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Darius Darius Ier

« Darius le Grand »

vers 550 av. J.-C. - Inconnu, probablement Persépolis ou ses environsOctobre 486 av. J.-C. - PersépolisPerse (Achéménide)
PolitiqueAdministrationArchitectureGuerre
Periode : Antiquité (VIe-Ve siècle av. J.-C.)

Darius Ier, dit Darius le Grand, est le troisième roi de l'Empire perse achéménide, régnant de 522 à 486 av. J.-C. Il consolide et étend considérablement l'empire hérité de Cyrus le Grand, le structurant grâce à une administration remarquable et des travaux monumentaux. Son règne, marqué par la première guerre médique contre les cités grecques, représente l'apogée de la puissance achéménide.

Introduction

Darius Ier, monté sur le trône après une période de troubles et d'usurpation, est l'un des plus grands organisateurs de l'Antiquité. Son règne de 36 ans transforme l'Empire perse, créé par la conquête sous Cyrus et Cambyse II, en une entité politique durable et efficacement administrée. Il est célèbre pour ses réformes administratives, ses grands projets de construction et son affrontement avec le monde grec, qui a durablement marqué l'historiographie occidentale.

Jeunesse

Darius est né vers 550 av. J.-C. dans une branche cadette de la famille royale achéménide. Son père, Hystaspès, était satrape (gouverneur) de Parthie. Darius grandit donc dans l'entourage du pouvoir et reçoit l'éducation d'un noble perse, centrée sur l'équitation, le tir à l'arc et la vérité, selon les principes zoroastriens. Il sert comme garde du corps personnel de Cambyse II, fils de Cyrus, lors de la conquête de l'Égypte, acquérant une expérience militaire et politique précieuse.

Ascension

À la mort de Cambyse II en 522 av. J.-C., une crise de succession éclate. Un mage nommé Gaumâta usurpe le trône en se faisant passer pour Bardiya, le frère de Cambyse. Selon l'inscription de Behistûn, rédigée par Darius lui-même, il organise avec six autres nobles perses un complot qui aboutit à l'assassinat de l'usurpateur. Darius, se prévalant de son ascendance achéménide et d'une habile propagande (il affirme avoir reçu le trône du dieu Ahura Mazda), s'empare du pouvoir. Les premières années de son règne sont consacrées à réprimer de nombreuses révoltes à travers l'empire, ce qu'il relate en détail sur le relief de Behistûn.

Apogee

Une fois l'empire pacifié, Darius entreprend de profondes réformes. Il divise le territoire en une vingtaine de provinces, les satrapies, chacune dirigée par un gouverneur (satrape) responsable de l'ordre, de la justice et de la collecte d'un tribut fixe. Il crée un réseau de routes royales, dont la célèbre « Voie Royale » de Sardes à Suse, longue de 2 700 km, pour accélérer les communications et les déplacements militaires. Il uniformise le système monétaire avec la création du darique (en or) et du sicle (en argent), stimulant le commerce. Sur le plan architectural, il lance la construction du gigantesque complexe palatial de Persépolis, symbole de la grandeur impériale, et achève un canal entre le Nil et la mer Rouge. Son expansion vers l'Europe (conquête de la Thrace et soumission de la Macédoine) et sa volonté de punir Athènes et Érétrie pour leur soutien à la révolte de l'Ionie débouchent sur les guerres médiques. L'expédition de 490 av. J.-C. se solde par la défaite perse à la bataille de Marathon.

Heritage

Darius meurt en 486 av. J.-C., avant de pouvoir lancer une nouvelle expédition contre la Grèce, tâche que reprendra son fils Xerxès Ier. Son héritage est immense : il a donné à l'Empire achéménide des structures administratives et financières si solides qu'elles survivront pendant près de deux siècles. Le modèle de la satrapie influencera les empires ultérieurs, y compris ceux d'Alexandre le Grand et des Séleucides. Son règne représente l'âge d'or de la civilisation perse antique, marqué par la tolérance religieuse (il autorise la reconstruction du Temple de Jérusalem) et un syncrétisme culturel visible dans l'art de Persépolis. Pour les Grecs, il est resté l'archétype du « Grand Roi » despotique et puissant, adversaire majeur de la liberté hellénique.

Realisations majeures

  • 1
    Stabilisation et consolidation de l'Empire achéménide après une crise successorale.
  • 2
    Réforme administrative majeure avec la division en satrapies et la création d'un système de tributs fixes.
  • 3
    Création d'un réseau routier impérial et d'un service de courriers (les « yeux et oreilles du roi »).
  • 4
    Mise en place d'une monnaie impériale unifiée (le darique d'or).
  • 5
    Lancement de la construction du complexe palatial de Persépolis.
  • 6
    Conquête de nouveaux territoires jusqu'en Inde (vallée de l'Indus) et en Europe (Thrace).
  • 7
    Percement d'un canal entre le Nil et la mer Rouge.

Anecdotes

L'inscription de Behistûn

Pour légitimer son accession au trône, Darius fit graver un immense bas-relief et une longue inscription trilingue (en vieux perse, élamite et babylonien) sur une falaise à Behistûn. Ce texte, qui raconte sa victoire sur l'usurpateur Gaumâta et la répression des révoltes, est souvent comparé à la pierre de Rosette pour le déchiffrement des cunéiformes.

La tombe rupestre de Naqsh-e Rostam

Darius fit creuser sa tombe dans la falaise de Naqsh-e Rostam, près de Persépolis, imitant les tombes royales élamites. Sa façade monumentale, en forme de croix, le représente debout sur un trône porté par des peuples de l'empire, devant un autel du feu. Quatre autres rois achéménides y furent ensuite enterrés.

Le défi de l'usurpateur

Selon l'historien grec Hérodote, lorsque les sept conjurés qui venaient de tuer l'usurpateur débattirent de la future forme de gouvernement, Darius défendit avec succès la monarchie contre des propositions oligarchiques ou démocratiques, arguant qu'elle était la forme naturelle pour les Perses.

Citations celebres

« Je suis Darius, le Grand Roi, le Roi des Rois, le Roi en Perse, le Roi des pays, le fils d'Hystaspès, le petit-fils d'Arsamès, un Achéménide. »

Formule introductive courante dans les inscriptions officielles de Darius, notamment à Behistûn et à Persépolis, affirmant sa légitimité dynastique et sa souveraineté universelle.

« Par la faveur d'Ahura Mazda, je suis de telle sorte que ce qui est juste, je l'aime, et ce qui est injuste, je le hais. »

Extrait de l'inscription de Naqsh-e Rostam, illustrant l'idéologie royale de Darius, fortement influencée par le zoroastrisme et mettant en avant son rôle de garant de l'ordre et de la justice (asha).

Sources

  • Inscriptions royales de Darius Ier (Behistûn, Naqsh-e Rostam, Persépolis, Suse).
  • Hérodote, 'Histoires' (Livre III à VII).
  • Pierre Briant, 'Histoire de l'Empire perse : De Cyrus à Alexandre'.
  • Maria Brosius, 'The Persians: An Introduction'.
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