Introduction
Le trombone est un instrument à embouchure dont la caractéristique distinctive est sa coulisse mobile, remplaçant les pistons de la plupart des autres cuivres. Cette mécanique ingénieuse lui confère une agilité et une justesse particulières dans les glissandi (coulissés). Son timbre, à la fois majestueux et véloce, lui permet de jouer un rôle polyvalent, de la basse solide au chant lyrique, en passant par les effets comiques ou dramatiques. Il est un pilier des pupitres de cuivres.
Histoire
Le trombone descend directement de la sacqueboute, instrument de la Renaissance apparu vers 1450. Son nom vient de l'italien 'tromba' (trompette) et '-one' (grand), signifiant 'grande trompette'. Il fut l'un des premiers cuivres à pouvoir jouer une gamme chromatique complète, ce qui lui valut une place importante dans la musique sacrée et les ensembles de cour. Utilisé par des compositeurs comme Monteverdi, il gagna l'orchestre classique avec Gluck, Mozart (notamment dans la 'Messe en ut mineur' et 'Don Giovanni') et Beethoven (dans les 5e et 9e Symphonies). Le 19e siècle vit l'ajout du pavillon évasé et l'essor du trombone à pistons. Au 20e siècle, il devint un instrument essentiel du jazz, du swing et des big bands, grâce à des virtuoses comme Tommy Dorsey et Glenn Miller.
Fabrication
La fabrication est un processus artisanal et industriel précis. Le tube principal, le pavillon et la coulisse sont façonnés à partir de feuilles de laiton, puis soudés. La coulisse, composée de deux tubes parallèles (les branches), doit être parfaitement alignée et polie pour un glissement fluide. Les pièces sont ensuite martelées ou embouties sur des mandrins pour leur donner leur forme. Viennent les étapes de brasage, de polissage, de vernissage ou de laquage, et enfin l'assemblage des différentes sections (pavillon, coulisse, barillet de réglage, embouchure). La qualité de l'alliage et la précision de l'ajustage de la coulisse sont déterminantes pour la sonorité et la facilité de jeu.
Technique
Le son est produit par la vibration des lèvres du musicien dans l'embouchure. La hauteur de la note dépend de deux paramètres combinés : la tension des lèvres (série d'harmoniques) et la longueur du tube, modifiée par la position de la coulisse. Il existe sept positions, chacune abaissant la fondamentale d'un demi-ton. La technique de la coulisse permet des legatos parfaits et des glissandi expressifs. Le jeu requiert un contrôle précis du souffle, de l'embouchure et du bras droit qui manœuvre la coulisse. Les techniques étendues incluent le trille de coulisse, le growl (vocalisation dans l'instrument), les sons multiphoniques et les sourdines (straight, cup, harmon).
Repertoire
Le répertoire du trombone est vaste. En musique classique, il brille dans des concertos (comme ceux de Nikolai Rimsky-Korsakov, Ferdinand David, et plus récemment, Henri Tomasi ou Launy Grøndahl), et est essentiel dans les œuvres orchestrales de Berlioz, Wagner, Mahler, Stravinsky et Chostakovitch. Il tient une place centrale dans l'orchestre d'harmonie et les fanfares. En jazz, il est fondamental dans le style New Orleans, le swing, le bebop (J.J. Johnson) et les explorations modernes. Il est également très présent dans le ska, la salsa, le funk et les musiques de films.
Musiciens Celebres
Parmi les grands noms classiques : Joseph Alessi (ancien soliste du New York Philharmonic), Christian Lindberg (soliste et compositeur), Ian Bousfield, Jacques Mauger. Dans le jazz et la musique populaire : Tommy Dorsey (le 'Sentimental Gentleman of Swing'), Glenn Miller, J.J. Johnson (pionnier du bebop au trombone), Urbie Green, Slide Hampton, Wycliffe Gordon, et le français Glenn Ferris. Le tromboniste français Michel Becquet a également marqué la scène classique et pédagogique.
