Introduction
La 'Forêt de Vancouver' n'est pas une forêt unique, mais un terme générique désignant l'ensemble des écosystèmes forestiers denses et anciens qui caractérisent la région du Grand Vancouver et de la côte sud de la Colombie-Britannique. Située dans l'écorégion de la forêt pluviale du Grand Ours, elle borde l'océan Pacifique et s'étend des îles du détroit de Géorgie jusqu'aux pentes des chaînes côtières. Ce paysage est le résultat d'un climat maritime doux et très humide, créant l'un des environnements forestiers les plus productifs et majestueux de la planète.
Description
La forêt de Vancouver est principalement une forêt tempérée humide, un biome rare qui ne couvre que 0,2% de la surface terrestre mondiale. Elle se compose de plusieurs zones distinctes. Près de la côte, la forêt pluviale côtière est dominée par des conifères géants : le Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii), le Cèdre rouge de l'Ouest (Thuja plicata) et la Pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla) sont les espèces emblématiques, pouvant atteindre plus de 70 mètres de haut et vivre plus de 1000 ans. Le sous-bois est luxuriant, avec des fougères, des mousses épiphytes recouvrant chaque surface et des buissons de baies. En altitude, la forêt subalpine prend le relais avec des espèces comme le Sapin de Subalpine (Abies lasiocarpa). La région comprend également des parcs urbains forestiers exceptionnels, comme le parc Stanley à Vancouver, qui offre une fenêtre sur cette nature sauvage en pleine ville.
Histoire
Ces forêts sont le territoire traditionnel et non cédé de nombreuses Premières Nations, notamment les peuples Salish du littoral, Squamish, Tsleil-Waututh et Musqueam. Elles ont fourni pendant des millénaires nourriture, médicaments, matériaux de construction (bois et écorce de cèdre) et un cadre spirituel fondamental. L'arrivée des colons européens à la fin du 18ème siècle a marqué le début de l'exploitation forestière intensive, qui devint le pilier économique de la région. Au 20ème siècle, la prise de conscience de la valeur écologique et récréative de ces forêts a conduit à d'importantes campagnes de conservation. La création du parc provincial Cypress (1975), la protection de zones comme le mont Seymour et les luttes emblématiques pour sauver la vallée de Carmanah dans les années 1990 ont façonné l'identité environnementale moderne de la région.
Caracteristiques
Les caractéristiques principales sont sa canopée stratifiée et son incroyable biomasse. L'humidité constante (plus de 2000 mm de pluie par an en moyenne) favorise une croissance rapide et une accumulation de matière organique. La biodiversité est remarquable : mammifères comme l'Ours noir, le Cougar, le Loup et le rare Ours esprit (Kermode), une sous-espèce d'ours noir au pelage blanc. Les cours d'eau abritent des saumons sauvages, dont les carcasses, après la fraie, enrichissent les sols forestiers. Le sol, souvent acide et lessivé, est néanmoins rendu fertile par le cycle rapide de décomposition des débris végétaux. Les arbres anciens, avec leurs troncs massifs et leurs écosystèmes épiphytes complexes, sont des puits de carbone cruciaux.
Importance
L'importance de la forêt de Vancouver est écologique, économique et socio-culturelle. Écologiquement, c'est un hotspot de biodiversité et un régulateur climatique essentiel. Économiquement, la sylviculture reste un secteur important, bien que de plus en plus encadré, et l'écotourisme (randonnée, observation de la faune, ski) est vital. Socialement, elle est au cœur de l'identité des habitants de Vancouver, offrant un accès unique à la nature sauvage depuis la métropole. Elle représente également un enjeu crucial de gestion durable, entre exploitation, conservation, droits autochtones et adaptation aux changements climatiques, qui menacent ces écosystèmes par des sécheresses estivales accrues et la prolifération des parasites.
