Introduction
Les écosystèmes montagnards, ou orobiomes, couvrent environ 27% de la surface terrestre et se définissent par leur relief accidenté et leur altitude, généralement supérieure à 600-700 mètres. Ils ne sont pas définis par une latitude spécifique et existent sur tous les continents, des tropiques aux régions polaires. Leur caractéristique fondamentale est la zonation altitudinale : les conditions environnementales changent radicalement sur une courte distance verticale, créant une mosaïque d'habitats empilés les uns sur les autres, similaires aux biomes rencontrés en se déplaçant vers les pôles.
Description
La vie en montagne est structurée en étages bien distincts. L'étage collinéen (base) présente des forêts de feuillus tempérés ou tropicales. Vient ensuite l'étage montagnard, avec des forêts de conifères (sapins, épicéas) ou des forêts de nuage humides. L'étage subalpin est une zone de combat où les arbres, rabougris (comme le pin à crochets), cèdent la place à l'étage alpin, dominé par des pelouses, des landes et une flore herbacée adaptée (plantes en coussinets). Au-delà se trouve l'étage nival, domaine des neiges éternelles, des glaciers et de la vie microscopique. Chaque étage possède sa faune spécifique : marmottes et chamois dans l'alpin, condors et léopards des neiges selon les massifs, et une multitude d'invertébrés spécialisés. La biodiversité est souvent très élevée en raison de l'isolement et de la variété des niches écologiques, conduisant à un fort endémisme (espèces uniques à une montagne).
Histoire
Les montagnes ont une histoire géologique tumultueuse, principalement formées par la tectonique des plaques (orogenèse). Les jeunes chaînes comme l'Himalaya, les Alpes ou les Andes sont le résultat de collisions continentales récentes (depuis 65 millions d'années) et sont encore en surrection. D'autres, comme les Appalaches ou l'Oural, sont des massifs anciens, érodés. L'occupation humaine des montagnes remonte à la Préhistoire, avec des traces de chasse et de pastoralisme. Elles ont longtemps été perçues comme des lieux inhospitaliers et sacrés, avant de devenir, à partir du XVIIIe siècle, des objets d'étude scientifique (comme les expéditions d'Horace-Bénédict de Saussure au Mont-Blanc) et de conquête touristique.
Caracteristiques
Les conditions abiotiques sont extrêmes : basses températures (baisse d'environ 0,6°C tous les 100 m), forte irradiation UV, vents violents, neige et glace persistantes, sols pauvres et instables, et pression atmosphérique réduite. La pente accentue l'érosion et limite la rétention d'eau et de nutriments. Les organismes ont développé des adaptations remarquables : formes aérodynamiques ou rampantes, systèmes racinaires profonds, feuilles petites et cireuses, reproduction végétative, pigments protecteurs, hibernation, et pour les animaux, sang à haute capacité oxyphorique (comme la lama) et pelages épais. Les écosystèmes montagnards sont dynamiques, avec une remontée progressive des étages de végétation en réponse au réchauffement climatique.
Importance
Les montagnes sont les 'châteaux d'eau' de la planète. Elles captent l'humidité atmosphérique et alimentent, via la fonte des neiges et des glaciers, les principaux fleuves du monde, assurant l'eau douce de plus de la moitié de l'humanité. Elles sont des réservoirs de biodiversité et des refuges pour des espèces menacées. Culturellement, elles abritent des communautés humaines aux savoirs traditionnels uniques. Économiquement, elles fournissent des ressources (bois, minerais), de l'énergie hydroélectrique et sont des pôles majeurs de tourisme et de loisirs. Enfin, leur sensibilité en fait des 'sentinelles du changement climatique', leurs glaciers reculant étant un signal d'alarme visible pour l'ensemble de la biosphère.
