Introduction
L'ours polaire, ou 'Ursus maritimus' (l'ours de la mer), est un mammifère marin emblématique de l'Arctique. Évoluant depuis environ 500 000 ans à partir d'ancêtres d'ours bruns, il s'est spécialisé pour survivre dans l'un des environnements les plus hostiles de la planète. C'est un superprédateur au sommet de la chaîne alimentaire, dont la survie est intrinsèquement liée à la glace de mer.
Description
L'ours polaire possède une morphologie parfaitement adaptée au froid et à la nage. Son pelage dense, composé de poils de jarre translucides et creux (qui diffusent la lumière et paraissent blancs ou jaunâtres) et d'un sous-poil laineux, est associé à une épaisse couche de graisse isolante pouvant atteindre 10 cm d'épaisseur. Sa peau est noire, ce qui lui permet d'absorber la chaleur du soleil. Son corps est allongé et profilé pour la nage, avec de grandes pattes antérieures palmées qui en font un nageur puissant, capable de parcourir des dizaines de kilomètres en eau libre. Son odorat est exceptionnel, capable de détecter une proie à plus d'un kilomètre de distance ou sous la glace.
Habitat
Son habitat est la banquise arctique, qu'il parcourt à la recherche de phoques. Sa répartition s'étend sur cinq pays (Canada, Alaska, Russie, Groenland, Norvège/Svalbard). Il utilise la glace comme plateforme de chasse et de déplacement. Pendant l'été, lorsque la glace fond, certains ours se réfugient sur la terre ferme, où ils entrent dans un état de 'marche forcée', vivant sur leurs réserves de graisse en attendant le regel.
Alimentation
Son régime est hypercarnivore, centré sur les phoques annelés et barbus. Sa technique de chasse principale est l'affût : il repère les trous de respiration des phoques, attend patiemment et les attrape lorsqu'ils remontent pour respirer. Il peut aussi déloger les phoques de leurs tanières sous la neige. Il consomme presque toute la graisse et la peau, riches en calories, laissant souvent une grande partie de la viande. Occasionnellement, il se nourrit de carcasses de baleines, d'œufs, de petits mammifères ou de végétation.
Reproduction
L'accouplement a lieu au printemps (avril-mai), mais l'ovulation est induite par l'accouplement et l'implantation de l'œuf fécondé est différée jusqu'à l'automne. Les femelles gravides creusent des tanières dans la neige en octobre-novembre, où elles mettent bas (généralement 2 oursons) en décembre-janvier. Les nouveau-nés, minuscules (600-700 g) et aveugles, sont allaités dans la tanière jusqu'à leur émergence en mars-avril. Les oursons restent avec leur mère pendant environ 2,5 ans, apprenant à chasser et survivre.
Comportement
C'est un animal généralement solitaire, excepté pendant la saison des amours ou autour d'une carcasse abondante. Les femelles sont très protectrices envers leurs petits. Il n'hiberne pas au sens strict, mais les femelles gravides entrent dans un état de dormance hivernale dans leur tanière. C'est un excellent nageur, utilisant un 'dog paddle' et pouvant maintenir une vitesse de 10 km/h sur de longues distances. Sur terre, il peut courir brièvement à 40 km/h.
Conservation
Classé 'Vulnérable' par l'UICN, l'ours polaire est la première espèce à être directement menacée par le réchauffement climatique. La fonte accélérée de la banquise réduit son habitat de chasse, allonge les périodes de jeûne et fragmente les populations. D'autres menaces incluent la pollution par les polluants organiques persistants, les conflits avec les humains et le développement industriel (forage pétrolier, navigation). Des accords internationaux, comme l'Accord sur la conservation des ours polaires (1973), réglementent la chasse et promeuvent la recherche et la coopération entre les nations de l'Arctique.
