Amaterasu Ōmikami

Amaterasu Ōmikami est la déesse du soleil et la divinité suprême du panthéon shintoïste japonais. Considérée comme l'ancêtre directe de la lignée impériale du Japon, elle incarne la lumière, l'ordre cosmique, la fertilité et la souveraineté bienveillante. Son mythe le plus célèbre est sa retraite dans la grotte céleste, plongeant le monde dans les ténèbres.

Introduction

Amaterasu, dont le nom signifie littéralement 'Celle qui fait resplendir les Cieux', est la divinité centrale du shintoïsme, la religion indigène du Japon. Plus qu'une simple personnification du soleil, elle est la source de la lumière et de la vie, la garante de l'ordre du monde (le *kami*), et la souveraine du *Takamagahara* (la Plaine du Haut Ciel). Son importance transcende le religieux pour s'ancrer dans le politique, car la maison impériale japonaise fonde sa légitimité sur une descendance directe de la déesse, faisant d'elle le pilier de l'identité nationale et culturelle japonaise.

Origines

Amaterasu est née des ablutions de purification effectuées par son père, Izanagi, après sa fuite du *Yomi* (le monde des morts). Alors qu'Izanagi se lavait le visage dans la rivière, Amaterasu naquit de son œil gauche. Son frère, Tsukuyomi (le dieu de la lune), naquit de son œil droit, et son autre frère, Susanoo (le dieu des tempêtes et de la mer), de son nez. Izanagi lui confia la gouvernance du *Takamagahara* et lui remit le collier de joyaux (Yasakani no Magatama), faisant d'elle la souveraine des *kami* célestes.

Attributs

Amaterasu est la source de toute lumière et chaleur, indispensable à la croissance des cultures et à la vie sur terre. Elle est associée au tissage, activité essentielle et symbolique de la création d'un ordre à partir du chaos. Sa bienveillance n'est pas passive ; elle représente un ordre juste et prospère. Ses trois trésors impériaux – le miroir (Yata no Kagami), le joyau (Yasakani no Magatama) et l'épée (Kusanagi no Tsurugi) – lui sont associés et symbolisent respectivement la sagesse, la bienveillance et la valeur. Le miroir, en particulier, est son *shintai* (corps sacré) et le moyen de la contempler sans être consumé par sa gloire.

Mythes

Le mythe fondateur est celui de la 'Retraite dans la grotte céleste' (*Ama-no-Iwato*). Provoquée par les actes destructeurs et impurs de son frère Susanoo, Amaterasu, outragée, se réfugia dans la grotte Ame-no-Iwato, scellant l'entrée. Le monde fut plongé dans les ténèbres et le chaos. Les huit millions de *kami* se rassemblèrent pour la faire sortir. La déesse Ame-no-Uzume exécuta une danse comique et obscène sur un tonneau renversé, faisant rire aux éclats l'assemblée divine. Intriguée par ces rires, Amaterasu entrouvrit la grotte. On lui présenta alors le miroir Yata no Kagami, dans lequel elle vit son propre reflet, qu'elle prit pour une autre déesse aussi brillante qu'elle. Tandis qu'elle s'approchait, le dieu Ame-no-Tajikarao la saisit et la tira hors de la grotte, rendant la lumière au monde. Susanoo fut banni, et Amaterasu envoya son petit-fils, Ninigi-no-Mikoto, pacifier le Japon, lui confiant les trois trésors sacrés.

Culte

Le sanctuaire principal d'Amaterasu est le grand sanctuaire d'Ise (*Ise Jingū*), dans la préfecture de Mie, le site shinto le plus sacré du Japon. Le sanctuaire intérieur (*Naikū*) y abrite le Yata no Kagami, réplique du miroir original. Le sanctuaire est reconstruit à l'identique tous les vingt ans selon un rituel de renouvellement (*Shikinen Sengū*) symbolisant le cycle de la mort et de la renaissance dans la nature. Son culte est étroitement lié à l'empereur, qui en est le premier desservant. De nombreux autres sanctuaires lui sont dédiés à travers le pays, comme le sanctuaire d'Atsuta à Nagoya (gardien de l'épée Kusanagi) ou le sanctuaire de Meiji à Tokyo.

Influence

Amaterasu reste une figure culturelle majeure au Japon. Elle apparaît dans d'innombrables œuvres d'art, de littérature, de manga, d'anime et de jeux vidéo, souvent comme symbole de puissance solaire et de protection. Son mythe inspire des réflexions sur la résilience, la sortie des périodes sombres et la restauration de l'harmonie. En tant qu'ancêtre mythique de la famille impériale, elle est au cœur de la conception historique de l'État japonais, bien que son rôle politique ait évolué après 1945. Elle incarne l'essence du *kami* : une force à la fois transcendante et immanente, présente dans la nature et dans la lignée des souverains.

Sources

  • Kojiki (Récit des Choses Anciennes, 712 ap. J.-C.)
  • Nihon Shoki (Chroniques du Japon, 720 ap. J.-C.)
  • Engi-shiki (Rituels de l'ère Engi, Xe siècle)
  • Shinto: The Way of the Gods (ouvrages académiques sur le shintoïsme)
  • Mythologie japonaise : récits et études ethnologiques
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