Introduction
Néron, né Lucius Domitius Ahenobarbus, est une figure complexe et controversée de l'histoire romaine. Adopté par l'empereur Claude, il accède au trône à 16 ans, promettant un règne inspiré des principes d'Auguste. Les premières années, sous l'influence de son précepteur Sénèque et du préfet du prétoire Burrus, sont saluées comme un 'quinquennium Neronis' (cinq années de bon gouvernement). Cependant, son règne bascula progressivement dans la paranoïa, la cruauté et une quête obsessionnelle de gloire artistique, laissant une image durable de despote incendiaire et persécuteur des chrétiens.
Jeunesse
Fils de Cnaeus Domitius Ahenobarbus et d'Agrippine la Jeune, arrière-petit-fils d'Auguste, Néron est éduqué par le philosophe Sénèque. Sa mère, ambitieuse et impitoyable, épouse l'empereur Claude en 49 et le convainc d'adopter Néron, le plaçant devant son propre fils Britannicus. À la mort de Claude en 54, probablement empoisonné par Agrippine, la garde prétorienne acclame Néron, alors âgé de 16 ans, comme empereur.
Ascension
Les débuts de son règne sont marqués par un gouvernement collégial avec Sénèque et Burrus, respectant les prérogatives du Sénat. Il promulgue des lois contre la corruption, abaisse certains impôts et s'intéresse aux affaires de l'Empire. Cependant, il écarte rapidement les menaces perçues : il fait assassiner son rival Britannicus en 55, puis, las de l'emprise de sa mère, fait tuer Agrippine en 59 après un simulacre d'accident de bateau. Cet acte matricide choque Rome et libère Néron de toute retenue.
Apogee
Libéré de ses mentors, Néron se consacre à ses passions artistiques, se produisant en public comme poète, musicien (citharède) et conducteur de char, activités jugées indignes d'un empereur par l'aristocratie. Son règne connaît aussi des réalisations : une politique de grands travaux (thermes, marché), la pacification de l'Arménie (traité de Rhandeia, 63) et l'organisation de fastueux spectacles. Mais les crises s'accumulent : l'incendie de Rome en 64, qu'il attribua aux chrétiens pour se disculper des rumeurs l'accusant lui-même, entraîne les premières persécutions systématiques. La révolte de Boudicca en Bretagne (60-61) et la conjuration de Pison (65) sont réprimées dans le sang, poussant Néron à forcer au suicide Sénèque et d'autres sénateurs.
Heritage
L'héritage de Néron est double. D'un côté, il incarne l'archétype du tyran débauché et cruel dans la tradition historique (Tacite, Suétone), responsable de l'incendie de Rome et du martyre des apôtres Pierre et Paul. Sa mort sans héritier direct mit fin à la dynastie julio-claudienne, déclenchant l'Année des quatre empereurs (68-69). D'un autre côté, certains aspects de sa politique, comme sa popularité auprès des couches populaires et des provinces orientales, ou ses réformes monétaires, sont réévalués par les historiens modernes. Son nom devint un symbole de décadence et de folie despotique pour les siècles suivants.
