Introduction
Diomède, fils de Tydée et de Déipyle, est une figure centrale de l'épopée homérique, notamment dans l'Iliade où il brille par ses exploits. Roi d'Argos et chef des contingents étoliens, il est souvent présenté comme le plus jeune des chefs achéens mais aussi l'un des plus sages et des plus favorisés par Athéna. Son parcours, de la guerre de Troie à son retour mouvementé et à sa fin apothéosée, en fait un héros complet, à la fois guerrier redoutable et fondateur de cités.
Description
Diomède est décrit par Homère comme un guerrier d'une force et d'une bravoure exceptionnelles, mais aussi d'une grande intelligence tactique et d'une piété remarquable. Physiquement imposant, il est souvent associé à ses célèbres chevaux, pris au roi de Thrace, Rhésos, et réputés être les plus rapides après ceux d'Achille. Son armure, forgée par Héphaïstos, est un don divin. Contrairement à d'autres héros emportés par leur orgueil (hybris), Diomède fait preuve d'une retenue et d'un respect des dieux qui lui valent la protection constante d'Athéna. Il représente l'idéal du héros « aidé par les dieux » (theoeikelos) qui utilise sa valeur au service de la communauté achéenne.
Histoire
Son histoire majeure est narrée dans l'Iliade (Chant V, « L'Exploit de Diomède »). Sous la protection et avec l'aide directe d'Athéna, il accomplit une aristeia (exploits en série) prodigieuse : il tue de nombreux Troyens, affronte et blesse Énée (sauvé par sa mère Aphrodite), puis blesse la déesse Aphrodite elle-même à la main lorsqu'elle tente de sauver son fils. Plus tard, encouragé par Athéna, il attaque et blesse même le dieu de la guerre Arès, le forçant à quitter le champ de bataille. Ces affrontements directs avec des divinités sont uniques. Il participe également à d'autres épisodes clés comme l'expédition nocturne avec Ulysse pour voler le Palladium (la statue protectrice de Troie) et pour tuer le roi Rhésos. Après la guerre, son nostos (retour) est difficile. Une version raconte qu'à son retour à Argos, il trouve sa femme infidèle et doit s'exiler en Italie du Sud, où il fonde plusieurs villes (dont Brindisium, actuelle Brindisi) et épouse la fille du roi Daunus. Une autre tradition, notamment chez Virgile, le présente comme un ennemi d'Énée en Italie. Sa fin varie : certaines sources le disent mort en Apulie, d'autres qu'il a été emporté vivant aux îles des Bienheureux ou transformé en dieu par Athéna.
Caracteristiques
Diomède se caractérise par un ensemble de qualités équilibrées : une valeur martiale incontestable (il est classé juste après Achille), une intelligence stratégique (il est souvent conseiller d'Agamemnon), et une piété exemplaire qui lui vaut le soutien divin. Il possède une capacité unique à discerner les dieux sur le champ de bataille (un don d'Athéna), ce qui lui permet d'agir avec justesse. Il est aussi un chef respecté de ses hommes. Ses attributs principaux sont sa lance, son bouclier, et ses fameux chevaux de Thrace. Il incarne moins la fureur destructrice d'un Achille que la vaillance raisonnée et efficace au service d'une cause collective.
Importance
Diomède occupe une place cruciale dans la mythologie grecque et son héritage. Dans l'Iliade, son aristeia au Chant V est un point culminant narratif, démontrant que même un héros mortel, avec l'aide divine, peut défier les dieux eux-mêmes. Il est un pilier de l'armée achéenne, souvent présenté comme un modèle de vertu héroïque. Son importance dépasse le cycle troyen : par ses fondations en Italie, il devient une figure de lien entre le monde grec et l'Italie pré-romaine, étant revendiqué comme ancêtre ou fondateur par plusieurs peuples italiques. Virgile, dans l'Énéide, en fait un adversaire d'Énée, intégrant ainsi le héros grec dans le mythe fondateur de Rome. Ce double ancrage, dans l'épopée homérique et dans les légendes de fondation de l'Italie, assure sa postérité durable.
