Introduction
Catherine de Médicis, née dans la puissante famille florentine des Médicis, est une figure centrale de l'histoire de France au XVIe siècle. Orpheline très jeune, son mariage avec le futur Henri II en 1533 scelle une alliance entre la France et la papauté. Longtemps tenue à l'écart du pouvoir par la favorite Diane de Poitiers, elle accède à une influence déterminante à la mort de son époux. En tant que reine-mère de trois rois successifs (François II, Charles IX et Henri III), elle navigua pendant trois décennies dans les tumultes des guerres de Religion, incarnant la raison d'État face aux extrémismes.
Jeunesse
Catherine naît à Florence, fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d'Auvergne. Elle devient orpheline quelques semaines après sa naissance. Son ascendance Médicis et sa fortune en font un pion précieux sur l'échiquier politique. Élevée dans des couvents, elle reçoit une éducation humaniste soignée. En 1533, à l'âge de 14 ans, le pape Clément VII (son oncle) arrange son mariage avec Henri, duc d'Orléans, second fils du roi François Ier. Ce mariage, bien que politiquement utile, est d'abord stérile et Catherine vit dans l'ombre de la cour.
Ascension
L'accession au trône de son époux sous le nom d'Henri II en 1547 fait d'elle la reine de France, mais son influence reste limitée. La mort accidentelle d'Henri II en 1559 est un tournant. Son fils aîné, François II, monte sur le trône mais meurt prématurément en 1560. Catherine devient alors régente pour son second fils, Charles IX, âgé de dix ans. C'est à ce moment qu'elle s'empare véritablement des rênes du pouvoir, dans un royaume déchiré par la montée du protestantisme et les rivalités entre grandes familles (Guise catholiques et Bourbons protestants).
Apogee
Son règne politique est dominé par la tentative de pacification religieuse. Elle promulgue l'édit de Janvier (1562) accordant une certaine tolérance aux protestants, mais le massacre de Wassy déclenche la première guerre de Religion. Elle tente de reconcilier les partis par le Colloque de Poissy et organise le mariage de sa fille Marguerite avec le protestant Henri de Navarre (futur Henri IV). Son apogée est aussi culturel : elle introduit à la cour des arts italiens (ballet, cuisine, architecture), fait construire le palais des Tuileries et agrandir le château de Chenonceau. Cependant, son nom reste irrémédiablement associé au massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), sombre événement qu'elle n'a peut-être pas ordonné mais qu'elle a utilisé pour éliminer des chefs protestants, déclenchant un pogrome général à Paris.
Heritage
L'héritage de Catherine de Médicis est profondément contrasté. D'un côté, elle fut une administratrice compétente, une diplomate acharnée qui lutta pour préserver l'unité du royaume et la prééminence de la monarchie face aux factions. Son mécénat a enrichi le patrimoine culturel français. De l'autre, la postérité, notamment à travers les écrits polémiques des protestants, a forgé l'image d'une reine machiavélique, empoisonneuse et instigatrice de la Saint-Barthélemy, lui valant le surnom de 'Reine Noire'. Elle incarne la complexité du pouvoir au féminin dans une période de crise extrême, où les choix étaient souvent tragiques.
