Introduction
Le désert chaud, ou désert subtropical, est l'un des biomes les plus extrêmes de la planète. Il se définit avant tout par un déficit hydrique chronique, où l'évaporation potentielle excède largement les précipitations. Malgré des conditions hostiles, il n'est pas un espace vide de vie, mais un écosystème complexe où plantes, animaux et micro-organismes ont développé des stratégies de survie ingénieuses. Des vastes ergs du Sahara aux déserts rocailleux du Sonora, ces paysages sculptés par le vent et le soleil jouent un rôle crucial dans les cycles climatiques et géochimiques globaux.
Description
Les déserts chauds se situent principalement dans la ceinture subtropicale de haute pression, où l'air descendant inhibe la formation de nuages et de pluie. Leur topographie est variée : elle inclut des ergs (mers de dunes, comme dans le Grand Erg Oriental), des regs (plaines de gravier et de pierres), des hamadas (plateaux rocheux dénudés), ainsi que des oueds (lits de rivières temporaires) et des canyons. La végétation, clairsemée et xérophytique, est dominée par des plantes succulentes (cactus, euphorbes) qui stockent l'eau, des plantes à racines profondes pour atteindre les nappes phréatiques, et des annuelles qui germent et fleurissent en quelques jours après une rare pluie. La faune, principalement nocturne et/ou fouisseuse, minimise les pertes d'eau (insectes, reptiles comme le lézard à cornes, petits rongeurs, et quelques grands mammifères comme le dromadaire ou l'addax). Les sols, souvent minces et pauvres en matière organique, peuvent être riches en sels et en minéraux en raison du faible lessivage.
Histoire
Les déserts chauds actuels sont le produit de processus géologiques et climatiques de longue durée. Leur aridité s'est souvent accentuée avec la dérive des continents les plaçant sous des latitudes subtropicales, et avec l'établissement de courants océaniques froids le long des côtes occidentales (comme le courant de Benguela pour le Namib). Le Sahara, par exemple, n'a pas toujours été un désert ; il a connu des périodes humides (le « Sahara vert ») il y a environ 10 000 à 5 000 ans, comme en attestent des peintures rupestres représentant des girafes et des crocodiles. L'histoire humaine y est marquée par des adaptations nomades (comme les Touaregs) et le développement de cités-oasis le long de routes commerciales historiques, telles que la Route de la Soie ou les routes transsahariennes.
Caracteristiques
1. **Climat** : Précipitations annuelles inférieures à 250 mm, irrégulières et souvent violentes. Amplitude thermique diurne extrême (plus de 30°C d'écart entre le jour et la nuit). Températures diurnes estivales dépassant régulièrement 40°C, pouvant atteindre 58°C (record à El Azizia, Libye). 2. **Adaptations biologiques** : *Plantes* : réduction des feuilles (épines), photosynthèse de type CAM (ouverture des stomates la nuit), cuticules épaisses, systèmes racinaires étendus. *Animaux* : économie d'eau (excréments secs, urine concentrée), régulation thermique par la forme du corps (grandes oreilles du fennec pour dissiper la chaleur), vie souterraine, estivation. 3. **Sol et géomorphologie** : Sols aridisols, souvent salins (solonchaks). Processus d'érosion éolienne dominants, créant des yardangs et des pavages désertiques. Présence de croûtes biologiques du sol (mousses, lichens, cyanobactéries) stabilisant la surface. 4. **Régime hydrique** : Les cours d'eau sont épisodiques (endoréiques). Les eaux souterraines sont souvent fossiles, datant de périodes pluviales passées (aquifère du Sahara septentrional).
Importance
Les déserts chauds ont une importance écologique et géopolitique majeure. Écologiquement, ils sont des puits de poussière minérale riche en fer et en phosphore, dont le transport par les vents (comme l'Harmattan) fertilise des écosystèmes lointains (comme la forêt amazonienne). Ils abritent une biodiversité unique et endémique, constituant des laboratoires d'évolution. Ils jouent aussi un rôle dans la régulation du climat par leur albédo élevé (réflexion de l'énergie solaire). Sur le plan humain, ils contiennent d'importantes ressources : réserves d'hydrocarbures (Moyen-Orient), minéraux (cuivre du Chili, nitrates), et potentiel géothermique et solaire immense. Cependant, ils sont extrêmement vulnérables à la surexploitation (surexploitation des nappes phréatiques, surpâturage) et à la désertification, un processus accéléré par les changements climatiques. Leur conservation est un enjeu global.
