Introduction
Le radon (symbole Rn, numéro atomique 86) est un élément chimique gazeux, radioactif et incolore. Il est le plus lourd des gaz nobles connus et est entièrement issu de la désintégration radioactive naturelle d'éléments plus lourds comme l'uranium et le thorium. Sa nature furtive – il est invisible, inodore et insipide – contraste avec son impact significatif sur la santé publique, ce qui en fait un sujet majeur de préoccupation en radiobiologie et en géologie environnementale.
Description
Le radon est un gaz monoatomique, chimiquement inerte comme tous les gaz nobles, ce qui signifie qu'il ne réagit pratiquement pas avec d'autres éléments pour former des composés dans des conditions normales. Il possède plusieurs isotopes, tous radioactifs. Les plus importants sont le radon-222 (dérivé de la désintégration de l'uranium-238, demi-vie de 3,8 jours), le radon-220 (ou thoron, issu du thorium-232, demi-vie de 55 secondes) et le radon-219 (ou actinon, issu de l'uranium-235, demi-vie de 4 secondes). Le Rn-222 est le plus abondant et le plus pertinent pour la santé humaine en raison de sa demi-vie plus longue, qui lui permet de migrer du sol vers l'atmosphère et de s'infiltrer dans les bâtiments. Lorsqu'il se désintègre, il produit une série de descendants solides et radioactifs (comme le polonium-218 et le polonium-214) qui peuvent se fixer aux poussières de l'air et être inhalés.
Histoire
Le radon a été découvert en 1900 par le physicien allemand Friedrich Ernst Dorn, qui l'a identifié comme un émanation (qu'il a d'abord appelée « radium émanation ») provenant du radium. En 1908, William Ramsay et Robert Whytlaw-Gray l'ont isolé et mesuré sa densité, le confirmant comme le plus lourd des gaz connus à l'époque. Ils lui ont donné le nom de « niton » (du latin *nitens*, brillant) en raison de sa luminescence. Le nom définitif de « radon » a été adopté dans les années 1920, soulignant son origine à partir du radium. Son rôle dans la santé a été soupçonné dès le XVIe siècle avec la « maladie des mineurs » du massif de l'Erzgebirge, mais ce n'est qu'au XXe siècle, notamment avec les études épidémiologiques sur les mineurs d'uranium dans les années 1950-60, que le lien causal entre l'exposition au radon et le cancer du poumon a été solidement établi.
Caracteristiques
Le radon est un gaz dense (environ 9 fois plus dense que l'air à température ambiante). Sa radioactivité est sa propriété la plus marquante. Il émet des particules alpha lors de sa désintégration. Sa concentration dans l'environnement est extrêmement variable, dépendant de la teneur en uranium/radium du sous-sol géologique (granite, schiste), de la porosité du sol, des conditions météorologiques (pression, température) et de la ventilation des espaces clos. Dans l'air extérieur, il se dilue rapidement et sa concentration est généralement faible (quelques Bq/m³). Le danger survient lorsqu'il s'accumule dans les espaces confinés comme les maisons, les caves ou les mines, où ses descendants solides peuvent atteindre des concentrations nocives pour les poumons.
Importance
L'importance du radon est double, à la fois géologique et sanitaire. Géologiquement, sa mesure est un outil précieux pour la prospection minière (uranium), l'étude des failles sismiques et la prédiction des tremblements de terre, car sa libération peut augmenter avant un séisme. Son impact sanitaire est considérable : l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le classe comme cancérogène pulmonaire certain pour l'homme. Il est responsable, selon les estimations, de 3 à 14% des cancers du poumons dans le monde, variant selon les concentrations locales. Cela en fait un enjeu majeur de santé publique, conduisant de nombreux pays à établir des politiques de dépistage (mesures dans les habitations), à définir des niveaux d'action (généralement entre 100 et 300 Bq/m³) et à promouvoir des techniques de mitigation (sous-pression, ventilation, étanchéification des sous-sols) pour réduire les concentrations dans les bâtiments existants et neufs.
