Introduction
Osiris incarne le cycle de la mort et de la renaissance, central dans la religion égyptienne. Plus qu'un simple dieu des morts, il est le garant de l'ordre cosmique (Maât), le prototype du pharaon défunt et la promesse de vie éternelle pour les justes. Son mythe, l'un des plus complets de l'Égypte antique, explique les fondements de la royauté divine, des rites funéraires et du renouveau de la nature.
Origines
Les premières attestations d'Osiris remontent à la Ve dynastie (Ancien Empire, vers 2400 av. J.-C.), notamment dans les Textes des Pyramides où il est étroitement associé à la résurrection du roi. Son culte prend son essor à Abydos, qui devient son principal lieu saint, supplantant peut-être un dieu funéraire local plus ancien. Son origine est parfois liée à un souverain civilisateur pré-dynastique divinisé. Au fil des siècles, il absorbe les attributs d'autres divinités agricoles et devient la figure centrale de la théologie funéraire égyptienne.
Attributs
Osiris est le seigneur de la Douât (monde souterrain) et le juge suprême des âmes. Il préside la pesée du cœur (psychostasie), où le cœur du défunt est mis en balance avec la plume de Maât (la vérité-justice). Il est aussi un dieu de la fertilité, son corps représentant la terre noire et fertile du Nil (Kemet), irriguée par les eaux de l'inondation annuelle, symbole de sa résurrection. En tant qu'Unnefer (« l'être parfait » ou « l'être bon »), il incarne l'état de perfection et de régénération atteint après la mort. Ses sceptres, la crosse et le fléau, symbolisent l'autorité royale et pastorale.
Mythes
Le mythe principal est narré par Plutarque dans « De Iside et Osiride ». Osiris, roi bienfaisant, est haï par son frère Seth, dieu du chaos. Ce dernier l'enferme dans un coffre qu'il jette dans le Nil. Isis, épouse et sœur fidèle, retrouve le corps à Byblos. Seth découvre le cadavre et le découpe en quatorze (ou seize) morceaux qu'il disperse à travers l'Égypte. Isis, aidée de sa sœur Nephtys, rassemble les membres (sauf le phallus, remplacé par un modèle) et, grâce à ses pouvoirs magiques et à l'aide d'Anubis, momifie Osiris, créant ainsi la première momie. Cette reconstitution permet une résurrection temporaire au cours de laquelle Isis conçoit Horus. Osiris se retire ensuite pour régner sur le monde des morts, tandis qu'Horus, son héritier, venge son père en battant Seth et en réclamant le trône des vivants.
Culte
Le centre principal du culte osirien était Abydos, lieu supposé abriter sa tête. Un grand temple y fut érigé par Séthi Ier. Des fêtes annuelles, les Mystères d'Osiris, commémoraient sa mort et sa résurrection avec des processions, des reconstitutions dramatiques et des rites agricoles. À Busiris, un autre centre important, le pilier Djed, symbole de stabilité et de la colonne vertébrale du dieu, était érigé rituellement. Chaque Égyptien espérait, après la mort, être identifié à Osiris (« l'Osiris [nom du défunt] ») pour renaître à ses côtés. Son culte se répandit dans tout le monde méditerranéen à l'époque hellénistique et romaine.
Influence
Osiris a profondément influencé les conceptions occidentales de l'au-delà et de la résurrection. Des parallèles ont souvent été tracés entre son mythe (dieu mort et ressuscité, sauveur) et certains thèmes chrétiens, bien qu'il s'agisse de traditions distinctes. Il demeure une figure iconique de la culture populaire, apparaissant régulièrement dans les films, les jeux vidéo et la littérature fantastique évoquant l'Égypte ancienne. En ésotérisme, il symbolise les forces de régénération et les mystères de la vie après la mort. Il reste, avec Isis, l'une des divinités égyptiennes les plus reconnaissables et chargées de sens.
