Introduction
Le rhinocéros blanc (Ceratotherium simum) est une icône de la mégafaune africaine. Contrairement à ce que son nom suggère, sa couleur n'est pas blanche mais grisâtre. Le nom 'blanc' serait une déformation du mot afrikaans 'wyd', signifiant 'large', en référence à sa lèvre caractéristique. Il existe deux sous-espèces : le rhinocéros blanc du Sud (C. s. simum), dont la population a été sauvée de l'extinction par des efforts de conservation intenses, et le rhinocéros blanc du Nord (C. s. cottoni), désormais réduit à deux femelles captives, symbolisant tragiquement la crise du braconnage.
Description
Le rhinocéros blanc possède un corps massif, un cou puissant et une tête allongée portant deux cornes. La corne antérieure est la plus longue, pouvant atteindre 1,5 mètre. Sa peau épaisse, plissée et presque dépourvue de poils, est de couleur gris-brun. Sa caractéristique anatomique la plus distinctive est sa lèvre supérieure large, plate et carrée, parfaitement adaptée pour brouter l'herbe rase. Cette 'bouche carrée' le distingue nettement du rhinocéros noir, qui a une lèvre préhensile pointue pour saisir les feuilles des arbustes. Ses oreilles sont tubulaires et très mobiles, et sa vue est faible, compensée par une ouïe et un odorat excellents.
Habitat
Son habitat de prédilection est la savane africaine, notamment les prairies ouvertes et les zones de broussailles où l'herbe est abondante. Il dépend de points d'eau pour boire et se vautrer dans la boue, un comportement essentiel pour réguler sa température corporelle, se protéger des parasites et du soleil. On le trouve principalement en Afrique du Sud, en Namibie, au Zimbabwe, au Kenya et en Ouganda, dans des réserves et parcs nationaux protégés.
Alimentation
C'est un herbivore strict et un brouteur exclusif (graminivore). Sa lèvre large lui permet de tondre efficacement les grandes étendues d'herbes courtes. Il se nourrit principalement le matin et en fin d'après-midi, ingérant de grandes quantités de végétation pour soutenir son métabolisme. Il peut passer plus de la moitié de la journée à se nourrir. Son système digestif complexe, bien que moins efficace que celui des ruminants, lui permet de tirer l'essentiel de ses nutriments et de son eau de l'herbe qu'il consomme.
Reproduction
La maturité sexuelle est atteinte vers 7 ans pour les mâles et 5-6 ans pour les femelles. La gestation est exceptionnellement longue, d'environ 16 mois. La femelle ne donne naissance qu'à un seul petit, pesant environ 40 à 65 kg à la naissance. Le petit est sevré vers l'âge de deux ans mais peut rester avec sa mère jusqu'à la naissance du suivant, soit un intervalle de 2 à 4 ans entre les naissances. Ce faible taux de reproduction rend les populations très vulnérables aux pressions extérieures comme le braconnage.
Comportement
Moins agressif et plus sociable que le rhinocéros noir, le rhinocéros blanc peut former des groupes lâches, notamment des femelles avec leurs petits. Les mâles adultes sont généralement solitaires et territoriaux, marquant leur domaine avec des tas de fumier et de l'urine. Les combats entre mâles pour l'accès aux femelles ou la défense du territoire peuvent être violents, utilisant leurs cornes avec une force considérable. Ce sont des animaux plutôt sédentaires, ayant des domaines vitaux bien définis qu'ils parcourent quotidiennement.
Conservation
L'histoire de sa conservation est un mélange d'échec tragique et de succès remarquable. Au début du XXe siècle, la sous-espèce du Sud était au bord de l'extinction avec moins de 50 individus. Grâce à une protection légale stricte, une gestion intensive et des programmes de réintroduction, sa population est remontée à plus de 15 000 individus, devenant l'un des grands succès de la conservation. À l'inverse, la sous-espèce du Nord a été décimée par le braconnage pour sa corne, menant à son extinction fonctionnelle. Le braconnage, alimenté par la demande en médecine traditionnelle asiatique et pour des articles de luxe, reste la menace principale. Des mesures radicales comme la désescalade (ablation préventive des cornes) et un suivi génétique rigoureux sont employées pour protéger les populations restantes.
