Ella Fitzgerald

Surnommée "The First Lady of Song" ou "Lady Ella", Ella Fitzgerald est considérée comme l'une des plus grandes chanteuses de jazz de l'histoire. Sa carrière s'étend sur six décennies, marquée par une technique vocale impeccable, une tessiture de trois octaves, une diction parfaite et une maîtrise inégalée du scat. Elle a remporté 14 Grammy Awards et a vendu plus de 40 millions d'albums.

Introduction

Ella Jane Fitzgerald (1917-1996) est une icône absolue de la musique américaine, une artiste dont la voix pure, le phrasé swing et l'improvisation joyeuse ont transcendé les barrières raciales et défini l'art du chant jazz. Son héritage est celui d'une interprète complète, capable de donner vie à une ballade avec une émotion déchirante comme de scat avec la virtuosité d'un instrumentiste de bebop. Sa longévité et son immense succès populaire et critique en font une figure centrale de la culture du XXe siècle.

Debuts

Née à Newport News, en Virginie, et élevée à Yonkers, près de New York, Ella Fitzgerald connaît une jeunesse difficile. Après la mort de sa mère, elle vit un temps dans la rue. Sa carrière débute de façon légendaire en 1934, à l'âge de 17 ans, lorsqu'elle remporte un concours amateur à l'Apollo Theater de Harlem, où elle avait initialement prévu de danser. Sa prestation impressionne le batteur et chef d'orchestre Chick Webb, qui l'engage dans son big band. Avec Webb, elle enregistre son premier tube en 1938, une adaptation de la comptine "A-Tisket, A-Tasket", qui la propulse au rang de star.

Succes

Après la mort de Chick Webb en 1939, Fitzgerald dirige le groupe pendant quelques années avant de se lancer en solo. Les années 1940 la voient perfectionner son art du scat, notamment avec des collaborations comme "Flying Home" (1945). Mais c'est dans les années 1950, sous l'impulsion de son manager (et fondateur de Verve) Norman Granz, que sa carrière atteint des sommets. Granz lance la série ambitieuse des "Songbooks", consacrés aux plus grands compositeurs de la Great American Songbook (Cole Porter, George et Ira Gershwin, Rodgers & Hart, Duke Ellington, etc.). Ces albums, enregistrés avec les meilleurs arrangeurs (Nelson Riddle, Billy May), sont des monuments qui ont sauvé de l'oubli et magnifié le répertoire de la chanson américaine. Ses tournées mondiales avec le Jazz at the Philharmonic de Granz la consacrent comme une attraction internationale.

Style

Le style d'Ella Fitzgerald est caractérisé par une clarté et une justesse de ton quasi instrumentales. Sa voix était un instrument de précision, agile, souple et d'une pureté cristalline. Elle était une improvisatrice géniale, particulièrement dans le scat, où elle imitait et dialoguait avec les solistes de l'orchestre avec une inventivité et une joie communicatives. Contrairement à Billie Holiday, elle privilégiait l'optimisme et la légèreté, même dans les ballades, qu'elle traitait avec une élégance et une retenue émouvante. Sa capacité à swinguer avec une aisance naturelle était inégalée.

Influence

L'influence d'Ella Fitzgerald est immense et universelle. Elle a élevé le chant jazz au rang d'art majeur et a démontré qu'une voix pouvait rivaliser en complexité et en inventivité avec n'importe quel instrument. Presque toutes les chanteuses qui ont suivi, de Sarah Vaughan et Carmen McRae à Diana Krall et même des artistes pop, lui doivent quelque chose. Elle a aussi joué un rôle crucial dans la lutte pour les droits civiques ; Norman Granz exigeait pour elle des conditions égales à celles des musiciens blancs, brisant de nombreuses barrières raciales dans l'industrie du spectacle.

Discographie

La discographie d'Ella Fitzgerald est colossale, avec plus de 200 albums. Les piliers incontournables sont les "Songbooks" (1956-1964), en particulier ceux dédiés à Cole Porter et aux Gershwin. Parmi ses autres albums majeurs, on trouve "Ella Fitzgerald Sings the Duke Ellington Songbook" (1957), "Ella and Louis" (1956) et son pendant "Ella and Louis Again" (1957), duo mythique avec Louis Armstrong, "Ella in Berlin: Mack the Knife" (1960) - live où elle récupère magistralement un trou de mémoire -, et "Clap Hands, Here Comes Charlie!" (1961). Même à la fin de sa carrière, des albums comme "The Best Is Yet to Come" (1982) témoignent de sa classe intacte.

Sources

  • Ella Fitzgerald: A Biography of the First Lady of Jazz, par Stuart Nicholson
  • The Ella Fitzgerald Charitable Foundation (archives officielles)
  • Encyclopédie Britannica, entrée 'Ella Fitzgerald'
  • Discographie et archives Verve Records/Universal Music Group
  • National Endowment for the Arts - Biographie officielle
  • Grammy Awards - Base de données des lauréats
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