Introduction
Athéna est l'une des douze grandes divinités olympiennes, vénérée comme la déesse de la sagesse, de la guerre juste et stratégique, des arts, de l'artisanat et de la raison. Contrairement à Arès, dieu de la guerre sauvage et brutale, Athéna représente la guerre menée pour la défense et selon des tactiques réfléchies. Elle est la protectrice des héros (comme Ulysse et Héraclès), des artisans, des tisserands et des cités, notamment Athènes dont elle est la patronne. Son statut de déesse vierge (Parthénos) et son association avec des attributs masculins et féminins en font une figure complexe et puissante.
Origines
La naissance d'Athéna est unique et spectaculaire. Zeus, ayant avalé sa première épouse Métis (déesse de la ruse) alors qu'elle était enceinte, pour éviter qu'elle n'enfante un fils plus puissant que lui, fut plus tard frappé d'une terrible migraine. Héphaïstos, ou parfois Prométhée, lui fendit le crâne d'un coup de hache. De la tête de Zeus, Athéna jaillit alors toute armée, en poussant un cri de guerre. Cette naissance la place comme une émanation directe de la pensée et de la puissance souveraine de Zeus, dont elle est la fille préférée. Elle hérite ainsi de la sagesse de sa mère et de la souveraineté de son père.
Attributs
Athéna est presque toujours représentée en armes, symbole de son rôle de protectrice. Ses attributs principaux sont le casque, la lance et l'égide. L'égide est un bouclier ou une cuirasse en peau de chèvre, orné de la tête de la Gorgone Méduse, qui terrifie ses ennemis. La chouette, animal voyant dans les ténèbres, est son animal sacré, symbole de sagesse et de clairvoyance. L'olivier, qu'elle offrit à l'Attique, représente la paix, la prospérité et la civilisation. Elle est aussi associée au serpent, gardien des lieux sacrés, comme celui de l'Acropole. Elle est souvent accompagnée de Niké, la Victoire ailée.
Mythes
Parmi ses mythes fondateurs, la dispute avec Poséidon pour la patronage de l'Attique est centrale. Poséidon fit jaillir un cheval ou une source d'eau salée de l'Acropole, tandis qu'Athéna offrit l'olivier, symbole de richesse et de paix. Les dieux jugèrent son cadeau plus utile, et la cité prit son nom. Elle joua un rôle crucial dans la Gigantomachie, tuant le géant Pallas et écorchant Encelade. Elle est la protectrice et la guide d'Ulysse dans l'Odyssée, incarnant la ruse et la persévérance. Elle transforma Arachné en araignée pour avoir osé défier son talent de tisserande, et elle participa au jugement de Pâris en offrant la sagesse et la victoire, ce qui contribua au déclenchement de la guerre de Troie.
Culte
Son principal lieu de culte était l'Acropole d'Athènes, dominée par le Parthénon, son temple majestueux abritant une statue chryséléphantine colossale due à Phidias. Les Panathénées, grande fête annuelle en son honneur, culminaient par une procession apportant un nouveau péplos (voile) brodé à sa statue. Elle était aussi vénérée dans d'autres cités comme Sparte (sous le nom d'Athéna Chalkioikos) et à Troie (comme protectrice de la cité sous le nom d'Athéna Iliade). En tant que déesse des artisans, elle était invoquée par les potiers, les forgerons et surtout les tisserands.
Influence
Athéna/Minerve a profondément marqué la culture occidentale. Elle est l'allégorie de la sagesse, de la science et des arts. Son image orne les sceaux, les monnaies et les bâtiments officiels (comme la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis). Elle inspire les concepts de démocratie et de civilisation liés à Athènes. Dans la psychanalyse, sa naissance de la tête de Zeus est interprétée comme une symbolisation de la pensée née de l'esprit, sans lien avec la maternité. Elle reste une figure populaire dans la littérature, la bande dessinée, le cinéma et les jeux vidéo, souvent comme archétype de la guerrière sage et stratégique.
