Introduction
Sir Gauvain est une figure centrale du cycle arthurien, apparaissant dans presque toutes les œuvres médiévales consacrées au roi Arthur, de l'historiographie galloise aux romans courtois français et anglais. Fils du roi Lot d'Orcanie et de Morgause (la sœur d'Arthur), il est ainsi le neveu du souverain et l'aîné d'une fratrie de chevaliers renommés (Gahériet, Gaheris, Gareth et Agravain). Sa renommée est telle qu'il est souvent présenté comme le modèle du chevalier, le « fleuron de la chevalerie », avant que Lancelot ne le supplante partiellement dans ce rôle.
Description
Gauvain est décrit comme un chevalier d'une grande beauté et d'une force physique exceptionnelle, souvent associé à des attributs solaires. Sa force augmente magiquement avec le soleil, atteignant son apogée à midi, avant de décliner progressivement. Il est le porteur d'une épée légendaire, Galatine, et possède parfois un cheval nommé Gringalet. Son bouclier, l'« Écu à la Vierge », porte l'image de la Vierge Marie, soulignant sa piété. Contrairement à Lancelot, Gauvain n'est pas l'amant d'une dame particulière dans la tradition ancienne ; sa relation la plus célèbre est platonique et courtoise avec la Dame de Lys. Il est avant tout le champion des femmes et le défenseur des faibles, incarnant la vertu de « franchise » (générosité et noblesse de cœur).
Histoire
L'histoire de Gauvain est tissée à travers de nombreux récits. Dans les premiers textes comme l'« Historia Regum Britanniae » de Geoffroy de Monmouth, il est déjà un grand guerrier. Sa carrière est jalonnée d'aventures : il affronte le Chevalier Vert dans le poème anglais « Sire Gauvain et le Chevalier Vert », un récit allégorique sur l'honneur, la tentation et la mort. Il participe activement à la Quête du Graal, bien que n'étant pas un élu, son rôle étant de montrer les limites de la chevalerie purement mondaine. Le tournant tragique de sa vie intervient avec la découverte de l'adultère entre Lancelot et la reine Guenièvre. Lorsque Lancelot, en fuyant, tue accidentellement les frères de Gauvain (Gahériet et Gareth), ce dernier voue une haine implacable au chevalier faélon, poussant Arthur à la guerre contre lui. Cette vendetta affaiblit le royaume et conduit à la chute de Camelot. Gauvain meurt des suites d'une blessure reçue lors du conflit, et son fantôme met en garde Arthur contre la bataille finale de Camlann.
Caracteristiques
Les traits de caractère de Gauvain évoluent. Dans les romans français de Chrétien de Troyes (« Perceval »), il est le parangon de la courtoisie, généreux, modéré et habile en diplomatie. Plus tard, notamment dans la « Mort le Roi Artu » et la tradition postérieure, il devient plus impulsif, colérique et vindicatif, notamment après la mort de ses frères. Sa loyauté envers Arthur est absolue et constitue son moteur principal. Sa faiblesse majeure, exploitée dans « Sire Gauvain et le Chevalier Vert », est son attachement à la vie, qui le pousse à accepter la ceinture magique de la Dame Bertilak pour se protéger, manquant ainsi à son code d'honneur. Cette complexité en fait un personnage profondément humain.
Importance
Gauvain est essentiel à la compréhension du mythe arthurien. Il représente l'idéal chevaleresque dans sa forme la plus pure et la plus terrestre, en contraste avec la spiritualité du Graal ou la passion destructrice de Lancelot. Son déclin et sa vendetta sont des éléments catalyseurs de la tragédie finale, symbolisant la fragmentation de la fraternité de la Table Ronde. Son histoire, particulièrement dans « Sire Gauvain et le Chevalier Vert », explore des thèmes universels comme l'honneur, la faillibilité humaine et la confrontation avec la mortalité. Il incarne ainsi la transition entre l'épopée héroïque et le roman psychologique, restant l'un des chevaliers les plus populaires et les plus étudiés de la littérature médiévale.
