Introduction
Bastet est l'une des divinités les plus populaires et complexes du panthéon égyptien. Son culte, qui a duré plus de trois millénaires, a connu une évolution significative : d'une déesse lionne redoutable et solaire, proche de Sekhmet, elle est devenue la forme apaisée et bienveillante d'une chatte, protectrice du foyer et symbole de grâce féminine. Cette dualité reflète la conception égyptienne de l'équilibre (Maât) entre les forces destructrices et créatrices.
Origines
Les premières attestations de Bastet remontent à la IIe dynastie (c. 2890 av. J.-C.). Son nom, "Bsstt" en égyptien, signifie "Celle de la ville de Bast", faisant référence à Bubastis (Per-Bast en égyptien) dans le delta du Nil, son principal centre cultuel. Initialement, elle est une déesse lionne, une manifestation de l'Œil de Rê, l'instrument vengeur du soleil. Sous l'Ancien Empire, elle est associée à la protection du roi. C'est à partir du Moyen Empire, et surtout du Nouvel Empire, que son iconographie s'adoucit pour privilégier la forme féline domestique, bien que sa nature léonine originelle ne disparaisse jamais complètement.
Attributs
Bastet possède une large gamme d'attributs. En tant que protectrice, elle écarte les maladies (notamment les épidémies) et les esprits néfastes. Déesse du foyer, elle veille sur la maisonnée, les femmes enceintes et les enfants. Son association avec la fertilité est liée à la prolificité du chat. Elle est aussi une déesse de la joie, de la musique et de la danse, souvent représentée agitant un sistre, dont le son était censé apaiser les divinités dangereuses. Son côté solaire et guerrier, hérité de son origine, persiste dans sa capacité à combattre le serpent Apophis, ennemi de Rê.
Mythes
Le mythe principal associé à Bastet est celui de l'Œil de Rê. Elle en est une des formes, aux côtés de Sekhmet, Hathor et Tefnout. Dans le mythe de la Lointaine, Rê envoie son Œil (sous forme de lionne) punir l'humanité rebelle. Devenue incontrôlable et sanguinaire (Sekhmet), elle doit être ramenée à la raison, souvent par l'ivresse (bière colorée en rouge), et retourne en Égypte sous une forme apaisée, celle de Bastet ou d'Hathor, ramenant la prospérité. Un autre récit la montre aidant son père Rê à combattre Apophis dans la barque solaire. Elle est aussi parfois intégrée à la triade memphite aux côtés de Ptah et de Nefertoum.
Culte
Le centre du culte de Bastet était la ville de Bubastis (Tell Basta actuelle). Hérodote, au Ve siècle av. J.-C., décrit avec émerveillement son temple magnifique et ses festivités annuelles, parmi les plus joyeuses et populaires d'Égypte, attirant des centaines de milliers de pèlerins pour des processions, banquets, danses et libations. Des millions de chats, animaux sacrés, étaient momifiés et offerts en ex-voto dans ses catacombes, notamment à Bubastis et à Saqqarah. La mise à mort volontaire ou accidentelle d'un chat était un crime grave puni de mort. Son culte a persisté jusqu'à l'époque romaine.
Influence
Bastet est une figure iconique de l'Égypte ancienne dans la culture moderne. Symbole de l'élégance féline et de la protection, elle apparaît dans de nombreux romans, jeux vidéo, films et séries inspirés par l'égyptomanie. Elle est souvent invoquée dans les mouvements néopaïens et wiccans comme archétype de la déesse mère protectrice et indépendante. Plus largement, le chat domestique lui doit en partie son statut sacralisé à travers l'histoire, et son image reste indissociablement liée à la civilisation égyptienne.
