Introduction
Le platine (symbole Pt, numéro atomique 78) est un élément chimique appartenant au groupe 10 de la classification périodique, souvent appelé 'métal noble' aux côtés de l'or, de l'argent et des autres métaux du groupe du platine (palladium, rhodium, ruthénium, iridium, osmium). Sa découverte et son exploitation sont relativement récentes à l'échelle de l'histoire humaine, mais son impact sur la technologie moderne est colossal. Sa combinaison unique de résistance à la corrosion, de conductivité électrique et de propriétés catalytiques en fait un matériau irremplaçable dans de nombreux domaines de pointe.
Description
Le platine est un métal dense (21,45 g/cm³), malléable, ductile et d'un blanc grisâtre brillant. Il possède un point de fusion très élevé (1768,3 °C) et une excellente stabilité chimique, ne se ternissant pas à l'air et résistant à la plupart des acides. Il n'est soluble que dans l'eau régale (un mélange d'acides nitrique et chlorhydrique) et dans les cyanures alcalins fondus. Dans la nature, on le trouve le plus souvent à l'état natif, sous forme d'alliage avec d'autres métaux du groupe du platine, et plus rarement sous forme de minéraux comme la sperrylite (PtAs2). Les principaux gisements sont situés en Afrique du Sud (qui fournit environ 70% de la production mondiale), en Russie (dans le district de Norilsk) et au Zimbabwe.
Histoire
L'utilisation du platine par les civilisations précolombiennes d'Amérique du Sud, notamment pour fabriquer des artefacts, est attestée bien avant l'arrivée des Européens. En Europe, il fut d'abord considéré comme une impureté gênante de l'argent, au point d'être nommé 'platina' (petit argent) par les conquistadors espagnols au XVIe siècle, qui le jetaient parfois dans les rivières. Ce n'est qu'au milieu du XVIIIe siècle que des scientifiques européens, comme Antonio de Ulloa et William Brownrigg, commencèrent à l'étudier sérieusement. En 1783, le chimiste français Louis Bernard Guyton de Morveau fut le premier à le fondre à l'aide d'un chalumeau oxhydrique. Sa purification à l'échelle industrielle ne fut maîtrisée qu'au début du XIXe siècle, ouvrant la voie à ses applications modernes. Le mètre étalon et le kilogramme étalon, créés à la fin du XVIIIe siècle, furent fabriqués en alliage de platine-iridium pour leur stabilité.
Caracteristiques
Les caractéristiques principales du platine sont sa résistance extrême à l'oxydation et à la corrosion, même à haute température, et son pouvoir catalytique exceptionnel. Il catalyse de nombreuses réactions d'oxydation et d'hydrogénation. C'est également un excellent conducteur électrique. Il est biocompatible, ce qui permet son utilisation en implants médicaux et en dispositifs électroniques implantables. Le platine est souvent allié à l'iridium pour augmenter sa dureté. Sur les marchés financiers, il est coté comme une matière première précieuse, au même titre que l'or et l'argent, bien que son prix soit généralement plus élevé en raison d'une offre plus contrainte et d'une demande industrielle soutenue.
Importance
L'importance du platine est immense dans l'économie et la technologie. Son application la plus connue du grand public est la catalyse : environ 40% de la production mondiale est utilisée pour fabriquer les convertisseurs catalytiques des véhicules à moteur, où il transforme les gaz polluants (monoxyde de carbone, hydrocarbures imbrûlés, oxydes d'azote) en substances moins nocives. L'industrie chimique l'utilise pour la production d'acide nitrique, de silicones et dans le raffinage du pétrole. En bijouterie, il est prisé pour sa pureté (généralement 95%), sa couleur et sa durabilité. En électronique, on le trouve dans les disques durs, les électrodes et les thermocouples de précision. En médecine, il est utilisé en implants (stimulateurs cardiaques), en instruments chirurgicaux et comme agent chimiothérapeutique (cisplatine, carboplatine) pour traiter certains cancers. Son rôle dans les technologies de l'hydrogène (piles à combustible) en fait un élément stratégique pour la transition énergétique.
