Introduction
Darius Ier, monté sur le trône après une période de troubles et d'usurpation, est l'un des plus grands organisateurs de l'Antiquité. Son règne de 36 ans transforme l'Empire perse, créé par la conquête sous Cyrus et Cambyse II, en une entité politique durable et efficacement administrée. Il est célèbre pour ses réformes administratives, ses grands projets de construction et son affrontement avec le monde grec, qui a durablement marqué l'historiographie occidentale.
Jeunesse
Darius est né vers 550 av. J.-C. dans une branche cadette de la famille royale achéménide. Son père, Hystaspès, était satrape (gouverneur) de Parthie. Darius grandit donc dans l'entourage du pouvoir et reçoit l'éducation d'un noble perse, centrée sur l'équitation, le tir à l'arc et la vérité, selon les principes zoroastriens. Il sert comme garde du corps personnel de Cambyse II, fils de Cyrus, lors de la conquête de l'Égypte, acquérant une expérience militaire et politique précieuse.
Ascension
À la mort de Cambyse II en 522 av. J.-C., une crise de succession éclate. Un mage nommé Gaumâta usurpe le trône en se faisant passer pour Bardiya, le frère de Cambyse. Selon l'inscription de Behistûn, rédigée par Darius lui-même, il organise avec six autres nobles perses un complot qui aboutit à l'assassinat de l'usurpateur. Darius, se prévalant de son ascendance achéménide et d'une habile propagande (il affirme avoir reçu le trône du dieu Ahura Mazda), s'empare du pouvoir. Les premières années de son règne sont consacrées à réprimer de nombreuses révoltes à travers l'empire, ce qu'il relate en détail sur le relief de Behistûn.
Apogee
Une fois l'empire pacifié, Darius entreprend de profondes réformes. Il divise le territoire en une vingtaine de provinces, les satrapies, chacune dirigée par un gouverneur (satrape) responsable de l'ordre, de la justice et de la collecte d'un tribut fixe. Il crée un réseau de routes royales, dont la célèbre « Voie Royale » de Sardes à Suse, longue de 2 700 km, pour accélérer les communications et les déplacements militaires. Il uniformise le système monétaire avec la création du darique (en or) et du sicle (en argent), stimulant le commerce. Sur le plan architectural, il lance la construction du gigantesque complexe palatial de Persépolis, symbole de la grandeur impériale, et achève un canal entre le Nil et la mer Rouge. Son expansion vers l'Europe (conquête de la Thrace et soumission de la Macédoine) et sa volonté de punir Athènes et Érétrie pour leur soutien à la révolte de l'Ionie débouchent sur les guerres médiques. L'expédition de 490 av. J.-C. se solde par la défaite perse à la bataille de Marathon.
Heritage
Darius meurt en 486 av. J.-C., avant de pouvoir lancer une nouvelle expédition contre la Grèce, tâche que reprendra son fils Xerxès Ier. Son héritage est immense : il a donné à l'Empire achéménide des structures administratives et financières si solides qu'elles survivront pendant près de deux siècles. Le modèle de la satrapie influencera les empires ultérieurs, y compris ceux d'Alexandre le Grand et des Séleucides. Son règne représente l'âge d'or de la civilisation perse antique, marqué par la tolérance religieuse (il autorise la reconstruction du Temple de Jérusalem) et un syncrétisme culturel visible dans l'art de Persépolis. Pour les Grecs, il est resté l'archétype du « Grand Roi » despotique et puissant, adversaire majeur de la liberté hellénique.
