Introduction
Néfertiti est l'une des figures les plus emblématiques et mystérieuses de l'Égypte antique. Son nom, signifiant 'La Belle est venue', est à la hauteur de son héritage. Elle n'était pas de sang royal mais épousa le pharaon Amenhotep IV, qui changea son nom en Akhenaton. Ensemble, ils instaurèrent une révolution religieuse et artistique sans précédent, déplaçant la capitale de Thèbes à une ville nouvelle, Akhetaton (Tell el-Amarna), dédiée au dieu unique Aton, le disque solaire.
Jeunesse
Les origines de Néfertiti sont débattues. Elle pourrait être la fille d'Aÿ, un haut dignitaire qui deviendra pharaon après Toutânkhamon, ou une princesse étrangère du Mitanni. Elle fut élevée à la cour royale de Thèbes, probablement dans le giron de la reine Tiyi, mère d'Akhenaton. Son éducation fut celle d'une future grande épouse royale, incluant la lecture, l'écriture et les affaires de l'État.
Ascension
Devenue l'épouse principale d'Akhenaton vers l'an 5 de son règne, Néfertiti accéda à un statut exceptionnel. Elle n'était pas une simple reine consort mais une co-régente active. Les reliefs et stèles d'Amarna la montrent participant aux cérémonies religieuses en égal du pharaon, foulant les ennemis de l'Égypte ou faisant des offrandes à Aton seule. Elle porta des titres réservés aux pharaons, comme 'Dame des Deux Terres'. Elle donna naissance à six filles, dont Mérytaton et Ânkhésenpaaton (future épouse de Toutânkhamon).
Apogee
L'apogée de son pouvoir se situe au cœur de la réforme atonienne. Néfertiti fut l'incarnation vivante de la nouvelle doctrine. Son image, avec son visage aux traits fins, son long cou et son port de tête altier, devint omniprésente dans l'art amarnien, caractérisé par son naturalisme et ses scènes familiales intimes. Elle et Akhenaton furent dépeints comme les intermédiaires uniques entre Aton et le peuple. Vers l'an 12 du règne, des indices suggèrent qu'elle aurait pu exercer le pouvoir sous le nom de corégente Neferneferuaten, peut-être même brièvement après la mort d'Akhenaton.
Heritage
Après la mort d'Akhenaton, le culte d'Aton fut abandonné et les capitales retournèrent à Thèbes. Le nom et l'image de Néfertiti furent systématiquement martelés par les successeurs pour effacer la mémoire de l'hérésie amarnienne. Pourtant, son héritage survécut. Son buste en calcaire peint, découvert en 1912 à Amarna et conservé au Neues Museum de Berlin, est devenu une icône mondiale de la beauté et de l'art antique. Elle incarne le pouvoir féminin, le mystère et la révolution religieuse avortée. Son influence sur ses filles, notamment Ânkhésenpaaton, qui joua un rôle crucial dans la transition dynastique, fut déterminante.
