Introduction
Giuseppe Verdi est l'un des plus grands compositeurs d'opéra de l'histoire. Son œuvre, profondément ancrée dans l'esprit du Romantisme, a transcendé la musique pour devenir un symbole politique et culturel de l'Italie en quête d'unité et d'indépendance. Sa carrière, longue et prolifique, a façonné l'art lyrique italien, marquant le passage du bel canto à un drame musical plus intense et psychologique. Véritable monument national de son vivant, son héritage reste omniprésent sur les scènes du monde entier.
Jeunesse
Né dans une famille modeste d'aubergistes, Verdi montre très tôt des prédispositions musicales. Il étudie l'orgue et le piano, et bénéficie du soutien d'un mécène, Antonio Barezzi, qui financera sa formation à Milan. Le Conservatoire de Milan le refuse pour des raisons d'âge et de technique pianistique jugée insuffisante. Il étudie alors en privé avec Vincenzo Lavigna, ancien chef d'orchestre de La Scala. Ces années milanaises sont cruciales pour sa culture musicale et théâtrale. Il retourne à Busseto, épouse la fille de son mécène, Margherita Barezzi, et connaît ses premières tragédies personnelles avec la mort prématurée de ses deux enfants en bas âge, puis de son épouse en 1840, alors qu'il travaille à son deuxième opéra, 'Un giorno di regno', qui est un échec cuisant.
Carriere
Sa carrière décolle véritablement en 1842 avec le triomphe de 'Nabucco', dont le chœur 'Va, pensiero' devient l'hymne non officiel du Risorgimento. Les années 1840-1850 sont ses 'années de galère', durant lesquelles il produit une série d'opéras à un rythme effréné, consolidant sa renommée ('I Lombardi', 'Ernani', 'Macbeth'). Sa 'trilogie populaire' – 'Rigoletto' (1851), 'Il Trovatore' (1853) et 'La Traviata' (1853) – le consacre comme le maître de l'opéra italien. Après une pause, il revient avec des œuvres commandées par des théâtres étrangers : 'Les Vêpres siciliennes' pour Paris, 'Simon Boccanegra', 'Un ballo in maschera', et les monumentaux 'La forza del destino' et 'Don Carlos'. Sa collaboration avec le librettiste Arrigo Boito donne naissance à ses deux derniers chefs-d'œuvre shakespeariens, 'Otello' (1887) et 'Falstaff' (1893), ce dernier composé à 80 ans, couronnant sa carrière par une comédie lyrique d'une inventivité prodigieuse.
Style
Le style de Verdi évolue considérablement. Ses premières œuvres s'inscrivent dans la tradition du bel canto (Bellini, Donizetti) tout en y injectant une vigueur dramatique nouvelle. Progressivement, il affine l'intégration entre l'orchestre et la voix, créant un flux musical continu qui sert le drame. Ses mélodies, souvent immédiatement mémorables, sont au service de la caractérisation psychologique des personnages. Il maîtrise l'art des grands ensembles (finales) et des scènes dramatiques intenses. Dans ses dernières œuvres, l'influence de Wagner (qu'il admirait sans l'imiter) se perçoit dans une orchestration plus riche, un contrepoint plus complexe et une forme plus organique, sans jamais sacrifier la primauté de la ligne vocale italienne.
Oeuvres Majeures
Parmi ses 28 opéras, certains sont des piliers absolus du répertoire. 'Nabucco' (1842) est l'œuvre fondatrice de son mythe patriotique. 'Macbeth' (1847) est sa première incursion shakespearienne, révolutionnaire par son traitement du drame. 'Rigoletto' (1851) est un chef-d'œuvre d'architecture dramatique et mélodique. 'Il Trovatore' (1853) incarne l'opéra vériste par ses passions exacerbées. 'La Traviata' (1853) est une tragédie bourgeoise d'une modernité et d'une humanité bouleversantes. 'Aida' (1871) est l'apogée de son grand opéra, somptueux et intime. 'Otello' (1887) est considéré comme l'un des plus grands opéras jamais écrits, fusionnant parfaitement drame et musique. 'Falstaff' (1893) est un miracle de légèreté, d'humour et de virtuosité contrapuntique.
Heritage
Verdi est bien plus qu'un compositeur : il est un héros national italien. Son nom était un acronyme politique pour 'Vittorio Emanuele Re D'Italia'. Il fut élu député puis sénateur. Son héritage musical est immense : il a porté l'opéra italien à son apogée et a influencé toutes les générations suivantes, de Puccini aux véristes. Sa musique, par son humanisme, son sens théâtral infaillible et sa puissance émotionnelle, parle à tous les publics. La 'Casa di Riposo per Musicisti' qu'il fonda à Milan pour les musiciens âgés témoigne de sa générosité. Sa mort, à Milan, provoqua un deuil national et des funérailles grandioses auxquelles des centaines de milliers de personnes assistèrent, entonnant spontanément le 'Va, pensiero'.
