Introduction
Simone Veil, née Simone Jacob, est une personnalité française dont la vie et l'œuvre ont profondément marqué l'histoire sociale et politique de la France et de l'Europe. Survivante d'Auschwitz-Birkenau, elle a transformé l'expérience de la déportation en un engagement inlassable pour les droits humains, la justice et la paix. Son nom reste indissociablement lié à la loi de 1975 sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), un combat législatif et sociétal d'une rare intensité qui a changé la condition des femmes en France.
Jeunesse
Née dans une famille juive non pratiquante et républicaine, Simone Jacob grandit à Nice. En mars 1944, à 16 ans, elle est arrêtée par la Gestapo avec sa famille. Déportée à Auschwitz-Birkenau avec sa sœur Madeleine et sa mère Yvonne (son père et son frère sont déportés ailleurs et n'en reviendront pas), elle survit à l'enfer des camps, puis aux marches de la mort jusqu'à Bergen-Belsen, où sa mère meurt du typhus peu avant la libération du camp. Cette expérience fondatrice forge sa conviction absolue en la nécessité de défendre la dignité humaine. À son retour, elle entreprend des études de droit et de science politique, épouse Antoine Veil en 1946 et entre dans la magistrature en 1957, se spécialisant dans les questions pénitentiaires et d'adoption.
Ascension
Sa carrière dans l'administration pénitentiaire la conduit à devenir, en 1970, la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. Repérée par le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac en mai 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. C'est à ce poste qu'elle se voit confier la mission politiquement périlleuse de porter un projet de loi libéralisant l'avortement.
Apogee
Son apogée est marquée par le long et douloureux débat parlementaire de l'automne 1974. Face à des attaques d'une violence inouïe, souvent antisémites et sexistes, Simone Veil défend son projet avec une dignité, une clarté et une fermeté qui forcent le respect. La loi, adoptée le 17 janvier 1975, porte son nom. En 1979, elle mène la liste de l'UDF aux premières élections européennes au suffrage universel et devient la première présidente du Parlement européen, fonction qu'elle occupe jusqu'en 1982, œuvrant pour renforcer l'institution. Elle reste députée européenne jusqu'en 1993, puis revient au gouvernement comme ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville (1993-1995). Elle siège ensuite au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.
Heritage
L'héritage de Simone Veil est immense. La loi sur l'IVG est un pilier des droits des femmes en France. Son action européenne a contribué à légitimer le Parlement. Son témoignage, notamment dans son autobiographie 'Une vie' (2007), et son rôle à la tête de la Fondation pour la mémoire de la Shoah ont été capitaux pour la transmission. En 2008, elle est élue à l'Académie française. En 2018, sur décision du président Emmanuel Macron, elle entre au Panthéon avec son époux, devenant l'une des rares femmes et la première survivante de la Shoah à y reposer. Elle incarne la conscience morale de la nation, la résilience et la force du droit.
