Introduction
Le dubstep est un phénomène musical qui a émergé des sound systems londoniens pour devenir une force dominante dans la culture électronique mondiale. Né dans l'underground, il a suivi une trajectoire fascinante, passant de productions expérimentales et atmosphériques à un son de stade énergique, tout en conservant une scène underground vibrante. Son impact sur la production musicale, la culture des festivals et la pop moderne est indéniable.
Description
Le dubstep est un genre de musique électronique axé sur la basse. Sa signature sonore la plus reconnaissable est le "wobble bass" ou "reece bass", une ligne de basse synthétique modulée par un oscillateur à basse fréquence (LFO) pour créer un son tremblant, guttural et rythmique. La structure rythmique est typiquement construite autour d'un motif de caisse claire sur le troisième temps (le "clap" ou "snare") et de rythmes de charleston ou de percussions complexes en demi-temps, créant un groove syncopé et lourd. L'espace et l'écho (inspirés du dub jamaïcain) sont des éléments clés, avec des breaks souvent épurés laissant place à des effets de réverbération et de delay sur les voix ou les samples. Le tempo standard est de 140 BPM, mais peut varier. Le genre se divise en deux grandes branches : le "brostep" américain, plus agressif et axé sur les drops mélodiques et les leads perçants, et le dubstep britannique originel, plus sombre, minimaliste et centré sur les sub-basses.
Histoire
Le dubstep trouve ses racines à la fin des années 1990 dans le sud de Londres, notamment à Croydon, avec des clubs comme le "Forward>>" et des soirées comme "Plastic People". Des producteurs comme Horsepower Productions, El-B et Zed Bias ont posé les bases en mélangeant les éléments sombres du 2-step garage, les basses profondes du dub jamaïcain et les breaks du drum and bass. La station de radio pirate Rinse FM, avec des DJs comme Hatcha, Youngsta et Kode9, a été cruciale pour sa diffusion. Le label Big Apple Records à Croydon a servi de plaque tournante. La première vague d'artistes majeurs inclut Skream, Benga, Digital Mystikz (Mala et Coki) et Loefah. Le milieu des années 2000 a vu l'émergence du son "dungeon", plus sombre et réverbéré. Le tournant mondial est arrivé vers 2009-2010 lorsque des producteurs comme Rusko et Caspa ont popularisé un son plus énergique, et que des artistes américains comme Skrillex, avec son EP "Scary Monsters and Nice Sprites" (2010), ont créé le "brostep", caractérisé par des distorsions extrêmes et des structures de chanson agressives, propulsant le genre dans les charts et les grands festivals.
Caracteristiques
1. **Rythme et Tempo** : Tempo standard de 140 BPM. Rythme en demi-temps, où la grosse caisse et la caisse claire ne frappent qu'une fois sur deux mesures, créant un groove traînant et puissant. Le "clap" ou "snare" sur le troisième temps est une constante. 2. **La Basse** : Élément central. Inclut les sub-basses profondes (infra-basses) et les basses moyennes modulées (wobble bass). Le son de basse est souvent créé avec des synthétiseurs logiciels comme Massive, Serum ou FM8. 3. **Structure** : Souvent construite autour d'une tension et d'un "drop". L'intro et le break créent une atmosphère, accumulant de l'énergie pour relâcher un "drop" où la basse et le rythme principal font leur entrée. 4. **Production** : Utilisation intensive de traitements comme la compression parallèle (pour le punch), la distortion sur les basses, et des effets de spatialisation (réverbération, delay, filtres). Les samples de voix, souvent tirés de films ou de culture sound system, sont courants. 5. **Instrumentation** : Presque exclusivement électronique et produite en studio (DAW). Peut incorporer des éléments acoustiques échantillonnés ou, dans sa forme live, des instruments comme des batteries acoustiques (pendant les lives de groupes comme Pendulum).
Importance
Le dubstep a eu un impact profond sur la musique électronique et la culture populaire. Il a été un vecteur majeur de la popularisation mondiale de la musique de bass, ouvrant la voie à des genres comme le trap, le future bass et l'EDM. Son esthétique de production (le "drop", le traitement des basses) a été largement adoptée dans la pop, le hip-hop et le rock. Il a redéfini l'expérience des festivals de musique électronique, avec des shows visuels spectaculaires. Malgré la commercialisation du brostep, la scène underground originale, parfois appelée "deep dubstep" ou "140", reste très active, avec des labels comme Deep Medi, Tempa et System continuant de promouvoir un son plus fidèle aux origines. Le dubstep a ainsi créé un dialogue permanent entre le mainstream et l'underground, entre l'agression sonore et la subtilité atmosphérique.
