Introduction
La clarinette est un instrument à vent à anche simple et perce cylindrique, ce qui la distingue fondamentalement du hautbois (anche double) et de la flûte (sans anche). Cette perce cylindrique lui confère une riche série d'harmoniques impairs, produisant ce son caractéristique, à la fois doux dans le registre grave (chalumeau) et éclatant dans l'aigu (clairon). Sa polyvalence et son étendue en font l'un des instruments les plus complets de l'orchestre.
Histoire
La clarinette moderne est une évolution du « chalumeau », un instrument populaire du Moyen Âge. L'innovation décisive revient à Johann Christoph Denner, un facteur d'instruments de Nuremberg, vers 1700. Il ajouta une clé pour le pouce et améliora le pavillon, permettant de jouer sur une douzième (et non une octave), créant ainsi un nouveau registre. Au cours du XVIIIe siècle, des clés supplémentaires furent ajoutées. La clarinette à 13 clés du facteur Iwan Müller (début XIXe) fut une étape majeure. Le système moderne dit « système Boehm », perfectionné par le facteur français Hyacinthe Klosé et l'ingénieur Louis-Auguste Buffet vers 1840, s'imposa finalement dans la plupart des pays. Il offre une grande justesse et une ergonomie améliorée, bien que le « système Oehler » (plus complexe) reste utilisé en Allemagne et Autriche.
Fabrication
La fabrication d'une clarinette est un processus artisanal exigeant. Pour les modèles en bois, le corps est tourné dans un bloc d'ébène (grenadille) ou d'autre bois dense, puis percé avec une extrême précision. Les trous sont forés et alésés. Les clés, en maillechort argenté ou nickelé, sont estampées, limées, polies et montées sur des axes. Le tamponnage (feutre et peau) assure l'étanchéité. L'embouchure, généralement en ébonite (caoutchouc durci) ou en cristal, est usinée séparément. L'anche, élément crucial, est taillée dans un roseau (Arundo donax) de qualité. Chaque instrument est ensuite réglé et accordé avec soin par le facteur.
Technique
Le son est produit par la vibration d'une anche simple fixée sur l'embouchure par une ligature. Le souffle de l'instrumentiste fait vibrer l'anche contre le bec, mettant en vibration la colonne d'air dans le corps cylindrique. La technique fait appel au contrôle du souffle (soutien diaphragmatique), à l'embouchure (position des lèvres et pression) et à un doigté complexe utilisant les neuf doigts sur les trous et les nombreuses clés. La clarinette permet une grande agilité, des legatos très liés, un staccato précis, des trilles et des effets comme le glissando, le frullato (roulement de langue) ou les sons multiphoniques.
Repertoire
Le répertoire de la clarinette est immense. En musique classique, des compositeurs comme Mozart (Concerto et Quintette), Weber (deux concertos), Brahms (sonates, quintette), Debussy (Première Rhapsodie), Copland (Concerto) et Nielsen (Concerto) lui ont dédié des chefs-d'œuvre. Elle est essentielle dans l'orchestre symphonique (ex: ouverture de « La Traviata » de Verdi, « Scheherazade » de Rimsky-Korsakov). En musique de chambre, elle brille dans le Trio pour clarinette, violoncelle et piano de Beethoven ou le « Histoire du Soldat » de Stravinsky. Dans le jazz, elle fut l'instrument roi de l'ère swing avec Benny Goodman, Artie Shaw et Woody Herman. Elle est également centrale dans les musiques klezmer (Giora Feidman), traditionnelles d'Europe de l'Est et dans certains styles de musique populaire.
Musiciens Celebres
Parmi les grands clarinettistes classiques, on compte : Anton Stadler (dédicataire de Mozart), Heinrich Baermann, Richard Mühlfeld (inspiration de Brahms), et au XXe/XXIe siècles : Benny Goodman (également roi du swing), Jack Brymer, Gervase de Peyer, Karl Leister, Sabine Meyer, Martin Fröst, Sharon Kam. Dans le jazz : Benny Goodman, Artie Shaw, Woody Herman, Sidney Bechet (utilisant le saxophone soprano mais avec un son de clarinette), Buddy DeFranco, Eddie Daniels. En musique traditionnelle/klezmer : Giora Feidman, David Krakauer.
