Introduction
Les djinns (ou jinns, génies) sont des créatures fondamentales de la mythologie et de la croyance du monde arabe et musulman. Contrairement aux anges, créés de lumière, et aux humains, créés d'argile, les djinns sont issus d'un « feu d'un vent brûlant » ou d'une « flamme sans fumée », selon le Coran. Cette origine leur confère une nature ambivalente, à la fois physique et spirituelle, et un libre arbitre qui les rend capables de foi, de désobéissance, de bienfaisance ou de malveillance.
Description
La société des djinns est structurée et diversifiée. Il existe différentes classes : les 'Ifrits (puissants et souvent maléfiques), les Marids (les plus forts et orgueilleux), les Ghuls (qui habitent les cimetières et dévorent les cadavres), et les Sila, moins puissants. Ils ont des rois, des religions (certains sont musulmans, chrétiens ou juifs), se marient et procréent. Leur perception du temps est différente, et ils peuvent vivre plusieurs siècles. Leur interaction avec les humains est régie par des règles complexes ; ils peuvent nouer des amitiés, des alliances, ou au contraire, nuire par envie ou méchanceté (on parle alors de « possession » par un djinn). La magie et la sorcellerie sont souvent liées à l'invocation et à la manipulation des djinns.
Origines
Le concept de djinn est antérieur à l'islam, trouvant ses racines dans les croyances animistes et polythéistes de l'Arabie pré-islamique. Ils étaient vénérés comme des esprits de la nature, protecteurs de lieux ou responsables de phénomènes inexplicables. L'islam a intégré et réformé ces croyances en les monothéisant. Le Coran consacre une sourate entière aux djinns (Sourate Al-Jinn) et mentionne à plusieurs reprises qu'ils, comme les humains, ont été créés pour adorer Dieu. Cette reconnaissance scripturaire a solidifié leur place dans la cosmologie islamique.
Recits
Parmi les récits les plus célèbres figure l'histoire du roi Salomon (Sulayman), à qui Dieu donna la faculté de commander aux djinns, aux vents et aux animaux. Les djinns construisaient pour lui des palais et accomplissaient d'autres tâches prodigieuses. Les *Mille et Une Nuits* regorgent d'histoires de djinns, comme celle d'Aladin et du génie de la lampe, ou du pêcheur et du génie scellé dans une jarre. Ces contes ont popularisé en Occident l'image du « génie exauçant les souhaits », une facette très spécifique et souvent édulcorée d'une réalité bien plus complexe.
Symbolisme
Les djinns symbolisent les forces invisibles du monde, les désirs cachés, les peurs et les tentations. Ils représentent l'inconnu, l'altérité radicale, et les conséquences imprévisibles de nos souhaits les plus chers. Leur capacité de métamorphose évoque l'illusion et la duperie. Dans un sens plus large, ils incarnent les aspects sauvages et indomptés de la nature et de l'âme humaine, devant être apprivoisés ou conjurés par la foi, la connaissance et la pureté rituelle.
Culture Populaire
Les djinns ont largement dépassé le cadre des croyances traditionnelles. Outre les *Mille et Une Nuits*, ils apparaissent dans des œuvres comme *Le Djinn* de Tahar Ben Jelloun, la série *American Gods* de Neil Gaiman, ou les jeux vidéo *Final Fantasy* et *Persona 5*. Le cinéma les a souvent représentés, des classiques comme *Le Voleur de Bagdad* (1940) aux productions hollywoodiennes comme *La Momie* (1999) ou *Aladdin* de Disney. Dans la culture arabe contemporaine, ils restent des figures vivantes du folklore, évoqués dans les séries télévisées, les chansons et les conversations quotidiennes pour expliquer des événements étranges.
