Franz Peter Schubert

Romantique

Compositeur autrichien prolifique du début du romantisme, génie mélodique inégalé, maître du lied et auteur d'une œuvre immense malgré une vie brève. Il a profondément renouvelé la musique de chambre, la symphonie et la musique pour piano.

Introduction

Franz Schubert est l'une des figures les plus poignantes et prolifiques de l'histoire de la musique. En à peine 31 ans, il a composé un corpus monumental de plus de 600 lieder, 9 symphonies, une quinzaine d'opéras, de la musique sacrée et une abondante musique de chambre et pour piano. Vivant dans l'ombre de Beethoven, qu'il vénérait, Schubert a pourtant forgé un langage musical unique, caractérisé par un lyrisme intime, une harmonie audacieuse et une exploration profonde des émotions humaines. Son œuvre, longtemps méconnue du grand public, est aujourd'hui considérée comme un pilier du répertoire romantique.

Jeunesse

Né dans une famille modeste, Franz est le fils d'un instituteur. Il reçoit ses premières leçons de musique de son père et de son frère aîné, puis est admis comme choriste à la Chapelle de la Cour impériale de Vienne, où il bénéficie d'une solide éducation générale et musicale au Stadtkonvikt. Il étudie notamment avec Antonio Salieri. Très tôt, son talent de composition éclate : ses premiers lieder, quatuors à cordes et pièces pour piano datent de ses années d'étudiant. Contraint de devenir instituteur assistant de son père à partir de 1814, il compose frénétiquement pendant ses temps libres.

Carriere

Schubert quitte l'enseignement en 1818 pour se consacrer entièrement à la composition, vivant modestement de leçons privées et du soutien d'un cercle d'amis artistes et intellectuels, le « Schubertiade ». Cette société informelle était le principal public de ses œuvres, jouées lors de soirées privées. Contrairement à Beethoven, il n'a pas occupé de poste officiel, n'a pas dirigé d'orchestre et n'a donné qu'un unique concert public de ses œuvres en 1828. Sa carrière fut donc discrète, et une grande partie de son œuvre majeure (les dernières symphonies, les quatuors « La Jeune Fille et la Mort » et en sol majeur, la sonate en si bémol majeur) ne fut découverte et publiée qu'après sa mort. Il meurt à 31 ans des suites de la syphilis, dans un dénuement relatif.

Style

Le style de Schubert opère une synthèse unique entre la forme classique héritée de Mozart et de Haydn, et l'expression subjective et poétique du romantisme naissant. Il est avant tout le maître absolu du lied (mélodie avec accompagnement de piano), qu'il porte à un niveau artistique inédit, notamment à travers les cycles « La Belle Meunière » et « Voyage d'hiver », véritables drames psychologiques en musique. Son harmonie est inventive, utilisant des modulations lointaines et expressives. Il développe aussi une forme de développement thématique basée sur la variation et la « promenade » harmonique, plutôt que sur le conflit dramatique beethovénien. Son orchestration est colorée et évocatrice.

Oeuvres Majeures

Parmi ses œuvres majeures figurent la Symphonie n°8 en si mineur, dite « Inachevée » (1822), chef-d'œuvre énigmatique en deux mouvements ; la Symphonie n°9 en ut majeur, dite « La Grande » (1826), d'une ampleur et d'une vitalité remarquables ; le cycle de lieder « Voyage d'hiver » (1827), sommet de l'expression de la solitude et du désespoir ; le Quintette à cordes en ut majeur (1828) avec deux violoncelles ; la Fantaisie en fa mineur pour piano à quatre mains (1828) ; la dernière sonate pour piano en si bémol majeur (1828) ; et l'impressionnante série de messes et de musique sacrée, dont la Messe en mi bémol majeur (1828).

Heritage

L'héritage de Schubert est immense. Considéré comme le père du lied romantique, il a influencé tous les compositeurs de mélodies qui lui ont succédé, de Schumann et Brahms à Wolf et Mahler. Ses innovations harmoniques ont ouvert la voie à des compositeurs comme Bruckner et même à la musique du XXe siècle. La redécouverte de ses œuvres symphoniques et de chambre à partir du milieu du XIXe siècle a révélé un géant de la musique absolue. Son art, qui mêle grâce mélodique, profondeur tragique et moments de pure joie, continue de captiver par son humanité et son génie intemporel.

Anecdotes

Sources

  • Brigitte Massin, « Franz Schubert », Fayard, 1993.
  • Collectif, « Dictionnaire de la musique », Larousse, 2005.
  • Gerald Moore, « Le Lied et ses maîtres », Buchet/Chastel, 1971.
  • The New Grove Dictionary of Music and Musicians, « Schubert, Franz ».
  • Documentaire « Franz Schubert: The Greatest Love and the Greatest Sorrow » (BBC).
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