Introduction
Arthur Wellesley, duc de Wellington, est une figure colossale de l'histoire britannique et européenne. Considéré comme l'un des plus grands généraux de son temps, sa carrière militaire, marquée par une rigueur et une prudence tactique exceptionnelles, culmina à Waterloo. Au-delà du champ de bataille, il joua un rôle politique majère en tant que Premier ministre conservateur, défendant l'ordre établi face aux réformes démocratiques, et devint une icône nationale, le symbole même de la résistance britannique face à la France révolutionnaire et impériale.
Jeunesse
Né dans l'aristocratie anglo-irlandaise protestante, Arthur Wellesley est le troisième fils du comte de Mornington. Sa jeunesse est peu brillante ; sa mère le considère comme « le sot de la famille ». Il est envoyé à l'école militaire d'Angers en France, puis achète un brevet d'enseigne dans l'infanterie en 1787. Sa carrière progresse par achat de grades et relations familiales. Il sert d'abord en Irlande et aux Pays-Bas, où il acquiert une expérience limitée mais apprend les difficultés de la guerre. En 1796, il est envoyé en Inde avec son régiment, où son frère aîné, Richard, est nommé gouverneur-général.
Ascension
C'est en Inde que Wellesley forge sa réputation militaire. Il remporte des victoires décisives lors de la quatrième guerre du Mysore contre le sultan Tipû Sâhib (bataille de Seringapatam, 1799) et lors de la deuxième guerre anglo-marathe (bataille d'Assaye, 1803). Ces campagnes lui enseignent l'importance cruciale de la logistique, de la discipline et du renseignement. De retour en Angleterre en 1805, il est élu député et nommé secrétaire en chef pour l'Irlande. Son heure de gloire européenne arrive avec la guerre d'Espagne (péninsule Ibérique) en 1808. Nommé commandant des forces britanniques, il mène une campagne acharnée contre les armées de Napoléon, remportant les batailles de Roliça, Vimeiro, Talavera, Salamanque et finalement Vitoria en 1813. Sa stratégie défensive prudente, exploitant le terrain et évitant les risques inutiles, use les Français et lui vaut le titre de duc de Wellington en 1814.
Apogee
L'apogée de Wellington est sans conteste l'année 1815. Après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il est nommé commandant de l'armée anglo-alliée en Belgique. Le 18 juin 1815, il affronte l'Empereur sur le champ de bataille de Waterloo. Malgré la férocité des assauts français et la supériorité numérique initiale de Napoléon, Wellington tient bon avec une défense tenace, attendant les renforts prussiens du maréchal Blücher. La victoire alliée est totale et met un terme définitif à l'aventure napoléonienne. Wellington devient le héros de l'Europe. Par la suite, il se tourne vers la politique. En tant que Premier ministre (1828-1830), il est une figure controversée. Il fait adopter l'émancipation des catholiques (Roman Catholic Relief Act 1829), une mesure qu'il juge nécessaire pour préserver la paix en Irlande, mais s'oppose farouchement à la réforme électorale (Reform Act 1832), ce qui lui vaut une grande impopularité. Il dirige un second gouvernement très bref en 1834.
Heritage
L'héritage de Wellington est double. Militairement, il est resté dans l'histoire comme le vainqueur de Napoléon, un stratège défensif de génie dont les méthodes ont influencé les doctrines militaires. Son nom est synonyme de fermeté, de sang-froid et de sens du devoir. Politiquement, il incarna l'ultra-conservatisme de l'aristocratie terrienne face à la montée de la démocratie. Jusqu'à sa mort, il resta une figure respectée, commandant en chef de l'armée et conseiller des souverains. Sa statue trône au sommet de la colonne de Wellington face à Hyde Park à Londres, et son titre de duc est encore porté aujourd'hui. Il est inhumé avec les honneurs nationaux dans la cathédrale Saint-Paul, aux côtés d'un autre grand Britannique, Horatio Nelson.
