Introduction
Les scarabées, appartenant à l'ordre des Coléoptères, représentent un succès évolutif sans pareil. Avec près de 400 000 espèces décrites (et potentiellement des millions non découvertes), ils constituent environ 25% de toutes les formes de vie animales connues. Leur nom, 'Coleoptera', signifie 'ailes en étui' en grec ancien, décrivant parfaitement leur caractéristique anatomique principale. Leur adaptation à presque tous les écosystèmes terrestres et d'eau douce en fait des acteurs incontournables des chaînes alimentaires et des cycles biogéochimiques.
Description
Le corps d'un scarabée est divisé en trois parties : la tête, le thorax et l'abdomen. Sa caractéristique la plus distinctive est la présence d'élytres : une paire d'ailes antérieures durcies, cornées, qui se rejoignent le long d'une ligne médiane (la suture) et recouvrent et protègent la seconde paire d'ailes, membraneuses et utilisées pour le vol. La tête porte des antennes segmentées, souvent en forme de massue ou de lamelles, et des pièces buccales de type broyeur. Leurs pattes sont adaptées à la course, au creusement, ou à la nage selon les espèces. Leur taille et leur coloration varient considérablement, du noir mat aux couleurs métalliques les plus vives (comme chez les cétoines).
Habitat
Les coléoptères ont colonisé presque tous les habitats non-marins. On les trouve dans le sol (carabes), sous les écorces (scolytes), dans le bois mort (capricornes), dans les champignons, les excréments (bousiers), les charognes (nécrophores), les eaux douces (dytiques), les sables des déserts et les cultures. Leur résistance à la dessiccation et leur capacité à exploiter des ressources nutritives variées expliquent cette ubiquité.
Alimentation
Le régime alimentaire des scarabées est d'une diversité extraordinaire, ce qui a favorisé leur radiation évolutive. On distingue les phytophages (mangeurs de plantes, comme le doryphore), les xylophages (mangeurs de bois, comme les vrillettes), les coprophages (bousiers, essentiels au recyclage des déjections), les nécrophages (se nourrissant de cadavres), les prédateurs (comme les coccinelles mangeuses de pucerons) et les détritivores. Certains sont même spécialisés dans la consommation de spores fongiques ou de pollen.
Reproduction
La reproduction est sexuée. Après un accouplement, la femelle pond ses œufs dans un substrat adapté aux futures larves : sol, bois, excréments, charogne. Le développement est de type holométabole, avec quatre stades : œuf, larve (souvent appelée 'ver blanc' chez les Scarabaeidae), nymphe (pupe) et adulte (imago). La phase larvaire, qui peut durer plusieurs années, est principalement dédiée à l'alimentation et à la croissance. La métamorphose en adulte se produit à l'intérieur d'une logette ou d'un cocon.
Comportement
Les comportements sont extrêmement variés. Les bousiers, par exemple, façonnent des boules d'excréments qu'ils roulent sur de longues distances pour les enterrer et les consommer ou y pondre. Les lucanes mâles se battent avec leurs mandibules hypertrophiées pour l'accès aux femelles. Certains coléoptères produisent des substances chimiques défensives (comme le sang de diable, la cantharidine) ou pratiquent le thanatose (simulation de la mort). La communication peut passer par des phéromones, des stridulations ou des signaux lumineux (chez les lampyres).
Conservation
Si de nombreuses espèces sont communes, d'autres sont gravement menacées par la destruction des habitats (déforestation, urbanisation), l'utilisation de pesticides, la pollution lumineuse et la collecte excessive (pour les collectionneurs). Les scarabées saproxyliques (dépendants du bois mort) et les espèces endémiques à petites aires de répartition sont particulièrement vulnérables. Leur conservation passe par la protection des écosystèmes, la préservation du bois mort et des pratiques agricoles durables.
