Introduction
Le bassin est une structure anatomique fondamentale, véritable carrefour biomécanique du corps humain. Bien plus qu'un simple anneau osseux, il forme une cavité robuste qui assure la transition entre le tronc et les jambes, jouant des rôles aussi divers que le soutien, la protection, la locomotion et la parturition. Son architecture unique est le fruit de l'évolution vers la bipédie, marquant une différence majeure avec les autres primates.
Description
Le bassin est composé de trois os pairs fusionnés après l'adolescence : l'ilion (ou os iliaque), l'ischion et le pubis. Ces trois os forment, de chaque côté, l'os coxal (ou os innominé). Les deux os coxaux s'articulent à l'arrière avec le sacrum (par les articulations sacro-iliaques) et à l'avant l'un avec l'autre par la symphyse pubienne, formant ainsi une ceinture osseuse complète, le bassin osseux. On distingue le grand bassin (ou faux bassin), partie supérieure évasée soutenant les viscères abdominaux, et le petit bassin (ou vrai bassin), partie inférieure en forme d'entonnoir qui contient la vessie, les organes génitaux et le rectum. Le détroit supérieur et le détroit inférieur délimitent cette cavité et sont cruciaux en obstétrique.
Histoire
L'étude du bassin remonte à l'Antiquité, mais sa compréhension a été révolutionnée par l'anatomiste flamand André Vésale au XVIe siècle. L'évolution du bassin humain est un chapitre clé de la paléoanthropologie. Le passage à la bipédie permanente, il y a environ 4 à 6 millions d'années, a entraîné une profonde restructuration : le bassin s'est élargi, raccourci et basculé pour permettre l'équilibre sur une seule jambe pendant la marche. Cette adaptation a créé un compromis évolutif célèbre : un bassin assez large pour laisser passer un nouveau-né au gros cerveau, mais assez étroit et stable pour une locomotion bipède efficace, un dilemme connu sous le nom de « dilemme obstétrical ».
Caracteristiques
Les caractéristiques principales incluent : 1) **Dimorphisme sexuel** : Le bassin féminin est généralement plus large, plus bas et avec un détroit supérieur plus arrondi (forme gynécoïde) pour faciliter l'accouchement, tandis que le bassin masculin est plus haut, plus étroit et en forme de cœur (forme androïde). 2) **Articulations** : Les articulations sacro-iliaques, peu mobiles, transmettent le poids du tronc au bassin. La symphyse pubienne est une articulation fibrocartilagineuse semi-mobile. La hanche (articulation coxo-fémorale) est une énarthrose très mobile reliant le bassin au fémur. 3) **Ligaments** : Des ligaments extrêmement puissants (sacro-iliaques, sacro-épineux, sacro-tubéraux) stabilisent l'ensemble. 4) **Muscles** : Il sert d'origine à des muscles majeurs : les fessiers (mouvement de la hanche), les muscles de la paroi abdominale, les ischio-jambiers (arrière de la cuisse) et les muscles du plancher pelvien, essentiels pour la continence et le soutien des organes.
Importance
L'importance du bassin est multidimensionnelle. **Biomécanique** : Il est le centre de gravité du corps, distribuant les forces entre le haut et le bas, essentiel pour la marche, la course et la station debout. **Protection** : Il protège les organes reproducteurs, la vessie et une partie du tube digestif. **Obstétricale** : Sa morphologie détermine la possibilité d'un accouchement par voie basse. **Sociale et culturelle** : Sa forme est à la base des différences morphologiques entre les sexes et a influencé les représentations artistiques (comme les Vénus paléolithiques). Cliniquement, les fractures du bassin sont graves, les douleurs sacro-iliaques sont fréquentes, et la faiblesse du plancher pelvien peut entraîner des prolapsus ou des incontinences.
