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Maximilien Robespierre

« L'Incorruptible »

6 mai 1758 - Arras28 juillet 1794 - ParisFrançaise
PolitiqueDroitPhilosophie
Periode : Révolution française

Maximilien de Robespierre est une figure centrale de la Révolution française, avocat et homme politique. Membre éminent du club des Jacobins, il incarna la période de la Terreur en tant que membre du Comité de salut public. Son idéal républicain intransigeant et sa chute brutale en font un personnage historique à la fois admiré et controversé.

Introduction

Maximilien de Robespierre, souvent appelé simplement Robespierre, est l'une des figures les plus emblématiques et les plus controversées de la Révolution française. Symbole de la Première République et de la période de la Terreur, il est perçu comme un défenseur intransigeant de la vertu républicaine par ses partisans et comme un tyran sanguinaire par ses détracteurs. Son parcours, de l'avocat provincial au maître tout-puissant du gouvernement révolutionnaire, puis à son exécution, incarne les espoirs, les excès et les contradictions de la Révolution.

Jeunesse

Né à Arras dans une famille de la petite bourgeoisie (son père était avocat), Robespierre perd sa mère très jeune et est abandonné par son père. Élevé par ses grands-parents maternels, il se distingue par son intelligence et obtient une bourse pour étudier au prestigieux collège Louis-le-Grand à Paris. Il y subit l'influence des philosophes des Lumières, notamment Rousseau, dont il se considérera comme le disciple. Devenu avocat en 1781, il retourne à Arras où il défend souvent les causes des petits justiciables, gagnant une réputation d'intégrité. Il est élu député du Tiers-État de l'Artois aux États généraux de 1789.

Ascension

À l'Assemblée constituante, Robespierre se fait rapidement remarquer par son éloquence et ses positions radicales en faveur du suffrage universel masculin, de l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort. Peu connu au départ, il gagne en influence grâce à ses discours répétés au club des Jacobins, dont il devient la figure de proue. Il prône une démocratie directe et une République vertueuse, s'opposant à la guerre et à la monarchie constitutionnelle. Après la chute de la monarchie en août 1792, il est élu à la Convention nationale. Il joue un rôle majeur dans le procès et l'exécution de Louis XVI, et s'oppose aux Girondins, qu'il contribue à faire chuter en juin 1793.

Apogee

En juillet 1793, Robespierre entre au Comité de salut public, l'organe exécutif de la République en guerre contre l'Europe coalisée et en proie à la guerre civile. Il devient l'âme du gouvernement révolutionnaire et de la politique de Terreur, vue comme un moyen nécessaire pour sauver la République. Il théorise la vertu et la terreur comme les deux leviers du gouvernement révolutionnaire. Sous son influence, la Terreur s'intensifie avec la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui accélère les procédures et supprime les garanties de la défense. Cette période voit l'exécution de ses anciens alliés comme Danton et Desmoulins, ainsi que de nombreux opposants réels ou supposés. Son pouvoir semble alors absolu.

Heritage

L'apogée de Robespierre est brève. Son intransigeance, son mysticisme révolutionnaire centré sur l'Être suprême (culte qu'il institue), et les excès de la Terreur lui aliènent de nombreux députés de la Convention. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il est empêché de parler à la Convention, mis en accusation et arrêté. Libéré brièvement par la Commune de Paris, il est finalement capturé. Blessé à la mâchoire (probablement d'une balle ou d'un coup de pistolet lors de son arrestation), il est guillotiné sans procès le 28 juillet avec 21 de ses partisans. Sa mort marque la fin de la Terreur. Son héritage est profondément divisé : pour les uns, il est le martyr de la démocratie et de la justice sociale ; pour les autres, le précurseur des dictatures totalitaires du XXe siècle. Il reste un objet d'étude et de débat fondamental pour comprendre la Révolution française.

Realisations majeures

  • 1
    Joua un rôle décisif dans l'instauration de la Première République française et dans l'exécution de Louis XVI.
  • 2
    Fut un architecte majeur de la politique de la Terreur en tant que membre influent du Comité de salut public (1793-1794).
  • 3
    Défendit et contribua à l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises par le décret du 4 février 1794.
  • 4
    Promeut des idées démocratiques radicales pour l'époque : suffrage universel masculin, droit à l'insurrection, limitation de la propriété.
  • 5
    Instaura le culte de l'Être suprême, une religion civique déiste, par le décret du 7 mai 1794.

Anecdotes

L'Incorruptible

Son surnom, 'l'Incorruptible', lui vient de sa réputation d'intégrité absolue. Contrairement à beaucoup de révolutionnaires, il vécut de manière austère, refusant les pots-de-vin et continuant à habiter modestement chez un menuisier, les Duplay. Cette vertu affichée était à la fois une force politique et un motif de moquerie pour ses ennemis.

Une santé fragile

Robespierre souffrait tout au long de sa vie d'une santé fragile. Il était sujet à des migraines, des troubles oculaires et des épisodes de grande fatigue, souvent aggravés par son travail acharné. Ses ennemis attribuaient parfois sa pâleur et son air souffreteux à une conscience tourmentée.

Le mystère de la blessure

La blessure à la mâchoire subie par Robespierre lors de son arrestation le 27 juillet 1794 reste mystérieuse. Les versions divergent : tentative de suicide, coup de pistolet tiré par un gendarme, ou même coup de feu tiré par Robespierre lui-même. Cette blessure l'empêcha de se défendre lors de son exécution sommaire le lendemain.

Citations celebres

« La vertu sans la terreur est funeste ; la terreur sans la vertu est impuissante. »

Discours à la Convention nationale, le 5 février 1794 (17 pluviôse an II), définissant les principes du gouvernement révolutionnaire.

« Le secret de la liberté est d'éclairer les hommes, comme celui de la tyrannie est de les retenir dans l'ignorance. »

Discours sur la liberté de la presse, prononcé à la Société des Amis de la Constitution (Jacobins) en mai 1791.

« Périssent les colonies plutôt qu'un principe ! »

Prononcée en 1791, cette phrase est souvent citée (et parfois déformée) pour illustrer son attachement aux principes révolutionnaires, même au détriment d'intérêts économiques comme celui des colonies esclavagistes.

Sources

  • Robespierre, de Hervé Leuwers (biographie récente et référence)
  • Robespierre. La fabrication d'un monstre, de Jean-Clément Martin (analyse critique)
  • Les grands discours de la Révolution française (anthologie)
  • Histoire de la Révolution française, de Jules Michelet (œuvre classique)
  • Procès-verbaux du Comité de salut public (archives nationales)
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