Introduction
Sir Alexander Fleming est une figure emblématique de la science médicale du XXe siècle. Bien que souvent réduit à l'image du savant chanceux découvrant la pénicilline par hasard, son parcours est celui d'un chercheur rigoureux et observateur, dont les travaux antérieurs avaient déjà pavé la voie à cette révolution thérapeutique. Sa vie et son œuvre illustrent l'importance de la curiosité scientifique et de la persévérance dans la recherche fondamentale.
Jeunesse
Né dans une ferme écossaise, Alexander Fleming est le septième des huit enfants d'une famille modeste. Après des études à la Kilmarnock Academy, il travaille comme employé de bureau dans une compagnie maritime avant de s'orienter vers la médecine, influencé par son frère aîné Thomas. Il obtient une bourse pour étudier à la St Mary's Hospital Medical School de Londres en 1901. Il se spécialise rapidement en bactériologie, rejoignant le service d'immunologie du célèbre Sir Almroth Wright, un pionnier de la vaccinologie.
Ascension
Pendant la Première Guerre mondiale, Fleming sert comme capitaine dans le Royal Army Medical Corps. Il est témoin de la mort de nombreux soldats des suites d'infections bactériennes comme la gangrène, les antiseptiques de l'époque étant inefficaces sur les plaies profondes. Cette expérience marquante oriente ses recherches vers la lutte contre les bactéries. De retour à St Mary's, il fait sa première grande découverte en 1922 : le lysozyme, une enzyme antibactérienne présente dans les larmes, la salive et le mucus. Bien que d'un effet limité, cette découverte démontre l'existence de substances naturelles capables de lyser (détruire) des bactéries sans toxicité majeure pour l'organisme humain.
Apogee
L'événement décisif survient en septembre 1928. De retour de vacances, Fleming examine des boîtes de Pétri contenant des cultures de staphylocoques qu'il avait laissées dans son laboratoire. Il remarque qu'une boîte contaminée par une moisissure (Penicillium notatum) présentait une zone claire autour du champignon, là où les bactéries avaient été détruites. Avec une intuition géniale, il en déduit que la moisissure sécrète une substance antibactérienne puissante. Il nomme cette substance 'pénicilline'. Il publie ses résultats en 1929, mais se heurte à d'immenses difficultés pour isoler, purifier et produire la molécule en quantité suffisante pour des tests cliniques. Ses travaux restent en sommeil pendant une décennie.
Heritage
C'est une équipe de l'Université d'Oxford, dirigée par Howard Florey et Ernst Boris Chain, qui parvient, au début des années 1940, à purifier la pénicilline et à démontrer son efficacité spectaculaire in vivo. La production de masse, stimulée par les besoins de la Seconde Guerre mondiale, transforme la pénicilline en un médicament miracle. Fleming, Florey et Chain reçoivent conjointement le prix Nobel en 1945. La découverte de Fleming inaugure l'ère des antibiotiques, révolutionnant le traitement des infections bactériennes (pneumonies, syphilis, gangrène, etc.) et sauvant d'innombrables vies. Elle a également posé les bases de la recherche pharmacologique moderne. Fleming, anobli en 1944, est devenu un symbole mondial de la lutte contre la maladie.
