Introduction
The Doors, formé à Los Angeles en 1965, est l'un des groupes les plus influents et controversés de l'ère du rock psychédélique. Leur nom est tiré du livre d'Aldous Huxley, 'Les Portes de la perception', lui-même inspiré d'une citation du poète William Blake. Leur musique, souvent sombre et hypnotique, servait de véhicule aux explorations poétiques et philosophiques de Jim Morrison, abordant des thèmes comme la mort, l'érotisme, la rébellion et la transcendance. Leur carrière, bien que brève (1965-1973), a laissé une empreinte indélébile sur la culture populaire.
Debuts
Le groupe s'est formé après une rencontre fortuite entre Jim Morrison et Ray Manzarek, anciens camarades de l'UCLA Film School, sur la plage de Venice. Morrison récite ses poèmes, dont 'Moonlight Drive'. Manzarek, impressionné, propose de former un groupe. Ils recrutent le guitariste Robby Krieger, un joueur de flamenco qui apporte un son unique, et le batteur John Densmore, un jazzman. Leur réputation se forge dans les clubs mythiques du Sunset Strip, notamment le Whisky a Go Go, où leurs performances improvisées et les provocations scéniques de Morrison deviennent légendaires. Ils signent avec Elektra Records en 1966.
Succes
Leur premier album éponyme, 'The Doors' (1967), est un succès foudroyant, porté par le single 'Light My Fire', qui devient un hymne générationnel. Leur passage télévisé controversé dans l'émission 'The Ed Sullivan Show', où Morrison refuse de censurer le mot 'higher', les propulse dans la controverse nationale. Les albums suivants, 'Strange Days' (1967), 'Waiting for the Sun' (1968) et 'The Soft Parade' (1969), consolident leur statut de superstars, malgré des tensions internes croissantes. L'apogée scénique est atteint avec des concerts électriques, mais les frasques judiciaires de Morrison (notamment l'affaire de Miami en 1969 pour exhibitionnisme présumé) et son addiction l'alourdissent. Les albums 'Morrison Hotel' (1970) et 'L.A. Woman' (1971) marquent un retour à un son plus brut, bluesy. Jim Morrison meurt à Paris le 3 juillet 1971, à 27 ans. Le groupe continue brièvement avant de se dissoudre en 1973.
Style
Le son des Doors est immédiatement reconnaissable. Il repose sur l'absence de bassiste : Ray Manzarek joue les lignes de basse avec sa main gauche sur un piano Fender Rhodes ou un orgue Vox Continental, tandis que sa main droite assure les mélodies et les nappes. Cela crée un paysage sonore à la fois ample et minimaliste. La batterie jazzy de John Densmore et la guitare fluide, influencée par le flamenco et le blues, de Robby Krieger s'y entrelacent. Par-dessus, la voix de baryton de Jim Morrison, tour à tour chuchotante, incantatoire ou hurlante, et ses textes d'une richesse littéraire rare dans le rock, complètent cette alchimie unique. Leur musique navigue entre le blues-rock, le psychédélique organique, le jazz et la pop.
Influence
L'influence des Doors est immense et multiforme. Ils ont prouvé que le rock pouvait être un médium pour une expression artistique et intellectuelle ambitieuse. Leur fusion de poésie, de théâtre et de musique a influencé des générations de musiciens, des punks (Iggy Pop, The Stooges) aux artistes gothiques et alternatifs (Echo & the Bunnymen, The Cult, Nick Cave). Le personnage de Jim Morrison, archétype du poète maudit et rebelle, est devenu une icône culturelle permanente. Leur exploration des thèmes sombres de l'âme humaine a ouvert la voie à un rock plus introspectif et existentialiste. Leur héritage est perpétué dans le cinéma, la littérature et reste une référence absolue dans l'histoire du rock.
Discographie
La discographie originale des Doors avec Jim Morrison comprend six albums studio, publiés entre 1967 et 1971. Chaque album reflète une évolution, du psychédélisme pur de leurs débuts au blues roots de la fin. 'The Doors' est un classique immédiat. 'Strange Days' approfondit l'expérimentation studio. 'Waiting for the Sun' contient leur hit politique 'The Unknown Soldier'. 'The Soft Parade' intègre des arrangements orchestraux controversés. 'Morrison Hotel' est un retour rugueux au blues-rock. Enfin, 'L.A. Woman', enregistré presque en live en studio, est considéré comme leur testament artistique, un album sombre, puissant et abouti, contenant des titres majeurs comme 'Riders on the Storm' et la chanson-titre.
