Ennio Morricone

Musique de film (XXe-XXIe siècles)

Compositeur, chef d'orchestre et arrangeur italien de renommée mondiale, célèbre pour ses musiques de films, notamment pour les westerns spaghetti de Sergio Leone. Il a composé plus de 500 partitions pour le cinéma et la télévision, marquant l'histoire de la musique de film par son innovation et son éclectisme.

Introduction

Ennio Morricone est une figure monumentale de la musique du XXe siècle, ayant transcendé le genre de la musique de film pour l'élever au rang d'art majeur. Sa collaboration emblématique avec le réalisateur Sergio Leone a redéfini le western et offert au cinéma mondial des partitions inoubliables. Au-delà de ce genre, son œuvre immense et variée, couronnée par deux Oscars et de nombreux prix internationaux, témoigne d'une créativité sans limites, mêlant influences classiques, expérimentations avant-gardistes et musique populaire.

Jeunesse

Ennio Morricone naît dans le quartier du Trastevere à Rome. Son père, Mario, est trompettiste professionnel et lui enseigne les bases de la musique. Enfant prodige, il compose sa première œuvre à six ans. Il entre à l'Académie nationale de Sainte-Cécile à Rome à douze ans, où il étudie la trompette, l'orchestration et la composition sous la direction de Goffredo Petrassi, un compositeur majeur de la musique contemporaine italienne. Diplômé en trompette en 1946 et en composition en 1954, il commence sa carrière en tant qu'arrangeur et trompettiste pour la radio et en enregistrant des chansons populaires, une expérience formatrice qui influencera son style éclectique.

Carriere

Sa carrière cinématographique débute sérieusement au début des années 1960. La rencontre avec Sergio Leone en 1964 pour "Pour une poignée de dollars" marque un tournant. Leur collaboration mythique se poursuit avec "Et pour quelques dollars de plus" (1965), "Le Bon, la Brute et le Truand" (1966) et "Il était une fois dans l'Ouest" (1968). Morricone révolutionne la musique de western avec des sons inédits (sifflements, cris, guitare électrique, harmonica, orchestre). Parallèlement, il travaille avec les plus grands réalisateurs italiens (Pier Paolo Pasolini, Bernardo Bertolucci, Dario Argento) et internationaux (Terrence Malick, John Carpenter, Brian De Palma, Quentin Tarantino). Il a également composé de la musique absolue (plus de 100 œuvres) et dirigé de nombreux concerts de ses œuvres à travers le monde.

Style

Le style de Morricone est caractérisé par son refus des conventions et son hybridation géniale. Il fusionne des éléments symphoniques traditionnels avec des sonorités expérimentales et des instruments insolites (sirènes, cloches, instruments ethniques). Il utilise fréquemment la voix humaine comme instrument (notamment celle d'Edda Dell'Orso). Son écriture mélodique est immédiatement reconnaissable, souvent simple mais d'une puissance émotionnelle intense. Il maîtrise l'art de la citation et du pastiche, intégrant des références à la musique classique, au jazz ou au rock avec une grande subtilité. Son sens du rythme et de l'espace sonore sert toujours le récit cinématographique.

Oeuvres Majeures

Outre la "Trilogie du dollar" et "Il était une fois dans l'Ouest", ses partitions majeures incluent "Il était une fois en Amérique" (Sergio Leone, 1984), "Mission" (Roland Joffé, 1986) avec son célèbre "Gabriel's Oboe", "Les Incorruptibles" (Brian De Palma, 1987), "Cinema Paradiso" (Giuseppe Tornatore, 1988), "Frantic" (Roman Polanski, 1988), "Bugsy" (Barry Levinson, 1991) et "Hateful Eight" (Quentin Tarantino, 2015) pour lequel il remporte enfin l'Oscar de la meilleure musique originale. Sa musique pour "Le Professionnel" de Georges Lautner ("Chi Mai") est également devenue un tube planétaire.

Heritage

Ennio Morricone a élevé la musique de film au rang d'art à part entière, influençant des générations de compositeurs et de musiciens bien au-delà du cinéma. Son approche innovante de l'orchestration et du son a durablement marqué l'industrie. Il est l'un des compositeurs les plus enregistrés et les plus joués au monde. Son héritage réside dans sa capacité à créer des univers sonores immédiatement identifiables, porteurs d'une émotion pure et universelle, qui continuent de résonner puissamment, indépendamment des images qu'ils accompagnaient à l'origine.

Anecdotes

Sources

  • Morricone, Ennio, et Miceli, Sergio. 'Composer pour le cinéma.' Éditions Rouge Profond, 2007.
  • Fawell, John. 'The Art of Sergio Leone and Ennio Morricone.' McFarland & Company, 2005.
  • Académie des Oscars (oscars.org) - Biographie et récompenses.
  • Encyclopédie Treccani - Entrée 'Morricone, Ennio'.
  • Documentaire 'Ennio: The Maestro' de Giuseppe Tornatore (2021).
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