Introduction
Golda Meir est une icône du sionisme et de l'histoire politique israélienne. Son parcours, de l'immigration depuis l'Europe de l'Est jusqu'au sommet du pouvoir, incarne la construction de l'État-nation juif. Son leadership ferme et direct, son dévouement total à la cause sioniste et son statut de femme dans un monde politique dominé par les hommes ont fait d'elle une figure à la fois respectée et controversée, dont l'héritage reste profondément ancré dans la mémoire collective israélienne.
Jeunesse
Née Golda Mabovitch dans une famille juive modeste de Kiev, elle grandit dans la peur des pogroms. En 1906, sa famille émigre aux États-Unis pour échapper à la pauvreté et aux persécutions, s'installant à Milwaukee, dans le Wisconsin. Elle y reçoit une éducation américaine, devient enseignante et s'engage très tôt dans les mouvements sionistes et socialistes. Son activisme la conduit à épouser Morris Myerson en 1917. En 1921, répondant à l'appel du sionisme pionnier, le couple fait son aliyah (montée) en Palestine mandataire, où ils rejoignent le kibboutz Merhavia.
Ascension
Ses talents d'organisatrice et d'oratrice la propulsent rapidement dans les rangs de la Histadrout (la fédération générale des travailleurs). Elle occupe des postes clés dans les domaines du travail et de la sécurité sociale. Avant même la création de l'État, elle joue un rôle diplomatique crucial. En 1948, David Ben Gourion l'envoie en mission secrète en Transjordanie pour rencontrer le roi Abdallah Ier, dans une tentative infructueuse d'éviter la guerre. Le 14 mai 1948, elle est l'une des 24 signataires (et l'une des deux femmes) de la Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël. Elle devient la première ambassadrice d'Israël en Union soviétique (1948-1949), puis ministre du Travail (1949-1956) et ministre des Affaires étrangères (1956-1966). C'est à ce poste qu'elle adopte le nom hébraïsé de Meir.
Apogee
À la mort de Levi Eshkol en 1969, Golda Meir, bien que retraitée et atteinte d'un lymphome, est rappelée pour assurer l'unité du parti Mapaï (Parti travailliste). Elle devient la quatrième Premier ministre d'Israël et la troisième femme au monde à occuper un tel poste par voie électorale. Son mandat est d'abord marqué par une relative stabilité et des succès diplomatiques, comme le soutien militaire américain accru. Cependant, il est définitivement éclipsé par la guerre du Kippour en octobre 1973. Surprise par l'attaque coordonnée de l'Égypte et de la Syrie le jour le plus saint du calendrier juif, Israël subit de lourdes pertes initiales. Bien que l'armée israélienne ait finalement repoussé les assaillants, la guerre est perçue comme un échec stratégique et un traumatisme national. Une commission d'enquête (Commission Agranat) exonéra partiellement Meir, mais l'opinion publique lui reprocha amèrement la "conception" (ha'conceptzia), une croyance erronée en la supériorité militaire israélienne qui aurait conduit à un manque de préparation. Elle démissionna en avril 1974.
Heritage
L'héritage de Golda Meir est double. D'un côté, elle reste un symbole de la génération des fondateurs, une femme de fer dont la ténacité et le sacrifice personnel ont contribué à la survie d'Israël. Elle inspira des générations de femmes en politique. De l'autre, son nom est indissociablement lié aux traumatismes de la guerre du Kippour, qui remirent en cause la confiance aveugle dans les institutions et marquèrent la fin de l'hégémonie politique du Parti travailliste. Sa statue, souvent photographiée, trône devant la Knesset à Jérusalem, rappelant à la fois sa force et les controverses qui entourent son bilan.
