.

Impact

L'impact des vaccins sur la société est colossal et incontestable. Ils sont le pilier de la médecine préventive. L'éradication mondiale de la variole, déclarée par l'OMS en 1980, est leur plus grand succès. La poliomyélite est sur le point d'être éradiquée. Selon l'OMS, la vaccination évite 2 à 3 millions de décès par an. Elle a permis d'augmenter considérablement l'espérance de vie, de réduire la mortalité infantile et de maîtriser des fléaux comme la diphtérie ou la méningite. Les programmes de vaccination de masse (PEV) sont un élément clé de la santé publique mondiale. Economiquement, ils réduisent les coûts des soins et les pertes de productivité. Malgré cela, les vaccins font face à des défis comme l'hésitation vaccinale, les inégalités d'accès et la nécessité de s'adapter aux microbes émergents.

Anecdotes

Sources

  • Organisation Mondiale de la Santé (OMS) - Thèmes de santé : Vaccination.
  • Institut Pasteur - Histoire des vaccins.
  • History of Vaccines, un projet du College of Physicians of Philadelphia.
  • Edward Jenner et l'histoire de la variole et de la vaccination. Baylor University Medical Center Proceedings.
  • Centers for Disease Control and Prevention (CDC) - Vaccines and Immunizations.
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