Introduction
Considéré comme l'œuvre maîtresse de Gabriel García Márquez et l'un des romans les plus importants de la littérature mondiale du XXe siècle, 'Cent ans de solitude' est le chef-d'œuvre du réalisme magique. Il a valu à son auteur le prix Nobel de littérature en 1982. Le roman invente une cosmogonie complète à travers l'histoire de Macondo, un microcosme de la Colombie et de l'Amérique latine, explorant les cycles de l'histoire, la solitude du pouvoir et de l'amour, et la frontière poreuse entre le réel et le merveilleux.
Resume
L'histoire commence avec la fondation de Macondo par José Arcadio Buendía et son épouse-cousine Ursula Iguarán. Craignant la malédiction d'avoir un enfant avec une queue de porc (conséquence d'un inceste ancestral), ils quittent leur village. Le roman suit sept générations de Buendía, marquées par la répétition des prénoms (José Arcadio, Aureliano) et des destins. On y voit l'arrivée des gitans menés par Melquíades, qui apportent des inventions fantastiques ; les guerres civiles entre libéraux et conservaires menées par le colonel Aureliano Buendía ; l'arrivée de la compagnie bananière américaine et le massacre des ouvriers ; et la lente décadence du village et de la famille, rongés par la solitude, la folie et l'inceste, jusqu'à l'accomplissement de la prophétie et la destruction finale de Macondo par un vent apocalyptique.
Personnages
José Arcadio Buendía : patriarche fondateur, visionnaire et finalement fou, attaché à l'arbre. Ursula Iguarán : matriarche centenaire, pilier de la famille et témoin de son déclin. Le colonel Aureliano Buendía : héros des guerres civiles, père de 17 fils, devenu cynique et solitaire. Remedios la Belle : beauté éthérée et innocente qui s'élève au ciel. Amaranta Ursula : dernière descendante énergique, dont l'amour incestueux avec son neveu Aureliano Babilonia scelle le destin de la famille. Melquíades : gitan mystérieux et immortel, auteur des parchemins prophétiques qui racontent l'histoire de la famille avant qu'elle ne se produise.
Themes
La solitude : thème central, à la fois personnelle (chaque Buendía vit dans une bulle) et collective (l'isolement de Macondo, l'Amérique latine face au monde). La fatalité et les cycles répétitifs de l'histoire, où les événements et les traits de caractère se répètent inéluctablement. L'inceste et la malédiction familiale. Le réalisme magique : intégration naturelle du merveilleux (ascensions au ciel, pluies de fleurs, fantômes) dans la réalité quotidienne. La critique politique et sociale : représentation des guerres civiles colombiennes, de l'impérialisme économique (compagnie bananière) et de la violence d'État (massacre occulté). Le temps : circulaire et linéaire à la fois, et le pouvoir de l'écriture pour le capturer et le déchiffrer.
Contexte
García Márquez a écrit le roman après une période de 'grève' littéraire et de difficultés financières. L'idée lui est venue lors d'un voyage à Acapulco, lui inspirant le ton et la structure. Il s'est isolé pendant 18 mois pour l'écrire, soutenu par sa femme. Publié en 1967 à Buenos Aires, le roman puise dans l'histoire violente de la Colombie (notamment la Guerre des Mille Jours et le massacre des bananeraies de 1928), mais aussi dans les souvenirs d'enfance de l'auteur à Aracataca et les récits de sa grand-mère. Il synthétise ses expériences journalistiques et ses influences littéraires (Faulkner, Kafka, Woolf).
Reception
Le roman fut un succès critique et commercial immédiat et phénoménal, épuisant son premier tirage en quelques semaines. Il est considéré comme l'acte de naissance international du 'boom' latino-américain. Il a été traduit dans des dizaines de langues et a vendu des millions d'exemplaires. Son influence sur la littérature mondiale est immense, popularisant le réalisme magique et ouvrant la voie à de nombreux auteurs. Il est régulièrement cité comme l'un des plus grands livres jamais écrits. García Márquez a reçu le prix Nobel en 1982, le comité citant spécifiquement ce roman. Son héritage demeure vivant, Macondo étant devenu un archétype littéraire et culturel.
