Introduction
Richard Cœur de Lion, troisième fils du roi Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, incarne l'idéal du roi-chevalier du XIIe siècle. Son règne de dix ans fut largement consacré à la guerre, d'abord contre son père, puis en Terre sainte, et enfin pour défendre ses vastes possessions continentales contre le roi de France Philippe Auguste. Bien que passant moins de six mois en Angleterre, son image de bravoure et de prouesse martiale a durablement marqué l'histoire et la littérature, faisant de lui un personnage à la frontière de l'histoire et du mythe.
Jeunesse
Élevé principalement à la cour de sa mère à Poitiers, dans le duché d'Aquitaine, Richard reçut une éducation soignée, parlant occitan et latin, et se montra précocement doué pour la poésie et la musique. Dès son adolescence, il fut impliqué dans les luttes de pouvoir au sein de l'empire Plantagenêt. En 1173-1174, il se révolta aux côtés de ses frères et de leur mère contre leur père, Henri II. Par la suite, il se concentra sur la consolidation de son autorité en Aquitaine, où il réprima avec une grande sévérité les révoltes de ses vassaux, forgeant sa réputation de chef militaire impitoyable et efficace.
Ascension
À la mort de ses frères aînés, Richard devint l'héritier présomptif de la couronne d'Angleterre et des domaines continentaux. Ses relations avec son père se dégradèrent à nouveau lorsque Henri II tenta de favoriser son frère cadet, Jean. Richard s'allia alors avec le roi de France Philippe II Auguste. Ensemble, ils menèrent une campagne militaire victorieuse qui contraignit Henri II à la capitulation et à la reconnaissance de Richard comme seul héritier. Henri II mourut peu après, en juillet 1189, et Richard fut couronné roi d'Angleterre à Westminster le 3 septembre de la même année.
Apogee
L'apogée de la vie de Richard fut sans conteste la Troisième Croisade (1189-1192). Motivé par la chute de Jérusalem aux mains de Saladin, il entreprit ce pèlerinage armé avec une immense armée et une flotte considérable. Ses exploits militaires furent remarquables : il conquit Chypre, puis joua un rôle décisif dans la prise du port stratégique de Saint-Jean-d'Acre. Il remporta une victoire éclatante à Arsouf en septembre 1191 et s'approcha à deux reprises de Jérusalem, sans toutefois parvenir à reprendre la ville sainte. Sa rivalité avec d'autres chefs croisés, notamment Philippe Auguste (qui rentra en France) et le duc Léopold d'Autriche, ainsi que sa réputation de férocité (comme le massacre des prisonniers d'Acre), compliquèrent la campagne. Finalement, il négocia une trêve de trois ans avec Saladin garantissant l'accès des pèlerins chrétiens à Jérusalem.
Heritage
Sur le chemin du retour, Richard fut capturé par le duc Léopold d'Autriche, qui le livra à l'empereur germanique Henri VI. Il fut libéré contre une rançon exorbitante qui saigna financièrement l'Angleterre. Les dernières années de son règne furent consacrées à une guerre défensive en France contre Philippe Auguste, qui avait profité de son absence pour grignoter ses territoires. Sa mort accidentelle en 1199 mit fin à cette lutte. Son héritage est double : politiquement, son absence et ses dépenses militaires affaiblirent la monarchie anglaise et l'administration, préparant le terrain pour les difficultés du règne de son frère Jean. Culturellement, il devint immédiatement une figure légendaire, chantée par les troubadours et plus tard magnifiée dans les romans, comme dans les récits de Robin des Bois, où il incarne le roi juste et valeureux par opposition à Jean sans Terre.
