Introduction
Mère Teresa est une figure emblématique de la charité chrétienne au XXe siècle, devenue le symbole universel du dévouement aux déshérités. Son action, centrée sur l'amour concret pour les mourants, les malades et les rejetés, a transcendé les frontières religieuses et politiques, suscitant une immense admiration à travers le monde tout en soulevant, à titre posthume, certains débats sur ses méthodes et ses convictions.
Jeunesse
Née dans une famille catholique albanaise aisée de Skopje, Gonxhe (qui signifie "bouton de rose") Bojaxhiu est profondément marquée par la foi et la charité de ses parents. À 18 ans, en 1928, elle entre chez les Sœurs de Lorette, une congrégation missionnaire irlandaise, et part pour l'Irlande puis l'Inde. Elle prononce ses vœux en 1931, prend le nom de sœur Mary Teresa (en référence à Thérèse de Lisieux) et enseigne la géographie à l'école Sainte-Marie pour filles de Calcutta. C'est lors de ses déplacements dans la ville qu'elle est confrontée à l'extrême misère des bidonvilles.
Ascension
Le 10 septembre 1946, lors d'un voyage en train vers Darjeeling, elle ressent un "appel dans l'appel" : quitter le cloître pour vivre parmi les plus pauvres et les servir. Après deux ans d'attente, elle obtient l'autorisation du Vatican. En 1948, elle revêt le sari de coton blanc bordé de bleu, devient citoyenne indienne et suit une formation rapide d'infirmière. Elle commence seule, enseignant aux enfants des bidonvilles et soignant les malades dans la rue. Ses anciennes élèves la rejoignent peu à peu.
Apogee
En 1950, elle fonde la congrégation des Missionnaires de la Charité, approuvée par le diocèse de Calcutta. Leur mission : prendre soin de "ceux que personne ne veut". Elle ouvre le premier mouroir, Nirmal Hriday ("Maison du Cœur Pur"), en 1952, offrant une mort digne aux indigents. Suivent des centres pour les lépreux (Shanti Nagar, "Ville de la Paix"), des orphelinats (Nirmala Shishu Bhavan) et des dispensaires. Son ordre se développe internationalement à partir de 1965. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la paix, qu'elle accepte "au nom des pauvres". Sous son impulsion, la congrégation essaime dans plus de 130 pays.
Heritage
À sa mort en 1997, les Missionnaires de la Charité comptaient près de 4 000 sœurs et 600 frères dans le monde. Son procès en béatification est ouvert de manière exceptionnelle dès 1999. Elle est béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003 et canonisée par le pape François le 4 septembre 2016. Son héritage est double : elle reste une icône mondiale de la compassion et de l'altruisme, inspirant des millions de personnes. Cependant, des critiques ont émergé concernant la qualité des soins dans ses centres, son opposition farouche à l'avortement et la contraception, et sa gestion des dons. Ces débats complexifient son image, sans toutefois entamer sa stature populaire de symbole de la charité inconditionnelle.
