Introduction
La comète de Halley (désignation officielle 1P/Halley) est un objet céleste emblématique, une comète périodique brillante observable à l'œil nu depuis la Terre lors de ses passages rapprochés. Elle est la première comète dont la périodicité a été reconnue et prédite, marquant un tournant dans l'astronomie en démontrant que certaines comètes font partie intégrante du système solaire et non des signes divins ou atmosphériques. Son orbite rétrograde et son noyau actif en font un objet d'étude privilégié pour comprendre la formation et l'évolution du système solaire.
Description
La comète de Halley est un corps céleste composé d'un noyau solide de glace, de poussières et de roches, souvent décrit comme une 'boule de neige sale'. Lorsqu'elle s'approche du Soleil, la chaleur vaporise les glaces du noyau, libérant des gaz et des poussières qui forment une immense enveloppe lumineuse appelée chevelure (ou coma), ainsi que deux queues distinctes. La queue de poussière, blanche et incurvée, réfléchit la lumière solaire. La queue de plasma (ou queue ionique), bleutée et rectiligne, est constituée de gaz ionisés repoussés par le vent solaire. Son noyau, observé de près par des sondes spatiales en 1986, est de forme allongée (environ 15 km de long sur 8 km de large), très sombre et rugueux, avec une activité émanant de zones spécifiques.
Histoire
Les observations de la comète de Halley remontent à l'Antiquité. Le premier enregistrement probable date de 240 av. J.-C. dans des chroniques chinoises. Elle est apparue de manière notable en 1066 (représentée sur la tapisserie de Bayeux), en 1301 (inspirant peut-être l'étoile de Bethléem de Giotto), et en 1682, observée par Edmond Halley. En 1705, Halley utilisa les lois de la gravitation de Newton pour calculer les orbites de 24 comètes. Il remarqua la similitude des orbites des comètes de 1531, 1607 et 1682 et émit l'hypothèse qu'il s'agissait du même objet revenant périodiquement tous les 75-76 ans. Il prédit son retour pour 1758. La comète réapparut comme prévu en 1758 (après la mort de Halley), confirmant sa théorie et recevant son nom. Son retour de 1910 fut un événement mondial, marqué par une campagne médiatique intense et une peur irrationnelle liée au passage de la Terre dans sa queue. Le passage de 1986 fut moins spectaculaire depuis Terre mais permit la première exploration in situ par une flottille de sondes spatiales (dont la sonde européenne Giotto).
Caracteristiques
La comète de Halley possède une orbite elliptique très allongée et rétrograde (elle tourne autour du Soleil dans le sens inverse des planètes). Son périhélie (point le plus proche du Soleil) est à environ 0,586 unité astronomique (UA), entre les orbites de Mercure et Vénus. Son aphélie (point le plus éloigné) se situe au-delà de l'orbite de Neptune, à environ 35 UA. Sa période orbitale moyenne est de 76 ans, mais elle peut varier entre 74 et 79 ans en raison des perturbations gravitationnelles des planètes géantes. Le noyau a une albédo très faible (environ 0,04), ce qui le rend aussi noir que du charbon. Sa composition inclut de la glace d'eau (80%), de la glace de monoxyde de carbone (15%), ainsi du dioxyde de carbone, de l'ammoniac et des hydrocarbures, mélangés à des silicates et des matières organiques.
Importance
L'importance de la comète de Halley est à la fois historique, scientifique et culturelle. Scientifiquement, la confirmation de sa périodicité par Halley a établi les comètes comme des membres à part entière du système solaire, soumis aux lois de la gravitation. Elle a servi de catalyseur pour le développement de la mécanique céleste. Son exploration en 1986 a fourni les premières images détaillées d'un noyau cométaire et a validé le modèle de la 'boule de neige sale'. Les données recueillies ont fondamentalement amélioré notre compréhension de la composition des comètes, considérées comme des vestiges glacés de la formation du système solaire. Culturellement, ses apparitions ont été documentées et interprétées pendant des millénaires, influençant l'art, la littérature et les croyances. Elle reste un symbole puissant de la cyclicité du cosmos et un objectif majeur pour les futures missions d'exploration lors de son prochain retour.
