Introduction
La tectonique des plaques est le modèle unificateur des sciences de la Terre, offrant une explication cohérente à la distribution des continents, des océans, des chaînes de montagnes, des séismes et des volcans. Elle postule que la surface de la Terre est divisée en plaques lithosphériques rigides qui flottent et se déplacent sur l'asthénosphère, une couche du manteau supérieur plus ductile et partiellement fondue. Les frontières entre ces plaques sont le siège d'une intense activité géologique.
Description
La lithosphère terrestre, d'une épaisseur variant de 70 à 150 km, est divisée en sept grandes plaques (ex: Pacifique, Eurasienne, Africaine) et une dizaine de plaques plus petites. Ces plaques sont en mouvement perpétuel, à une vitesse de quelques centimètres par an (comparable à la pousse des ongles). Il existe trois types principaux de frontières de plaques : 1) Les **frontières divergentes** (ou dorsales océaniques), où les plaques s'écartent et où du nouveau matériau lithosphérique est créé par remontée de magma. 2) Les **frontières convergentes**, où les plaques entrent en collision. Cela peut donner lieu à une subduction (une plaque plonge sous une autre, créant des fosses océaniques et des arcs volcaniques) ou à une collision continentale (formation de chaînes de montagnes comme l'Himalaya). 3) Les **frontières transformantes**, où les plaques coulissent latéralement l'une contre l'autre, comme la faille de San Andreas en Californie. L'énergie motrice de ces mouvements est principalement fournie par la chaleur interne de la Terre, qui génère des courants de convection dans le manteau.
Histoire
Les prémices de la théorie remontent à Alfred Wegener et sa théorie de la dérive des continents (1912), qui proposait que les continents avaient été réunis en un supercontinent, la Pangée, avant de se fragmenter et de dériver. Faute de mécanisme convaincant, son idée fut largement rejetée. La renaissance survint après la Seconde Guerre mondiale, grâce aux progrès de l'océanographie. La découverte des dorsales médio-océaniques, de l'expansion des fonds océaniques (Harry Hess, 1962), et des bandes d'aimantation symétriques de part et d'autre des dorsales (Fred Vine et Drummond Matthews, 1963) fournirent des preuves irréfutables. La synthèse moderne de la tectonique des plaques fut établie à la fin des années 1960, unifiant les observations continentales et océaniques en un seul modèle cohérent.
Caracteristiques
Les principales caractéristiques de la théorie sont : l'existence d'une lithosphère rigide et fragmentée ; le mouvement horizontal des plaques ; la création de lithosphère aux dorsales ; la destruction de lithosphère (par subduction) dans les zones de convergence ; la conservation de la surface terrestre globale (ce qui est créé d'un côté est détruit de l'autre) ; et l'association systématique des phénomènes géologiques majeurs (séismes, volcans, orogenèses) aux frontières de plaques. Le modèle explique également la répartition des fossiles identiques sur des continents aujourd'hui séparés et les traces d'anciennes glaciations.
Importance
L'importance de la tectonique des plaques est fondamentale. Elle a révolutionné les sciences de la Terre, passant d'une vision statique à une vision dynamique de la planète. Elle permet de comprendre et de modéliser l'évolution de la surface terrestre sur des centaines de millions d'années (paléogéographie). Sur le plan pratique, elle est cruciale pour évaluer les risques sismiques et volcaniques, car elle identifie les zones à haut risque. Elle éclaire également la formation et la localisation de ressources minérales et énergétiques (gîtes métallifères, hydrocarbures). Enfin, elle influence d'autres disciplines comme la climatologie (la position des continents affecte les courants océaniques et le climat) et même la biologie évolutive (la dérive des continents isole ou reconnecte les écosystèmes).
