Introduction
Le xylophone est un instrument de percussion à sons déterminés, caractérisé par une série de lames de bois accordées selon une échelle musicale, disposées à la manière d'un clavier de piano. Chaque lame est suspendue au-dessus d'un résonateur tubulaire qui amplifie et enrichit le son. Sa sonorité est sèche, cliquetante et très articulée, avec un attaque rapide et un décours court, ce qui le distingue de son cousin au son plus doux et soutenu, le marimba. Il occupe une place essentielle dans l'orchestre symphonique, les ensembles de percussion, la musique contemporaine et reste un instrument fondamental dans de nombreuses cultures traditionnelles.
Histoire
L'histoire du xylophone est ancienne et géographiquement dispersée. Les premières formes primitives, constituées de lames posées sur les jambes ou sur des troncs de bananier, sont attestées en Asie du Sud-Est vers 2000 av. J.-C. (type 'ranat' en Thaïlande). L'instrument s'est développé indépendamment en Afrique subsaharienne, où il a pris des formes sophistiquées comme le 'balafon' des cultures mandingues, équipé de calebasses résonatrices. Il est introduit en Europe au Moyen Âge, probablement via les routes commerciales. Le xylophone moderne, avec ses résonateurs en métal et son agencement chromatique, se fixe au XIXe siècle. Le compositeur Camille Saint-Saëns l'immortalise dans la « Danse macabre » (1874), exploitant son timbre squelettique. Au XXe siècle, il devient un élément standard de l'orchestre et des ensembles de percussion, grâce à des virtuoses comme le percussionniste américain Red Norvo en jazz.
Fabrication
La fabrication est un travail de précision. Les lames, taillées dans des bois durs et denses comme le palissandre du Honduras, sont soigneusement profilées : leur longueur détermine la hauteur, leur largeur et épaisseur influencent le timbre et la réponse. Une arche est découpée sous chaque lame pour définir la fréquence fondamentale. L'accordage final se fait par abrasion minutieuse du bois au centre (pour baisser la note) ou aux extrémités (pour la monter). Chaque lame est percée aux nœuds de vibration et suspendue par des cordes élastiques sur un cadre. En dessous, des tubes résonateurs en aluminium, de longueur calculée (1/4 de la longueur d'onde de la note), sont alignés pour amplifier le son. Les maillets, à tête dure (caoutchouc, plastique, bois), sont choisis en fonction de la dureté de son désirée.
Technique
Le jeu requiert une grande dextérité et une indépendance des mains. Le percussionniste utilise généralement deux à quatre maillets (parfois six pour des œuvres virtuoses), tenus entre les doigts selon des techniques comme la prise « Burton » (deux maillets en pince) ou « Stevens » (indépendante). Les coups peuvent être simples, en roulé (tremolo), en accords, ou en sauts rapides. La zone de frappe est cruciale : le centre de la lame produit le son le plus plein, tandis que frapper près des bords donne un son plus sec. Les techniques avancées incluent l'utilisation de maillets de différentes duretés pour modifier le timbre, et des effets comme le « glissando » en frottant une lame avec l'extrémité d'un maillet.
Repertoire
Le répertoire est vaste. En musique classique, il est mis en valeur dans des œuvres comme « Danse macabre » de Saint-Saëns, « Le Tour du monde en 80 jours » de Nino Rota, ou « Fossiles » du « Carnaval des Animaux ». Il est central dans la musique contemporaine pour percussion (œuvres de Steve Reich, Iannis Xenakis). En jazz, il a été popularisé par des artistes comme Red Norvo, Lionel Hampton (au vibraphone, un instrument dérivé) et Gary Burton. Son répertoire traditionnel est immense, notamment avec le balafon ouest-africain (musique des griots), le timbila du Mozambique, ou le gamelan indonésien (où le gambang est un type de xylophone).
Musiciens Celebres
Parmi les grands noms figurent le percussionniste classique **Evelyn Glennie**, virtuose incontestée ; **Keiko Abe**, compositrice et marimbiste japonaise ayant aussi beaucoup œuvré pour le xylophone ; **Bob Becker**, membre du célèbre ensemble NEXUS ; **Red Norvo**, pionnier du xylophone en jazz dans les années 1930-40. Dans la tradition, des maîtres comme **El Hadj Djeli Sory Kouyaté** (Guinée, balafon) et **Lassana Diabaté** (Mali, balafon) sont des figures majeures.
