Introduction
La New Forest est un parc national d'une superficie d'environ 566 km² situé dans les comtés du Hampshire et du Wiltshire, sur la côte sud de l'Angleterre. Contrairement à ce que son nom suggère, il ne s'agit pas d'une seule forêt dense, mais d'un mosaïque complexe et ancienne d'habitats : forêts anciennes de feuillus et de conifères, vastes landes à bruyère, pâturages ouverts (les 'lawns'), vallées humides ('bottoms'), et côtes marécageuses. Ce paysage unique est le résultat de millénaires d'interaction entre l'homme et la nature, façonnée par le pâturage, la sylviculture et une gestion spécifique.
Description
Le paysage de la New Forest est remarquablement diversifié. Ses forêts anciennes, comme la Knightwood Oak Area qui abrite un chêne de plus de 500 ans, sont des vestiges de la forêt primaire qui couvrait autrefois une grande partie de la Grande-Bretagne. Les landes, couvertes de bruyère et d'ajoncs, offrent un spectacle violet à la fin de l'été. Environ 90% des landes à bruyère des basses terres du Royaume-Uni ont disparu, ce qui rend celles de la New Forest d'autant plus précieuses. Le parc abrite également la plus grande étendue de pâturages non clos d'Europe occidentale, où les animaux 'commoners' (détenteurs de droits) paissent en liberté. La côte comprend des marais salants et des lagunes d'eau saumâtre d'importance internationale pour les oiseaux migrateurs.
Histoire
L'histoire de la New Forest est indissociable de la couronne anglaise. En 1079, Guillaume le Conquérant la désigna comme 'Nova Foresta' (Nouvelle Forêt), une réserve de chasse royale principalement pour le cerf. Pour créer cet espace, des villages furent déplacés et des lois forestières sévères ('Forest Laws') furent instaurées, punissant sévèrement le braconnage ou le dérangement du gibier. Ces lois, souvent impopulaires, ont paradoxalement préservé l'écosystème. Au fil des siècles, un système unique de droits communaux ('commoning') s'est développé, permettant aux habitants locaux (les 'commoners') de faire paître leur bétail, de couper de la tourbe pour le feu et de ramasser du bois de chauffage. La New Forest a été désignée parc national en 2005, reconnaissant sa valeur nationale et internationale.
Caracteristiques
La caractéristique la plus emblématique de la New Forest est ses animaux en liberté. Les poneys New Forest, une race rustique et ancienne, errent librement ainsi que des bovins, des ânes et des porcs (lâchés à l'automne pour la 'pannage', où ils mangent les glands verts toxiques pour les autres animaux). La faune sauvage est exceptionnellement riche : cinq espèces de cerfs (dont le cerf élaphe et le daim), le blaireau d'Eurasie, le lézard des souches, et trois espèces de serpents non venimeux. La flore est tout aussi remarquable, avec des plantes rares comme la gentiane des marais et la drosera, une plante carnivore. La gestion est régie par des autorités historiques comme les Verderers (un tribunal ancien qui défend les coutumes de la forêt) et l'Agence forestière, en partenariat avec le Parc National.
Importance
L'importance de la New Forest est multiple. Écologiquement, c'est un site d'intérêt scientifique spécial (SSSI), une zone spéciale de conservation (SAC) et une zone de protection spéciale (SPA) au titre des directives européennes, abritant une biodiversité rare. Culturellement, elle représente un lien vivant avec le système médiéval des forêts royales et perpétue un mode de vie pastoral unique via le commoning, essentiel au maintien du paysage. Économiquement, c'est une destination touristique majeure, mais le défi est de concilier cette fréquentation avec la protection de l'environnement et des traditions. Son statut de parc national en fait un laboratoire pour la conservation intégrée du patrimoine naturel et culturel.
