Introduction
Le système nerveux périphérique (SNP) est la partie du système nerveux située à l'extérieur du cerveau et de la moelle épinière. Il agit comme un immense réseau de communication, composé de nerfs et de ganglions, qui assure les échanges bidirectionnels entre le centre de commande (système nerveux central, SNC) et la périphérie du corps. Sans lui, le cerveau serait isolé, incapable de percevoir le monde ou d'agir sur lui.
Description
Le SNP est anatomiquement divisé en deux grands sous-systèmes fonctionnels : le système nerveux somatique et le système nerveux autonome. Le système somatique est sous contrôle volontaire. Il comprend les nerfs moteurs qui innervent les muscles squelettiques pour provoquer le mouvement, et les nerfs sensitifs qui transmettent les informations conscientes provenant de la peau, des muscles et des articulations (toucher, douleur, température, proprioception). Le système nerveux autonome (SNA) régule quant à lui les fonctions involontaires des organes internes (cœur, poumons, intestins, glandes). Il se subdivise en sympathique (qui prépare à l'action, 'fight or flight'), parasympathique (qui favorise le repos et la digestion, 'rest and digest') et entérique (le 'cerveau des intestins'). Structurellement, un nerf périphérique est un faisceau de fibres nerveuses (axones) enveloppées dans des gaines de tissu conjonctif. Chaque axone peut être entouré d'une gaine de myéline, produite par les cellules de Schwann, qui accélère considérablement la conduction de l'influx nerveux.
Histoire
La distinction entre nerfs et tendons était floue dans l'Antiquité. Galien (IIe siècle) identifia les nerfs comme des organes de la sensation et du mouvement, mais c'est à la Renaissance que des anatomistes comme André Vésale les décrivirent plus précisément. La grande avancée vient des travaux du physiologiste écossais Charles Bell et du français François Magendie au début du XIXe siècle. Ils établirent la loi de Bell-Magendie, démontrant que les racines dorsales de la moelle épinière sont sensitives et les racines ventrales motrices, fondant ainsi la notion de fonction spécifique des nerfs. Plus tard, Claude Bernard et d'autres explorèrent le système nerveux autonome. L'invention du microscope électronique au XXe siècle a permis de comprendre l'ultrastructure des nerfs et le rôle des cellules de Schwann.
Caracteristiques
Les nerfs périphériques possèdent une remarquable capacité de régénération, contrairement aux neurones du SNC. Après une lésion (si le corps cellulaire du neurone est intact), l'axone sectionné peut repousser le long de la gaine de Schwann restante à une vitesse d'environ 1 mm par jour. Ils sont classés selon leur fonction : nerfs mixtes (moteurs et sensitifs, comme la majorité), nerfs purement moteurs ou purement sensitifs. Le SNP comprend 12 paires de nerfs crâniens (émergeant du tronc cérébral, innervant la tête et le cou) et 31 paires de nerfs spinaux (émergeant de la moelle épinière par les espaces intervertébraux, formant des plexus puis innervant le tronc et les membres). Le plus long nerf du corps humain est le nerf sciatique, qui s'étend du bas du dos jusqu'au pied.
Importance
L'importance des nerfs périphériques est absolument critique. Ils sont les seuls canaux permettant l'interaction consciente et inconsciente avec notre environnement. Leur intégrité est nécessaire pour chaque geste, chaque sensation, chaque battement de cœur adapté et chaque processus digestif. Leur dysfonctionnement, regroupé sous le terme de neuropathie périphérique, a des impacts majeurs : perte de sensibilité (risque de blessures non perçues), douleurs neuropathiques (brûlures, décharges électriques), faiblesse ou paralysie musculaire, et troubles des fonctions autonomes (hypotension, troubles digestifs, dysfonction érectile). Les causes sont multiples : diabète (cause la plus fréquente), carences vitaminiques, toxiques (alcool), maladies auto-immunes, compressions (syndrome du canal carpien) ou traumatismes. La neurologie périphérique est donc un domaine médical essentiel pour la qualité de vie.
