Introduction
Le mamba noir (Dendroaspis polylepis) est une espèce de serpent arboricole et terrestre de la famille des Elapidae, endémique de l'Afrique subsaharienne. Malgré son nom, sa couleur est généralement gris olive à brun foncé, le 'noir' se référant à l'intérieur noir de sa gueule qu'il déploie en signe d'intimidation. Il incarne à la fois la terreur et la fascination dans le folklore africain et l'imaginaire collectif, en raison de sa vitesse légendaire, de la puissance de son venin neurotoxique et de son comportement souvent défensif mais imprévisible.
Description
Le mamba noir possède un corps long, mince et cylindrique, parfaitement adapté à la vitesse et à l'agilité. Sa tête est étroite et allongée, en forme de cercueil, avec des yeux de taille moyenne aux pupilles rondes. Ses écailles sont lisses. Sa coloration dorsale varie du gris métallique au brun olive ou kaki, avec des écailles plus claires sur les bords, lui offrant un excellent camouflage. La face ventrale est plus claire, crème ou blanc jaunâtre. Contrairement à une croyance répandue, il n'est pas noir à l'extérieur. L'intérieur de sa bouche, d'un noir d'encre, est sa caractéristique la plus distinctive, visible lorsqu'il adopte une posture de menace.
Habitat
Son aire de répartition s'étend à travers l'Afrique de l'Est et du Sud, du Sénégal à l'Éthiopie et jusqu'en Afrique du Sud. Il évite les forêts denses et les déserts. Il préfère les habitats de savane sèche, les zones de broussailles, les collines rocheuses et les lisières forestières. C'est un excellent grimpeur, souvent observé dans les arbres où il chasse ou se repose, mais il passe aussi beaucoup de temps au sol. Il peut s'établir dans des terriers abandonnés, des termitières ou des crevasses rocheuses, qu'il utilise comme repaires permanents, y revenant régulièrement.
Alimentation
C'est un prédateur diurne et opportuniste. Son régime est presque exclusivement composé de vertébrés. Il chasse à l'affût ou activement, utilisant sa vitesse pour surprendre ses proies. Son menu comprend principalement des petits mammifères (rongeurs, écureuils, damans), des oiseaux (et leurs œufs), et occasionnellement des lézards ou d'autres serpents. Après une morsure rapide et précise, il injecte un venin neurotoxique puissant qui paralyse la proie, puis il la relâche et la suit jusqu'à ce qu'elle succombe, avant de l'ingérer tête la première.
Reproduction
La saison de reproduction a lieu au printemps ou au début de l'été. Les mâles rivaux s'engagent parfois dans des combats ritualisés, s'entrelaçant et tentant de plaquer la tête de l'adversaire au sol, sans utiliser leur venin. Après l'accouplement, la femelle pond entre 6 et 17 œufs ovales dans un endroit humide et chaud, comme un terrier pourri ou un monticule de végétation. Elle n'assure aucune incubation. Les œufs éclosent après environ 80 à 90 jours. Les juvéniles, mesurant environ 40 à 60 cm, sont autonomes et déjà venimeux à la naissance, se nourrissant de petites proies.
Comportement
Le mamba noir est diurne et généralement timide, préférant la fuite à la confrontation. Cependant, s'il est acculé ou surpris, il devient extrêmement dangereux. Il se dresse alors sur le tiers antérieur de son corps, écarte un capuchon étroit au niveau du cou et ouvre grand sa gueule noire en sifflant. Cette posture est un avertissement clair. S'il est provoqué davantage, il peut frapper à plusieurs reprises avec une rapidité foudroyante. Il est réputé être le serpent le plus rapide du monde, capable de pointes de vitesse dépassant 16 km/h sur de courtes distances. C'est un animal territorial qui peut défendre agressivement son repaire.
Conservation
Classé en 'Préoccupation mineure' par l'UICN en raison de sa large distribution, le mamba noir est néanmoins confronté à des menaces locales significatives. La destruction et la fragmentation de son habitat pour l'agriculture, l'urbanisation et le développement des infrastructures réduisent ses zones de vie. Il est aussi persécuté et tué par peur, souvent à vue, par les populations locales. Bien que son venin soit extrêmement dangereux pour l'homme (mortalité élevée sans traitement), les accidents sont relativement rares grâce à la disponibilité croissante d'antivenins spécifiques. Sa conservation passe par l'éducation des communautés et la protection de son habitat.
