Nickel

Le nickel est un métal de transition blanc argenté, dur et ductile, connu pour sa résistance à la corrosion et à l'oxydation. Il est essentiel dans la production d'aciers inoxydables et d'alliages à haute performance. On le trouve également dans les batteries rechargeables et comme catalyseur dans l'industrie chimique.

Introduction

Le nickel (symbole Ni, numéro atomique 28) est un élément métallique ubiquitaire qui joue un rôle crucial dans l'industrie moderne et la technologie. Classé parmi les métaux de transition, il est apprécié pour ses propriétés physiques et chimiques exceptionnelles, notamment sa résistance remarquable à la corrosion, même à haute température. Son nom, issu du terme allemand "Kupfernickel" (cuivre du diable), témoigne de la difficulté qu'ont eue les mineurs du Moyen Âge à l'extraire, le confondant avec du minerai de cuivre.

Description

Le nickel est un métal brillant, d'un blanc argenté, qui présente une bonne ductilité et malléabilité. Il est ferromagnétique à température ambiante, une propriété qu'il partage avec le fer et le cobalt. Dans la nature, il existe principalement sous forme de minerais sulfurés (comme la pentlandite) et latéritiques (nickel contenu dans des sols rouges riches en fer). Son point de fusion est de 1455°C et son point d'ébullition de 2913°C. Chimiquement, le nickel est relativement peu réactif ; il résiste à la corrosion grâce à la formation d'une couche protectrice d'oxyde à sa surface. Il se dissout lentement dans les acides minéraux. Le nickel possède plusieurs états d'oxydation, le +II étant le plus courant et le plus stable.

Histoire

L'utilisation du nickel, sous forme d'alliage avec le cuivre (laiton), remonte à l'Antiquité. Cependant, il ne fut isolé et identifié comme élément distinct qu'en 1751 par le chimiste suédois Axel Fredrik Cronstedt, qui l'extrait du minerai de nickéline. Au XIXe siècle, son utilisation se développe avec le placage au nickel pour protéger le fer de la rouille. Le tournant majeur intervient en 1913, lorsque l'anglais Harry Brearley invente l'acier inoxydable au chrome-nickel (le fameux "18/8" : 18% de chrome, 8% de nickel), révolutionnant les industries alimentaire, chimique et médicale. La production de nickel a explosé au XXe siècle avec l'essor de l'aéronautique, de l'énergie et de l'électronique.

Caracteristiques

Les caractéristiques principales du nickel incluent : 1) Résistance exceptionnelle à la corrosion et à l'oxydation, même à chaud. 2) Ferromagnétisme (perdu au-dessus de son point de Curie, 358°C). 3) Bonne conductivité thermique et électrique. 4) Grande capacité à former des alliages avec de nombreux métaux (fer, cuivre, chrome, zinc, aluminium). 5) Propriétés catalytiques importantes, notamment dans l'hydrogénation des huiles végétales (catalyseur de Raney) et le reformage des hydrocarbures. 6) Faible dilatation thermique dans certains alliages comme l'Invar (36% de nickel, 64% de fer).

Importance

L'importance du nickel est colossale dans l'économie mondiale. Environ 70% de la production mondiale est destinée à la fabrication d'aciers inoxydables et d'alliages spéciaux, indispensables dans la construction, les transports (aéronautique, automobile, maritime), l'industrie chimique et les ustensiles de cuisine. Environ 10% est utilisé dans le placage électrolytique pour protéger d'autres métaux. Le nickel est un composant clé des superalliages pour turbines à gaz et réacteurs d'avions. Enfin, il est au cœur de la transition énergétique en tant qu'élément majeur des cathodes des batteries rechargeables lithium-ion (NMC, NCA) pour véhicules électriques et stockage stationnaire. Ses sels sont utilisés en galvanoplastie et comme pigments. Le nickel est également un oligo-élément essentiel pour certaines enzymes chez les plantes et micro-organismes.

Anecdotes

Le cuivre du diable

Au Moyen Âge, les mineurs saxons trouvaient un minerai rougeâtre qu'ils prenaient pour du minerai de cuivre. Mais lorsqu'ils tentaient de l'extraire, non seulement ils n'obtenaient pas de cuivre, mais des vapeurs toxiques d'arsenic s'en dégageaient. Ils attribuèrent cet échec à un esprit malicieux, "Old Nick" (le diable), et baptisèrent le minerai "Kupfernickel", littéralement "cuivre du diable".

La pièce de 5 cents

La pièce de 5 cents américaine, le "nickel", est un parfait exemple d'utilisation historique du métal. Créée en 1866, elle est composée d'un alliage de 75% de cuivre et 25% de nickel, ce qui lui donne sa couleur caractéristique et sa résistance à l'usure. Son nom est devenu synonyme de la pièce elle-même.

L'Invar, le métal qui ne se dilate presque pas

En 1896, le physicien suisse Charles Édouard Guillaume découvre l'Invar, un alliage de fer et de 36% de nickel. Cet alliage présente un coefficient de dilatation thermique extrêmement faible. Cette propriété révolutionnaire a été cruciale pour la fabrication d'instruments de précision comme les pendules, les étalons de mesure, les composants de télescopes et, plus tard, les cavités des masers et lasers.

Un élément extra-terrestre abondant

Le nickel est bien plus abondant dans les météorites métalliques (sidérites) que dans la croûte terrestre. Certaines météorites sont composées presque entièrement d'un alliage de fer et de nickel (la taénite et la kamacite). La présence de cet alliage dans les artefacts préhistoriques est une preuve certaine de l'utilisation de fer météoritique avant la maîtrise de la métallurgie du fer terrestre.

Sources

  • Royal Society of Chemistry - Periodic Table: Nickel
  • U.S. Geological Survey - Mineral Commodity Summaries: Nickel
  • Encyclopædia Britannica - Nickel (chemical element)
  • Institut d'exploitation minière et de métallurgie du nickel (rapports techniques)
  • Société Chimique de France - Fiche élément Nickel
EdTech AI Assistant